Coronavirus en Belgique : le confinement risque de pousser à la consommation d'alcool

Coronavirus en Belgique:  le confinement risque de pousser à la consommation d'alcool
Coronavirus en Belgique: le confinement risque de pousser à la consommation d'alcool - © Alexander Spatari - Getty Images

La situation exceptionnelle que nous vivons actuellement va-t-elle augmenter la consommation d’alcool en Belgique ? Il est vrai que le confinement, qui pourrait durer beaucoup plus longtemps qu’annoncé (jusqu’au 3 avril officiellement), peut être une source de stress.

La peur de tomber malade, les bouleversements de notre quotidien ou encore l’ennui peuvent pousser certains Belges à avoir une consommation d’alcool plus importante que d’habitude. Et les semaines difficiles qui s’annoncent inquiètent la psychologue Emilia Bogdanowicz de l’asbl le Pélican : "Oui très clairement, on sent que la période qui s’annonce va être difficile. Le stress et l’anxiété augmentent chez de nombreuses personnes, et ce sont des facteurs qui risquent d’aggraver la situation. On se doute qu’il va y avoir des changements de comportement quant à la consommation d’alcool".

En plus des personnes pour qui la consommation d’alcool est une pathologie, il y a un autre profil qui inquiète Emilia Bogdanowicz : "Les personnes qui consomment d’habitude de l’alcool dans un contexte social. Celles qui boivent beaucoup lorsqu’elles sortent, que ce soit au restaurant, au café ou en boîte. Ces profils pourraient être tentés de boire à la maison et non plus dans un contexte uniquement social".

Profiter du confinement pour diminuer

A contrario, le confinement peut aussi avoir des effets bénéfiques pour ces personnes qui ont l’habitude de boire lors de soirées et/ou avec des amis. "Ils vont profiter du confinement pour diminuer leur consommation, voire ne plus boire du tout. La personne concernée profitera de ne plus avoir de contacts sociaux pour prendre plus soin d’elle. Attention tout de même à celles et ceux qui sont dans un état de dépendance grave à l’alcool. Si c’est le cas, il ne faut pas tomber dans le sevrage extrême. Nous conseillons d’y aller étape par étape en diminuant progressivement la consommation".


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On le comprend, la période qui s’annonce sera difficile pour ceux qui sont sujets à une consommation excessive. Quand on sait que les activités en extérieur sont restreintes et qu’on ne peut pas voir les personnes susceptibles d’aider (la famille, les amis, ...), quelle est la solution miracle ? "Chaque cas est évidemment bien particulier, il n’y a donc pas de conseil global surtout dans la situation actuelle. Mais les personnes qui s’inquiéteraient de leur consommation excessive peuvent contacter toutes les associations qui viennent en aide aux personnes qui s’interrogent sur leur consommation d’alcool". Parmi elle, il y a notamment "Aide Alcool" ou encore "Les Alcooliques Anonymes".

Apéro en ligne, un danger ?

Avec le début du confinement est apparu un phénomène sur les réseaux sociaux, celui des apéros en ligne via des systèmes de vidéoconférence. Une méthode qui permet de se retrouver en famille ou entre amis autour d’un verre très facilement. Peut-être même un peu trop facilement, puisqu’il suffit d’allumer son ordinateur ou son smartphone. "Pour l’instant, ces apéros en ligne ne m’inquiètent pas mais il est encore trop tôt pour affirmer qu’ils pourraient devenir problématiques et aggraver l’alcoolisme chez certaines personnes".

Au niveau de la vente d’alcool, là aussi il est encore trop tôt pour dire que le confinement provoque une augmentation des ventes. Le secteur s’attend plutôt à une période très difficile avec ces mesures de fermeture des bars et restaurants.

 

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