Coronavirus : des effets positifs sur l’environnement ? Un véritable trompe-l’œil

En mars dernier, des mesures de santé publique restrictives ont été mises en place pour éviter une aggravation de la pandémie. Le confinement obligatoire dans de nombreux pays du monde, la fermeture des commerces et la restriction des activités dans les usines et dans les bureaux ont généré une baisse des trafics routiers. De nombreuses compagnies aériennes ont également été contraintes de réduire ses vols de 60% à 95%. Toutes ces mesures ont amené à une baisse drastique des émissions de dioxyde d'azote, une diminution des particules fines ou encore de l’exploitation des ressources. Ces effets écologiques positifs ont provoqué une lueur d’espoir dans la lutte environnemental.

"C’était une lueur d’espoir et effectivement les différentes émissions ont repris de plus belle alors que pendant la première vague du Covid-19, il y a eu une réduction du C02 lié au transport qui a plongé de 40%", explique Emmanuel Mossay, Expert en économie circulaire ECORES.

 

 

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La crise du coronavirus est un véritable danger pour l’écologie

Mais très vite, les chercheurs se sont rendu compte que le coronavirus représente plutôt un véritable danger pour la planète. Les mesures temporaires prises pour faire face à cette pandémie ne sont pas construites comme une réponse durable au défi du changement climatique. C’est notamment ce que pense Rebecca Thissen, chargée de recherches en justice climatique : "C’est une mise à l’arrêt. C’est une récession subie et non choisie. Dès que le premier confinement s’est terminé, la vie a repris et tout a réaugmenté de plus belle. On l’a également vu en 2008-2009. C’est le propre de la crise. On cherche plutôt une transition prévue sur le long terme. Pour arriver à respecter les accords de Paris, il faut que la réduction d’émission soit voulue et déterminée à travers un plan d’action concret".

 

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La crise sanitaire pourrait être une opportunité de reconstruire la société

Grâce à ce premier confinement, les spécialistes de l’écologie se sont rendu compte de l’impact qu’avaient les industries, le transport routier et les activités des humains sur la crise écologique mais surtout qu’il y avait une possibilité de réduire les différentes émissions.


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Pour Emmanuel Mossay, il y a une prise de conscience générale. "Suite à la fermeture des frontières, de plus en plus de personnes ont décidé de consommer localement, de repenser leur façon de vivre et repensent à l’essentiel. Les autorités se rendent également compte qu’il est possible de relocaliser l’économie et les activités essentielles. A terme, il est possible de réduire les échanges et on limitera les importations des produits que nous pouvons concevoir en Belgique".

Il y a bien eu un mouvement qu’on qualifie de "monde d’après" et qui a saisi en quoi cette crise était une opportunité pour reconstruire la société. "Si effectivement, il y a eu cette prise de conscience, elle ne vaudra pas grand-chose si on n’en parle pas. L’état va devoir investir dans beaucoup de choses. On est un véritable tournant. Est-ce que l’état est prêt à investir pour se reconstruire ? Est-ce que l’état va se porter garant et y importer un investissement massif ?", s’interroge Rebecca Thissen.

En conclusion, le coronavirus a donc eu des effets positifs sur l’environnement mais de manière éphémère. Il s’agissait d’un véritable trompe-l’œil. 

Archives du JT du 11/03/2020 : le coronavirus entraîne la diminution de la pollution en Chine et en Italie

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