Coronavirus en France : plus de 200.000 personnes ont manifesté contre le pass sanitaire

Plus de 200.000 personnes, dont 14.250 à Paris, ont défilé samedi pour le troisième week-end consécutif contre le pass sanitaire, ce qui constitue une mobilisation plus forte que samedi dernier, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

A 18h00, les services du ministère de l’Intérieur ont recensé 204.090 manifestants dont environ 14.250 à Paris, pour 184 actions au total. Samedi dernier, ces manifestations avaient réuni au total 161.000 personnes dont 11.000 à Paris. Pour ce week-end de chassé-croisé des vacances, les autorités attendaient environ 150.000 manifestants.

Situation tendue

La situation s’est tendue quelque peu dans la capitale en fin d’après midi place de la Bastille, après l’arrivée du principal cortège contre le pass sanitaire, les policiers répliquant avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau aux jets de projectiles des derniers manifestants.

Le défilé, parti du métro Villiers (XVIIe) en début d’après-midi, avait déjà été émaillé par quelques tensions le long du parcours, notamment aux abords de République.

3 blessés parmi les forces de l’ordre

La préfecture de police a fait état de trois blessés parmi les forces de l’ordre.

A plusieurs reprises, sur la place de la Bastille, les forces de l’ordre ont utilisé gaz lacrymogènes et canons à eau pour tenter de disperser les manifestants en fin d’après midi ou répliquer à des jets de projectiles, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Les pompiers sont intervenus pour des feux de poubelles et une femme était prise en charge par des street médics, ont constaté des journalistes de l’AFP.


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Vers 18H30, on dénombrait encore quelques centaines de manifestants. La place commençait à se vider mais l’ambiance restait tendue par endroits avec quelques départs de feu de poubelle et tirs de lacrymo.

"Tout le monde déteste la police", scandaient certains manifestants, d’autre traitant les forces de l’ordre disposés sur les marches de l’Opéra de "putes à Macron".

Troisième samedi de manifestations

Des manifestations ont débuté samedi dans de nombreuses villes de France contre l’extension du pass sanitaire et au nom de la "liberté", pour le troisième samedi consécutif.

Les autorités prévoient la mobilisation de 150.000 personnes. Samedi dernier, les manifestations avaient rassemblé 161.000 personnes et 110.000 une semaine plus tôt.

A Paris, une première manifestation est partie du métro Villiers (XVIIe) à 14H00 en direction de la place de la Bastille (XIe). Peu avant 15H00, quelques tensions avec les forces de l’ordre émaillaient le cortège à proximité du Moulin-Rouge.

Avant que le cortège s’élance, le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues a fustigé "les membres du gouvernement, les membres des médias qui sont là pour vous vendre l’efficacité d’un vaccin sans même avoir aucune preuve", disant se sentir "diabolisé".


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Une autre manifestation a démarré après 14H30 près de la gare Montparnasse (VIe), à l’appel de l’ex n°2 du FN et président des Patriotes Florian Philippot. Arborant de nombreux drapeaux "bleu blanc rouge" ou un drapeau européen déchiré, les manifestants, sans masques pour la plupart, se dirigent vers le ministère de la Santé (VIIe).

Le président du parti pro-Frexit UPR (Union populaire républicaine) François Asselineau a de son côté annoncé vendredi être positif au Covid-19, et donc empêché de manifester contre le pass sanitaire, qu’il juge "absurde, injuste et totalement liberticide".

Plus de 3000 policiers et gendarmes sont mobilisés pour encadrer les manifestants et sécuriser les lieux sensibles, une semaine après que des manifestants ont été repoussés des Champs-Elysées, dont les accès sont bloqués ce samedi.

150 villes

Des manifestations sont également prévues dans plus de 150 villes en France, avec une affluence potentiellement importante à Toulon, Bordeaux, Marseille, Nice, Metz, Nantes et Pau.

A Montpellier, plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux gilets jaunes, ont commencé à se masser en début d’après-midi sur la place de la Comédie, aux cris de "Liberté", a constaté une journaliste de l’AFP. "Macron/Big Pharma, même combat = assassins", lisait-on sur une pancarte.

À Strasbourg, 3200 personnes, selon la police, défilaient dans le centre ville, sans débordements et en présence de la député ex-LREM Martine Wonner.

Regroupée autour des mots-dièses #manif31juillet et #PassDeLaHonte sur les réseaux sociaux, l’opposition aux mesures gouvernementales fédère des manifestants anti-pass sanitaire, anti-vaccins ou anti-confinement, aux revendications protéiformes.

Dans les cortèges, où figurent également de nombreux "gilets jaunes", les manifestants brandissent des pancartes "Macron dégage", "terreur sanitaire", "non au pass", "non à la dictature sanitaire".

Le pass sanitaire a été adopté définitivement dimanche soir, après six jours de débats houleux au Parlement.

Extension aux cafés, restaurants prévue le 9 août

Déjà appliqué dans les lieux culturels et de loisirs depuis le 21 juillet, son extension pour les cafés, foires, salons, restaurants et trains est prévue le 9 août. Entre temps, le Conseil constitutionnel rendra sa décision sur la loi le 5 août.

De nouveaux confinements sont mis en place ce week-end en Martinique et à la Réunion, deux territoires où la couverture vaccinale est faible et le taux d’incidence augmente fortement.

 

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