Coronavirus : en Italie l'armée vient en renfort pour transporter les cercueils

Coronavirus: En Italie l'armée vient en renfort pour transporter les cadavres
Coronavirus: En Italie l'armée vient en renfort pour transporter les cadavres - © STRINGER - AFP

L’Italie a mobilisé son armée pour évacuer les cadavres des victimes du nouveau coronavirus à Bergame, ville située en plein cœur du principal foyer épidémique dans le pays et dont les services funéraires sont débordés.

Des images filmées par des habitants de la cité lombarde au nord-est de Milan et diffusées sur le site du journal local Eco di Bergamo montrent une longue colonne de véhicules militaires circuler de nuit dans les rues de la ville et récupérer des cercueils dans le cimetière.

Plus de morts qu’en Chine

Un porte-parole de l’armée a confirmé jeudi que 15 camions et 50 soldats avaient été déployés pour transférer ces corps vers des provinces voisines. Les autorités locales de Bergame avaient auparavant lancé un appel à l’aide pour procéder aux crémations des corps des victimes, le crématorium de la ville étant débordé. L’Italie a dépassé ce jeudi la Chine pour le nombre de morts du coronavirus, avec 427 décès en 24 heures pour atteindre un total de 3405, selon un décompte de l’AFP à partir de chiffres officiels.

L’Italie devient donc le premier pays pour le nombre de morts dus à l’épidémie de Covid-19 devant la Chine (3245), l’Iran (1284) et l’Espagne (767). L’Italie, qui a enregistré au total 41.035 cas, avait recensé officiellement ses deux premiers morts le 22 février. Il y a une semaine, l’Italie comptait 1016 morts : leur nombre a donc depuis plus que triplé. L’Italie enregistre 56 morts par million d’habitants, devant l’Espagne avec 16 morts par million. La Chine enregistre, elle, 2,2 morts par million d’habitants. Plus des deux tiers des morts recensés en Europe depuis le début de la pandémie sont décédés en Italie.


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La Lombardie, région qui inclut Milan, capitale économique du pays, reste la région italienne la plus touchée avec près de 20.000 cas et 2168 morts, suivie par le l'Emilie-Romagne (région de Bologne, 5214 cas et 531 décès) et la Vénétie (région de Venise, 3484 cas et 11 décès). En outre, depuis plusieurs jours, le Piémont (région de Turin, nord-est) connaît une augmentation significative de son nombre de cas, qui a doublé depuis le 16 mars pour attendre 2932 cas (dont 115 morts).

Les morgues débordent

L’Italie a imposé le confinement à sa population et, face à un bilan qui ne cesse de s’alourdir, le président du Conseil, Giuseppe Conte, a déclaré que ces restrictions seraient prolongées. Les images des camions de l’armée évacuant des cadavres illustrent la rupture à laquelle semble parvenir le système de santé italien, en particulier dans les régions du nord du pays les plus durement touchées.

Giacomo Angeloni, responsable des cimetières de Bergame, a déclaré cette semaine que le crématorium de la ville fonctionnait en permanence, incinérant 24 corps par jour, soit quasiment deux fois plus que le maximum habituellement prévu, et qu’il ne pourrait pas tenir ce rythme. Alors que les morgues débordent, les bancs de la chapelle du crématorium ont été enlevés pour faire de la place mais les cercueils arrivent chaque jour en plus grand nombre. Le gouverneur de la Lombardie, Attilio Fontana, a déclaré que les médecins et les infirmières dans les hôpitaux de la région étaient à bout de forces.

"Je suis inquiet de la possibilité qu’ils puissent succomber physiquement et psychologiquement parce que s’ils succombaient, ce serait vraiment une catastrophe", a dit Attilio Fontana à Radio Capital.