Coronavirus : bras de fer entre la Chine et les États-Unis sur l'origine du Covid-19

Pékin et Washington sont engagés dans une guerre des mots et désormais de l'information sur l'origine de la pandémie.
Pékin et Washington sont engagés dans une guerre des mots et désormais de l'information sur l'origine de la pandémie. - © Pixfly - Getty Images/iStockphoto

L’ambassade de Chine en France a suggéré lundi dans une série de tweets que la pandémie de Covid-19 avait débuté aux États-Unis, reprenant des accusations chinoises contre les Américains sur l’origine du coronavirus qui s’est d’abord répandu sur une grande échelle en Chine.

"Combien de cas de Covid-19 y avait-il parmi les 20.000 morts de la grippe qui a commencé en septembre dernier ? ", se demande-t-elle dans une série d’interrogations en forme d’affirmations, sans élément scientifique à l’appui.

Les États-Unis n’ont-ils "pas tenté de dissimuler la pneumonie de nouveau coronavirus par la grippe ? ", poursuit-elle sur Twitter, un réseau social par ailleurs bloqué en Chine et où circulent de très nombreuses fausses informations, rumeurs et manipulations sur le Covid-19.

Pékin et Washington sont engagés dans une guerre des mots et désormais de l’information sur l’origine de la pandémie, Donald Trump parlant de "virus chinois" depuis son apparition en décembre en Chine, au grand dam des autorités chinoises.


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Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, avait déjà laissé entendre le 13 mars que l’armée américaine avait introduit le virus à Wuhan, la ville de Chine d’où est partie l’épidémie selon la plupart des scientifiques, au cours des Jeux mondiaux militaires d’octobre.

Les États-Unis ont pour leur part accusé la Chine de semer des "rumeurs abracadabrantes" sur l’origine du coronavirus et de "propager des théories du complot" relayées sur les réseaux sociaux.

L’ambassade de Chine fait désormais ouvertement le lien avec la "fermeture surprise en juillet dernier du plus grand centre de recherche américain d’armes biochimiques, la base de Fort Detrick au Maryland".

"Après la fermeture, une série de cas de pneumonie ou des cas similaires (sont) apparus aux États-Unis", affirme-t-elle, reprenant à son compte des supputations qui circulent sur internet.

Elle laisse aussi entendre que le virus était présent dès la fin 2019 en Italie et que la plupart des premiers cas détectés en Australie provenaient des États-Unis.

Quelques déclarations:

Extrait d'une allocution de Donald Trump, le 22 mars: "Je suis un peu contrarié par la Chine, je vais être honnête avec vous, parce que même si j'aime le président Xi et même si je respecte et admire le pays, j'ai une grande admiration pour le pays, pour ce qu'ils ont fait en peu de temps, bien sûr, nos présidents, nos présidents précédents ont permis que cela se produise. Vous devriez leur dire merci beaucoup à tous. Mais, ils auraient dû nous en informer."

Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères (23 mars 2020): 
"Les États-Unis ont plutôt essayé de calomnier les autres, de leur faire porter la responsabilité et de chercher des boucs émissaires. Cette approche n'est ni morale ni responsable, et non seulement elle ne contribue pas à la prévention de l'épidémie aux États-Unis eux-mêmes, mais elle ne facilite pas la lutte collective de la communauté internationale contre l'épidémie."
"Je veux ici exhorter une nouvelle fois les États-Unis à cesser immédiatement de politiser l'épidémie, à cesser de stigmatiser la Chine et à cesser de calomnier les autres pays. Ils devraient s'attacher à bien faire leur propre travail et à jouer un rôle constructif dans l'effort collectif de tous les pays pour lutter contre l'épidémie et maintenir la santé et la sécurité publiques mondiales."

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