Coronavirus en Allemagne : le parlement adopte un plan d'aides de 1100 milliards d'euros

Le Bundestag, chambre basse du parlement allemand, a donné mercredi son feu vert à l'établissement du vaste fonds de secours aux grandes entreprises allemandes touchées par la pandémie de covid-19.
Le Bundestag, chambre basse du parlement allemand, a donné mercredi son feu vert à l'établissement du vaste fonds de secours aux grandes entreprises allemandes touchées par la pandémie de covid-19. - © Michele Tantussi - Getty Images

Les députés allemands ont voté mercredi des mesures d’un montant global sans précédent proche de 1100 milliards d’euros pour aider la première économie européenne à faire face aux conséquences de la pandémie causée par le nouveau coronavirus.

Ce montant représente près d’un tiers de la richesse totale produite par le pays au cours d’une année.

Il correspond aussi à un peu plus de la moitié du plan "historique" de soutien de 2000 milliards de dollars sur lequel la Maison Blanche et le Sénat sont parvenus mercredi à se mettre d’accord pour les Etats-Unis face à la pandémie.

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Les membres du Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, dispersés dans l’hémicycle pour éviter les risques de contamination, ont notamment approuvé de nouveaux emprunts à hauteur de 156 milliards d’euros pour soutenir entreprises, salariés et système de santé, ainsi que des centaines de milliards de garanties pour les prêts bancaires aux entreprises.

Cet ensemble de mesures est "sans précédent pour l’Allemagne depuis la Deuxième guerre mondiale", selon les mots ministre des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz à la chambre.

Il y a remplacé Angela Merkel pour présenter le programme de secours, la chancelière étant actuellement empêchée car en quarantaine après avoir eu un contact avec un médecin testé positif au coronavirus.

Le texte va être soumis vendredi à la chambre haute du Parlement, le Bundesrat, qui représente les Etats régionaux.

Son vote ne fait guère de doute, les dirigeants des Länder ayant tous exprimé leur soutien au plan du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

La rigueur mise entre parenthèses

Parmi ces dispositifs, qui font sauter les limitations constitutionnelles allemandes sur le niveau de déficit autorisé, figurent un "fonds de stabilisation économique" offrant 400 milliards d’euros de garanties pour les dettes des entreprises, 100 milliards pour les prêts ou les prises de participation dans les entreprises et 100 milliards pour soutenir la banque d’investissement publique KfW.

Ces enveloppes visent à assurer la survie des grandes entreprises du pays, très exportatrices et en conséquence particulièrement fragilisées par la crise. L’Etat se réserve la possibilité de les nationaliser partiellement pendant le temps de la crise.

Il s’agit d’éviter des faillites en cascades et suppressions d’emplois massives, mais aussi d’empêcher qu’elles ne tombent dans les griffes d’investisseurs étrangers.

C’est la première fois depuis 2013 que l’Allemagne, chantre de l’orthodoxie budgétaire, prévoit de contracter des dettes cette année, à hauteur de quelque 156 milliards d’euros. A la fois pour financer des mesures de soutien et compenser un recul de ses recettes fiscales.

Protection de l’économie domestique

Ce montant équivaut à presque la moitié des dépenses inscrites au budget fédéral annuel de l’Allemagne. La politique d’équilibre budgétaire dite du "zéro déficit", souvent décriée par les partenaires de l’Allemagne qui l’accusent de freiner la croissance par sa rigueur, vole ainsi en éclat.

Grâce une augmentation de 357 milliards d’euros de sa puissance de feu, la banque publique KfW pourra, elle, à l’avenir garantir quelque 822 milliards d’euros de prêts.

Le gouvernement fédéral offrira aux petites entreprises et travailleurs indépendants jusqu’à 50 milliards d’euros de subventions. Ils recevront une aide individuelle de 9000 à 15.000 euros pour trois mois. Une condition : ils devront prouver que leur problème de trésorerie est lié à la crise.

L’enveloppe de mercredi comprend également 3,5 milliards d’euros de soutien immédiat au système de santé, ainsi que 55 milliards qui peuvent être librement utilisés en fonction des besoins pour lutter contre la pandémie.

Séance du Bundestag et déclarations (allemand)

Traduction: Olaf Scholz, ministre allemand des finances :
  "C'est le défi commun de la communauté mondiale que de lutter contre les effets de la crise du coronavirus, et c'est pourquoi l'Allemagne se tiendra particulièrement pendant cette période aux côtés de ses partenaires européens, par exemple. Ce n'est pas une affaire qui nous concerne uniquement, nous sommes solidaires". -
  "Dans cette situation, le gouvernement allemand fait tout ce qui est nécessaire et possible pour amortir les conséquences économiques et sociales de la gestion de la crise".

Jens Spahn, ministre allemand de la santé :
  "Plus nous sommes déterminés maintenant, plus vite nous pourrons reprendre nos activités habituelles. Le temps que nous gagnons maintenant protégera notre système de santé contre la surcharge et la surcharge de travail".
Peter Altmaier, ministre allemand de l'économie :
  "Et oui, notre ambition est de faire en sorte que les premiers paiements parviennent aux entreprises concernées avant le 1er avril, et que la capacité d'action de l'État résiste à l'épreuve de cette situation difficile".

 

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