Coronavirus en Belgique ce 2 avril : pour Yves Van Laethem, "c’est notre comportement d’aujourd’hui qui fera diminuer rapidement ou pas la pression sur les soins intensifs"

Ce vendredi 2 avril à 11 heures, le Centre interfédéral de crise en charge du suivi de l’évolution de l’épidémie de coronavirus en Belgique a tenu, comme à l’accoutumée, sa conférence de presse (lien vers Sciensano ici). Pour Yves Van Laethem, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de l'épidémie, et il se pourrait que le pic des contaminations ait été dépassé. A confirmer dans les prochains jours. 


►►► À lire aussi : Toutes les infos sur le coronavirus


Les indicateurs du tableau de Sciensano de ce vendredi 2 avril, montrent pour la première fois en trois semaines une diminution du nombre moyen des contaminations par rapport au jour précédent.

Les admissions dans les hôpitaux ont augmenté de 15% par rapport à la semaine dernière. Il y a actuellement 2958 patients traités pour le Covid-19 dont 790 en soins intensifs, ils étaient 755 la veille.

La moyenne des décès entre le 21 et le 27 mars à quant à elle diminuée de 2,1% par rapport à la semaine précédente.


►►► À lire aussi : Coronavirus en Belgique ce 2 avril : près de 800 patients aux soins intensifs


Le pic des contaminations dépassé ?

Yves Van Laethem a annoncé un probable nouveau tournant de l’épidémie avec une légère diminution du taux d’infections. Si cela se confirme dans les jours qui viennent, le porte-parole interfédéral pour la lutte contre le Covid-19 estime que les moyennes hebdomadaires pourront elles aussi diminuer.

Le pic actuel de la troisième vague semble provisoirement se situer à la date du 22 mars dernier avec un taux de 6279 infections par jour.

Les hospitalisations continuent d’augmenter, mais avec un léger ralentissement. Par contre, l’occupation des lits d’hôpitaux continue d’augmenter et un signe d’une diminution n’est toujours pas visible.

Yves Van Laethem note d’ailleurs que la barre des 800 patients en soins intensifs, voire 900 pourraient prochainement être dépassée. Plusieurs hôpitaux commencent à transférer des patients en soins intensifs vers d’autres hôpitaux.

Deux scénarios, selon que les règles sont suivies ou pas

La pression dans les hôpitaux est déterminée par nos comportements, a rappelé le porte-parole interfédéral pour la lutte contre le Covid-19. "C’est notre comportement d’aujourd’hui qui déterminera la rapidité avec laquelle cette pression lourde continue sur les soins intensifs diminuera ou pas au courant du mois d’avril".

Yves Van Laethem détaille ensuite 2 scénarios possibles, en fonction de nos comportements actuels.

Selon lui, si les mesures sont correctement suivies, la charge sur les hôpitaux pourrait diminuer à moins de 300 patients aux soins intensifs d’ici le 1er mai. Pour cela il faut réduire considérablement le nombre de contaminations. Il rappelle en ce sens, que les admissions sont généralement observées dans les 7 à 10 jours après l’infection.

Si par contre le suivi des mesures est moins efficace, un plateau élevé pourrait stagner avec entre 500 et 1000 patients aux soins intensifs jusqu’au mois de mai "ce qui serait particulièrement délétère devant une pression aussi importante et continue, à la fois pour les soins de ces patients, mais surtout par la continuité des soins des autres patients".

L’expert rappelle que nos comportements d’aujourd’hui, auront un impact sur les hospitalisations dans les deux à trois semaines. Cela déterminera aussi les perspectives pour les écoles, l’enseignement supérieur et sur les assouplissements en général attendus pour le début du mois de mai. A propos des événements de ce jeudi 1er avril au bois de la Cambre, Yves Van Laethem note que "ce que certains ont fait hier ne va pas nous aider à atteindre cet objectif".

L’homme a ensuite rappelé l’importance de continuer à suivre les mesures et de laisser la vaccination poursuivre son évolution.

Les contaminations

Comme cela était indiqué dans le bilan quotidien de Sciensano, sur les sept derniers jours, 4814 nouvelles infections au coronavirus ont été détectées en moyenne chaque jour, soit une augmentation de 11% par rapport à la semaine précédente. Des contaminations observées sur tout le territoire et dans toutes les tranches d’âges, mais elles sont moins marquées chez les enfants (4% d’augmentation). Cela s’explique par la fermeture actuelle des écoles.

Si les contaminations s’observent sur tout le territoire, elles ne sont pas égales partout. Certaines provinces sont passées en dessous de 1 au niveau du taux de reproduction (R), il s’agit des provinces de Flandre occidentale et le Brabant wallon. Il y a donc là un ralentissement des contaminations.

Les contaminations sont cependant encore importantes à différents endroits, comme à Bruxelles. Le plus inquiétant actuellement est ce qui se déroule dans la province de Namur avec une incidence de 1000 infections/100.000 habitants. Ces chiffres sont trois fois plus élevés que ceux de la province de Liège, par exemple et le double de la moyenne nationale.

Dans le nord du pays, c’est en Flandre orientale que l’on observe le plus haut taux d’infections et aussi le plus grand nombre de cas en chiffres absolus.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK