Coronavirus en Belgique : les contaminations baissent mais ce n’est pas "la descente en toboggan" espérée, selon Yves van Laethem

Lors de sa conférence bihebdomadaire sur les indicateurs de la pandémie de Covid-19, le porte-parole du Centre interfédéral de crise Yves van Laethem a fait le point ce vendredi matin sur les chiffres en Belgique. Il en ressort qu’au niveau national, le nombre de nouveaux cas a cessé de diminuer entre le 6 et le 12 avril par rapport à la semaine précédente.

Le changement dans l’évolution est à interpréter avec prudence dans la mesure où la période précédente comprenait 7 jours dont un jour férié (le lundi de Pâques), ce qui a pu entraîner une sous-estimation du nombre de cas due au faible nombre de tests effectués le lundi de Pâques. 

La moyenne du nombre de cas est de 3884 contaminations, soit +8% de plus que la semaine précédente (qui comprenait le lundi de Pâques). "Si on exclut les deux lundis", précise Yves van Laethem, "on constate une baisse de 5% mais ce n’est pas le toboggan de descente que l’on espérait." La baisse la plus marquée a lieu chez les enfants. Les jeunes adultes (20-29 ans) connaissent eux une hausse des contaminations (+18%).


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Maîtriser l’évolution du nombre de patients Covid en soins intensifs

Selon les données publiées ce vendredi matin par Sciensano, le nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 semble se stabiliser, pour atteindre 3032 patients ce jour : le pic des hospitalisations pourrait donc bien avoir été atteint ce lundi 12 avril avec 3215 patients Covid-19 hospitalisés. Mais cette diminution ne se traduit pas encore dans les unités de soins intensifs qui comptent actuellement 930 patients Covid-19.

Pour Yves Van Laethem, il faut absolument maîtriser le taux d’occupation des patients Covid en soins intensifs. "On peut ajouter un lit en salle de réveil mais pas le personnel de santé hautement qualifié. On ne peut pas étendre cette situation de manière indéfinie."

Le porte-parole du Centre interfédéral de crise est revenu sur les mesures prises par le Comité de concertation mercredi dernier. "Le plan du Comité de concertation ne va pas de soi. Les mesures actuelles restent indispensables pour inverser la courbe. Le coup de pouce, c’est nous qui pouvons le donner. Le vaccin jouera un rôle déterminant mais le taux de vaccination actuel pas suffisant." 

En d’autres mots, avec des patients Covid hospitalisés de 40, 50, voire 60 ans hospitalisés c’est-à-dire pas encore vaccinés, les mesures apparaissent fondamentales.


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Privilégier le test PCR en cas de symptômes

Parmi elles, la limitation des contacts surtout à l’intérieur voire la réalisation d’un test Covid en cas de doute ou de symptômes (fièvre, mal de tête, toux). "On constate une baisse des tests (70.000 à 40.000) alors que le taux de positivité augmente… Donc le virus circule et on ne le dépiste pas encore. Il faut insister sur le fait que nous dépendons du testing, du traçage, et de la quarantaine pour lutter contre virus. Réalisez de préférence par frottis nasal (PCR)", poursuit Yves van Laethem, "il est le plus fiable. N’employez pas les autotests si vous présentez des symptômes. Il vaut mieux utiliser l’autotest dans les situations intermédiaires, par exemple quand on va rencontrer des personnes dans le cadre des mesures préconisées."

Le succès de la vaccination en maison de repos

Les résultats de la vaccination dans les maisons de repos sont sensiblement différents pour les résidents et pour le personnel soignant. Les personnes âgées en maison de repos sont largement vaccinées, quasiment 9 résidents sur 10 (89%). L’objectif fixé par l’Union européenne de 80% de résidents des maisons de repos vaccinés pour le mois de mars est largement atteint.

Le personnel des maisons de repos en revanche n’a pas suivi cette tendance : 77% au niveau national avec des résultats contrastés entre les différentes régions du pays : 87% en Flandre, 56% en Wallonie, 47% à Bruxelles et une situation intermédiaire dans la Communauté germanophone (67%). Ces tendances sont assez similaires avec celles de la vaccination contre la grippe saisonnière.

Mais alors, comment explique cette différence entre le nord et le sud du pays ? "Il n’y a pas de raisons médicales", précise le porte-parole du Centre interfédéral de crise, Yves van Laethem. "Il y a un blocage par rapport à la vaccination au sud du pays. Nous devrons étudier cette situation […] d’autant que la campagne de vaccination a eu un impact majeur."

Le variant britannique représente 86,3% des cas de Covid-19

Le variant britannique du SARS-CoV-2 représente désormais la toute grande majorité des cas de Covid-19 détectés en Belgique (86,3%). Les cas de variant sud-africain 4,8%, et brésilien 4,2%. Heureusement", conclut Yves van Laethem, "le variant brésilien ne connaît pas la même envolée que la variant britannique les trois premiers mois de l’année".


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Les voyages, autorisés mais déconseillés

Le Centre interfédéral de crise est revenu sur la fin de l’interdiction des voyages non essentiels décidée par le comité de concertation mercredi dernier.

A partir de ce lundi 19 avril, les voyages à l’étranger non essentiels ne seront plus interdits mais "vivement déconseillés". Le virus circulant en Europe, Antoine Iseux insiste : "Vérifiez à l'avance les règles qui s'appliquent dans les pays de destination. dans tous les pays européens, des mesures sont actuellement en place pour lutter contre le Covid-19. Il y a des couvre-feu, des limitations de déplacement, des tests à réaliser voire des quarantaine." 

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