Coronavirus en Belgique : pas d’infirmier.e.s pas de lits en soins intensifs, la saturation plus proche que prévue ?

Depuis plusieurs semaines, le pays fait face à la deuxième vague du coronavirus et tous les indicateurs sont au rouge. C’est le cas, notamment pour les hospitalisations. Actuellement, notre capacité de lits de soins intensifs est de 1993. Pour l’heure, 573 sont occupés par des patients de soins Covid-19, selon Sciensano. Et pour pouvoir s’occuper de ces lits de soins intensifs, il faut un certain nombre d’infirmier.e.s. Le problème, c’est que non seulement le personnel infirmier est en sous-effectif de façon structurelle mais aussi, le taux d’absentéisme, dû à l’épuisement du personnel et des malades du coronavirus. Résultat, la capacité existante de 1993 lits pourrait être remise en question. Et la saturation arriver dès le courant de la semaine prochaine.

Arnaud Bruyneel, est infirmier en soins intensifs et en soins d’urgence et doctorant en sciences de la santé publique à l’ULB. C’est lui a réalisé ce modèle mathématique. Selon ces tendances, il estime que la saturation des lits de soins intensifs pourrait être atteinte ce week-end ou dans le courant de la semaine prochaine, en raison du manque de personnel infirmier.

L’absentéisme : nouvelle donnée

"Cette capacité théorique n’est pas adaptée à un problème qu’on a de manière majeure dans cette deuxième vague, qui est la pénurie d’infirmières actives et compétentes aux soins intensifs. Il faut savoir que contrairement à la première vague, on a 15 à 20% de taux d’absentéisme dans nos hôpitaux. Ce taux d’absentéisme est certes dû à certaines infirmières qui ont le Covid-19, mais on a bien l’impression que c’est surtout un épuisement professionnel qui est dans l’avant-plan. On a réalisé une étude avec Pierre Smith pendant la première vague où sept infirmières sur dix étaient à risque de burn-out, et donc je pense que c’est vraiment ça le gros problème, le taux d’absentéisme".

Un manque structurel 

Pour Arnaud Bruyneel, ce manque de personnel est un enjeu de santé publique qu’il faut prendre en compte. La pénurie d’infirmières et d’infirmiers cause un effet boule de neige et un manque structurel dans les hôpitaux.

"Il y a une disparité au niveau des provinces, on l’a bien compris. On a fait nos calculs et on serait entre 1 400 et 1 700 lits de soins intensifs en Belgique actuellement".


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Si les tendances se poursuivent et que les hôpitaux n’arrivent pas à remédier à la pénurie d’infirmières, les patients pourraient se retrouver dans les couloirs des hôpitaux parce qu’il n’y aura plus de place en soin intensif dès la semaine prochaine.

"Si on n’a pas d’infirmiers, un service de soins intensifs ne tourne pas, ou bien alors on peut tourner avec un nombre de lits élevé, mais avec une qualité de soins qui est moindre, parce qu’on sait scientifiquement qu’en fonction du nombre d’infirmières au chevet du patient, ça augmente la mortalité si on n’est pas assez. Et enfin, deuxième élément, c’est un cercle vicieux. Si on n’adapte pas le nombre d’infirmières, on va être plus épuisé et ça va augmenter le taux d’absentéisme" explique Arnaud Bruyneel.

A la différence de la première vague, cette fois-ci, les hôpitaux doivent également gérer un double flux de patients, les patients Covid-19 et les patients non Covid-19.

 

JT du 22/10/2020

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