Coronavirus en Belgique : "Il n’y a pratiquement plus de lits disponibles en soins intensifs"

EDIT: cet article a été modifié le 21 avril pour correspondre plus précisément aux paroles effectivement prononcées par Yves Van Laethem


Lors de la conférence de presse du Centre interfédéral de crise, son porte-parole Yves Van Laethem est revenu sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19 après la longue pause des vacances de Pâques : "Les chiffres diminuent doucement. Il faut y voir l’effet positif de la pause de Pâques mais ce n’est pas l’effet que nous souhaitions". Mais il s’agit d’un plateau et non d’une hausse continue comme ce fut le cas avant les vacances de printemps.

"Nous sommes convaincus que la situation peut évoluer favorablement", précise Yves Van Laethem, "et que l’on peut faire diminuer la situation que nous connaissons actuellement grâce à la combinaison de la vaccination et de l’observation des fameuses règles d’or", comme la distanciation sociale, le port du masque et le lavage des mains.

Il n’y a plus de place en soins intensifs

Le taux d’occupation des lits Covid-10 dans les hôpitaux reste très important, surtout dans les unités de soins intensifs. La situation est critique dans ces unités parce que les patients Covid-19 s’ajoutent aux autres patients. "Il n’y a pratiquement plus de place en soins intensifs", a déclaré Yves Van Laethem.

Ainsi, le nombre de lits Covid-19 en soins intensifs est en légère hausse avec 940 lits occupés, ce qui se rapproche du pic de 947 lits du 13 avril dernier. Les admissions sont, elles, légèrement en baisse avec 210 admissions à l’hôpital en 24 heures, contre 225 il y a une semaine (-8%). Cette baisse se marque partout sauf en province de Liège où les admissions sont en hausse de 32%. En moyenne ces 7 derniers jours, 39 décès ont été comptabilisés à cause du coronavirus.


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Un taux de contamination en hausse dans les provinces de Liège et du Limbourg

448 nouvelles infections au coronavirus ont été détectées en moyenne chaque jour, soit une baisse de 2% par rapport à la semaine précédente.  La hausse des contaminations la plus importante s’observe chez les jeunes adultes, dans la catégorie d’âge 20-29 ans (près de 6 cas confirmés pour 1000 habitants).

Une hausse des nouvelles contaminations est attendue dans les prochains jours, consécutive à la reprise de l’école et à la hausse attendue du nombre de tests réalisés. En attendant, le taux de contamination diminue partout sauf dans les provinces de Liège (+14%) et de Limbourg (+16%).

Le taux de positivité -qui mesure le nombre de cas positifs par rapport au nombre de tests effectués- reste très élevé, à 9,9%. On déplore encore 39 décès par jour.


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La vaccination

3.000.000 de doses de vaccin ont été administrées depuis le lancement de la campagne de vaccination en Belgique, ce qui signifie qu’un adulte sur quatre a reçu sa première dose. La campagne se poursuit avec la vaccination des plus de 65 ans et des personnes qui présentent une comorbidité (facteur de risque).

270.000 vaccins ont été livrés la semaine passée en Belgique et 400.000 le seront à nouveau cette semaine. Ce nombre de livraisons doublera la semaine prochaine pour atteindre 800.000 doses.


►►► A lire aussi : La Belgique est-elle dans le top 10 de la vaccination en Europe ? (graphiques mis à jour)


La porte-parole du Centre de crise a précisé que le comité de pharmacovigilance de l’EMA, l’Agence européenne des médicaments, se réunira ce mardi à propos du vaccin Johnson et Johnson et de ses effets secondaires. La vaccination du vaccin unidose a été suspendue en Belgique. Les 36.000 doses reçues restent en quarantaine.

600.000 personnes sont inscrites sur les listes de réserve pour la vaccination centralisée sur Qvax et 16.000 personnes ont pu bénéficier d’une vaccination anticipée ; la majorité a plus de 65%. Un peu plus de la moitié des centres de vaccination ont adopté Qvax.

Les variants et les voyages non essentiels

Les voyages non essentiels ne sont plus interdits mais fortement déconseillés en raison de la circulation des variants et de leur possible arrivée sur le territoire national à travers ces voyages à l’étranger. En Belgique, le variant britannique est devenu la souche de référence, avec 85% des nouvelles contaminations. Les variants brésilien et sud-africain constituent chacun à peu près 5% des contaminations. La crainte est aussi de voir arriver d’autres variants comme ceux qui se développent en Inde ou en Amérique du Nord.

Pour Yves Van Laethem, avec la hausse du taux de vaccination et de l’immunité de la population, le variant anglais du Covid-19 pourrait laisser la place aux autres variants, dans la mesure où les anticorps générés par les vaccins actuels sont efficaces contre le variant anglais mais un peu moins efficaces contre les nouveaux variants.

Le porte-parole du Centre interfédéral de crise ajoute que "grâce à la vaccination, une autre forme que l’immunité par anticorps se développe : l’immunité des cellules qui acquièrent la capacité de lutter contre les cellules du corps infectées par le virus". Les cellules T n’interviennent qu’en deuxième ressort, après les anticorps, et permettent de contrer l’évolution de la maladie vers une forme grave.

"Ces cellules T sont fondamentales et présentent un spectre beaucoup plus large vis-à-vis des variants que les anticorps. Elles devraient permettre de limiter l’évolution vers des formes sévères de la maladie ; maladie acquise par des variants chez des personnes pourtant vaccinées", conclut Yves Van Laethem.

 

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