Coronavirus en Belgique: la vie sociale au ralenti ouvre la voie à de nouvelles solidarités

Comment mettre en place des initiatives citoyennes au niveau des différentes communes.
Comment mettre en place des initiatives citoyennes au niveau des différentes communes. - © Christopher Hopefitch - Getty Images

Les mesures décidées par le gouvernement pour stopper la flambée de l’épidémie de Coronavirus ont parfois des conséquences positives. Cette vie économique et sociale au ralenti pousse certains citoyens à organiser une solidarité nouvelle avec les voisins les plus fragiles. Nous allons à la rencontre de Géraldine Nethercott. Cette Saint-Gilloise est professeur de yoga dans un centre paramédical. Ce matin, elle se rend à l’hôtel de ville avec une seule idée dans la tête. Comment mettre en place des initiatives citoyennes au niveau des différents quartiers de la commune. "Beaucoup de choses vont changer dans les prochaines semaines": nous lance-t-elle, "peut-être qu’ici à la commune on va pouvoir organiser l’entraide entre voisins."

"S’unir, ne pas avoir peur les uns des autres"

Géraldine a déjà plein d’idées dans la tête. Par exemple, certaines personnes ne pourront pas faire du télétravail comme les infirmiers et d’autres qui seront en télétravail et qui pourraient alors peut-être garder leurs enfants. Mais on peut aussi emmener le chien du voisin plus âgé en promenade. Avec les services communaux, elle propose d’organiser une sorte de liste "d’offre et de demandes de services". Une idée qui lui est tout de suite venue hier soir : "En regardant la télé, j’ai vu qu’il y avait beaucoup de peur et d’interrogations. Je me suis dit qu’il y avait aussi sûrement des solutions ici en tant que simple citoyenne à ma petite échelle."


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La professeure de Yoga a reçu l’adresse d’un groupe Facebook "I love Saint-Gilles", où il devrait être possible de communiquer : "Je pense que c’est le moment de s’unir, de ne pas avoir peur les uns des autres, de voir où chacun peut se rendre utile, se rassembler dans nos compétences, dans notre temps, dans nos disponibilités."

Occuper gratuitement de manière ludique les enfants en congé forcé

Elisabeth Pintaven, la petite vingtaine est en dernière année d’étude pour devenir institutrice. Elle profite de cette crise liée au Coronavirus pour proposer en ces temps de congés scolaires forcés pour proposer, bénévolement, aux parents d’occuper de manière ludique leurs enfants. Par petits groupes de cinq, elle fera des jeux de construction, du modelage, de petites saynètes, mais aussi à l’extérieur, des promenades, s’occuper des chevaux ou des poules, ramasser les œufs voire travailler dans le potager : "Des activités quotidiennes très importantes dans l’apprentissage des enfants" ajoute la future institutrice. Elle les gardera jusqu’à ce que les parents viennent les reprendre après leur travail. Elisabeth testait déjà ses capacités de créativité sur les enfants de sa propre famille. Son déclic : C’est l’annonce pour cause d’épidémie, de la fermeture des écoles pour près de cinq semaines : "Je veux vraiment donner un coup de main aux parents qui en ont besoin. Il n’y aura pas de tri. Les premiers arrivés auront des places. J’espère que d’autres personnes, comme moi, rejoindront l’initiative pour qu’aucun parent ne reste coincé sans solution."

Célestin, 15 ans propose du baby-sitting ou une garderie bénévole

"J’ai suivi les infos comme tout le monde ": raconte Célestin Crèvecoeur, "Je me suis dit que je pourrais mettre mon temps libre à profit pour m’occuper des enfants qui n’ont pas école. Si tout le monde pouvait donnait de sa personne comme ça, ce serait chouette ! Je me suis déjà occupé d’enfants, j’aime m’en occuper, c’est toujours un plaisir pour moi, de partager avec des plus petits. C’est assez inattendu ce qui se passe pour le moment, personne n’était vraiment préparé. On a besoin de solidarité." Il compte offrir ses services dans des garderies ou des écoles et espère secrètement que cela donnera des idées à d’autres ados. Car du temps libre, ils en auront les ados, dans les prochaines semaines.

Les solidarités nouvelles sont déjà nombreuses et variées. Un magasin de jouets d’Etterbeek, prêtera dès la semaine prochaine des jeux de société et des puzzles… Histoire d’offrir de bons moments à toutes ces familles dont les enfants seront dans le salon ou dans leur chambre au lieu de leur habituelle salle de classe.

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