Coronavirus en Belgique : 1A, 1B, 2A et 2B, quelles sont ces phases prévues afin d'éviter la saturation aux hôpitaux et le reconfinement aux citoyens

C'est ce mercredi que les hôpitaux passent en phase 1A. Du moins ceux qui ne l'étaient pas déjà. L'occasion de revenir sur la feuille de route existant afin d’optimiser la prise en charge et le traitement des patients Covid-19, telle qu'évoquée il y a une semaine à peine par le porte-parole interfédéral Covid-19, l’infectiologue Yves Van Laethem.

Une feuille de route qui repose sur un certain nombre de principes importants, notamment celui d’assurer le plus longtemps possible un fonctionnement normal des hôpitaux, cela afin de ne pas négliger les soins classiques pour les autres pathologies que le Covid-19. Le tout dans le respect des règles de sécurité.

Cinq phases pour contrer la deuxième vague

Concrètement, cinq phases composent ce plan prévu afin d’éviter les problèmes rencontrés lors de la première vague. Nommées 0, 1A, 1B, 2A et 2B, ces phases

Dans la phase 0, 15% des places aux soins intensifs sont réservées aux patients Covid-19, soit 300 lits pour l’ensemble de la Belgique. Quatre fois ce nombre, soit 1200 lits, est en outre prévu pour les patients Covid-19 ne nécessitant pas de soins intensifs. Ceci permet aux hôpitaux de fonctionner normalement

Si le nombre de patients vient à dépasser ces disponibilités, le nombre de lits en soins intensifs réservés aux patients Covid-19 pourra évoluer. 25% en phase 1A, 50% en phase 1B, voire 60% en phase 2A. Dans ces cas de figure, la planification et l’organisation des autres soins et interventions devront être adaptés, voire suspendus.

À partir de la phase 2A, des lits supplémentaires seront créés comme ce fut le cas en mars et en avril. Dans la phase ultime du plan, la phase 2B, au moins 2000 lits de soins intensifs seront disponibles pour les patients Covid-19 et 8000 dans les services réguliers. Des chiffres calculés en fonction des pics de mars et avril derniers.

Des plans de distribution dits "dynamiques"

Afin de contrer les augmentations de charge pour les hôpitaux lors des passages vers une phase supérieure, deux moyens existent. Le premier est du ressort de monsieur tout-le-monde car il s’agit de faire en sorte d’éviter que le virus ne circule et ne se propage, insiste Yves Van Laethem, rappelant au passage les six règles d’or de prévention.

Concernant le second moyen, il s’agit de faire en sorte de limiter la pression dans les hôpitaux. Des plans de distribution dits "dynamiques" indépendants des bassins hospitaliers classiques et des répartitions administratives habituelles, sont donc prévus. Ceux-ci ont déjà été mis en œuvre dans certains hôpitaux de Flandre occidentale et de la Région Bruxelles-Capitale, hôpitaux en phase 1a, voire 1b, qui ont vu certains de leurs patients Covid-19 transférés en Flandre orientale et en Brabant wallon.

Pour ces transferts, le SPF Santé publique s’appuie pour des ressources du ministère de la Défense, habitué à la gestion de tels déplacements particuliers.

Et le personnel soignant ?

Il y a également la question de la charge de travail qui incombe au personnel soignant. Une charge lourde dont l’impact a été important lors de la première vague de la pandémie de coronavirus et qu’il faut à tout prix répartir de manière optimale afin d’en minimiser les conséquences sur le personnel soignant.

Ce "plan" prévoit d’ailleurs une solidarité entre les hôpitaux afin qu’ils puissent diminuer la charge et qu’ils puissent également optimiser les soins prodigués aux malades.

Mais déjà des voix s'élèvent, comme à Alost

Une solidarité remise en question dans certaines communes, comme à Alost où le bourgmestre N-VA, Christoph d’Haese n'avait pas hésité à déclarer que "Les limites de la solidarité médicale ont été atteintes" , suite au transfert de plusieurs patients bruxellois  dans des hôpitaux de sa commune. 

"Il va sans dire que les gens ont besoin d’être aidés", précise D’Haese. "Ne pas le faire serait une négligence coupable". Mais "il y a des limites à la solidarité médicale, et je crois que cette limite est maintenant atteinte. Je suppose raisonnablement que le principe de base devrait être qu’un patient d’Alost devrait pouvoir aller dans un hôpital d’Alost, c’est aussi la chose la plus responsable médicalement à mon avis". 

Le bourgmestre souhaite également que les soins habituels et opérations programmées soient le moins impactés. Autre facteur : les finances. "Les interventions programmées diminuent en raison de la crise du coronavirus, ce qui a des conséquences sur les finances", vu que la majorité des revenus d’un hôpital viennent de ces interventions. Tout en précisant que ce n’est cependant pas la principale préoccupation.

Le ministre de la Santé intransigeant sur la solidarité entre hôpitaux

Une polémique celle lancée par le bourgmestre d'Alost qui divise. Jeudi dernier, à la Chambre, les députés ont d'ailleurs voulu connaître la position du nouveau ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke sur la question. 
Celui-ci n'y est pas allé par quatre chemins et a remis les pendules à l'heure. 

Le Ministre de la Santé a d’abord rappelé le contexte de la crise du Coronavirus. "Nous sommes confrontés à une situation particulièrement grave", a-t-il dit. Face à cela, "les hôpitaux doivent pouvoir organiser la solidarité", a poursuivi Frank Vandenbroucke.

Par rapport à Alost, où le bourgmestre a estimé que "les limites de la solidarité médicale ont été atteintes", et que, selon lui, "un patient d’Alost devrait pouvoir aller dans un hôpital d’Alost", le ministre de la Santé a tenu à rappeler les règles. "Il y a des règles du jeu pour répartir les patients, des normes fixées en concertation avec les autorités des autres niveaux de pouvoir", a-t-il expliqué.

"Quand un problème est présent dans un hôpital, on regarde la solution dans les hôpitaux de son réseau", a expliqué le ministre Vandenbroucke, rappelant qu’Alost est en réseau avec des hôpitaux bruxellois. "Si l’hôpital d’Alost est en proie aux difficultés, un autre hôpital sera là pour apporter son aide. L’an dernier, 500 patients alostois ont été soignés à Bruxelles", a précisé le ministre Vandenbroucke. Et pour illustrer le fait qu’Alost bénéficie aussi de la solidarité des autres, le ministre a ajouté "N’est-ce pas la Défense qui est intervenue dans les maisons de repos alostoises" ?

Pour Frank Vandenbroucke, il faudra respecter les règles du jeu qui ont été convenues entre les différentes autorités du pays pour la répartition des patients entre hôpitaux.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK