Coronavirus à Bruxelles : encore une fête clandestine ce week-end au bois de la Cambre

Les bars fermés à 23 heures à Bruxelles, des fêtes rassemblant plusieurs dizaines de personnes s’organisent dans l’obscurité du bois de la Cambre. La nuit et sans organisateur, aucune règle de sécurité n’est instaurée. En semaine ou les week-ends, ces guindailles laissent des traces.

C’est en faisant son "plogging" le matin que Jonathan Murray les a remarqués : le grand nombre de tessons de bouteille et autres restes de fête autour de la cabane le Woodpecker à l’entrée du bois de la Cambre. "Là, le dimanche matin, c’est infernal !, s’exclame l’Ixellois. Il y a beaucoup beaucoup de bouteilles. Dimanche dernier à 9 heures, les gens avaient laissé leurs verres. C’est une catastrophe, il y a des bouteilles partout, partout."

Contacté, Gregory Marlier, le patron du petit kiosque qui vend des gaufres et autres rafraîchissements le confirme. "La nuit, le parc devient un no man’s land. Des adolescents se donnent rendez-vous au kiosque tout près du Woodpecker. Cet été, ils se rassemblaient là-bas les mercredis et samedis soir. Le summum a été atteint au mois de juin où on retrouvait plus de 200 personnes."

Encore une fête ce week-end

Le phénomène ne semble pas s’arrêter malgré la fin de l’été. Ce premier week-end d’octobre encore, "le carrefour des attelages a encore été le théâtre de soirées nocturne comme presque tous les soirs depuis la fermeture du parc aux voitures", explique Gregory Marlier en nous envoyant les photos par e-mail. "Hier l’attroupement devait être plus important. Ils ont carrément démoli une grande table en bois et renverser une toilette publique." En visionnant les vidéos de caméras surveillance, le patron décrit un rassemblement de plus de 50 personnes, plutôt adolescentes mais sans casquette estudiantine. "Ils sont restés jusque 3 heures du matin."
 

4 images
Coronavirus à Bruxelles : encore une fête clandestine ce week-end au bois de la Cambre © Grégory Marlier
Coronavirus à Bruxelles : encore une fête clandestine ce week-end au bois de la Cambre © Grégory Marlier
Coronavirus à Bruxelles : encore une fête clandestine ce week-end au bois de la Cambre © Grégory Marlier

Une information confirmée par la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles. "Il y avait deux groupes de jeunes dans la nuit de vendredi à samedi, explique Ilse Van de keere, directrice de la cellule communication de la zone de police. Vers 2h30, Nous avons été appelés pour une bagarre. Quand la police est arrivée, un des deux groupes s'est enfui. Une quinzaine de personnes sont parties dans les bois se réfugier. La police les a suivies, sans succès. Il restait 20 à 25 personnes à qui on a expliqué que les fêtes ne sont pas autorisées. Elles ont tout de suite quitté les lieux."

Je ne sais pas quoi faire

Le patron du bar a eu du matériel endommagé, une fois de plus. "Aujourd’hui, on remballe toute notre terrasse pour éviter qu’ils ne viennent s’y installer, explique le Grégory Marlier. Mais ils viennent près du kiosque à musique. Je ne sais pas quoi faire. Je ne comprends pas ce comportement car ils sont clairement plus de 10 et on sait qu’il s’agit de la tranche d’âge qui transmet le plus le virus. On devrait donner des sanctions administratives à tous ces jeunes."

La propagation du virus n’est pas le seul souci pour le gérant du bar. "Le pire, ce sont les bouteilles cassées. Les jardiniers, ploggers et mes équipes ramassent les gros morceaux mais il reste les petits éclats qui sont dangereux pour les familles qui viennent en journée avec les enfants qui gambadent et tombent."

L’after-guinguette

Pour le patron du bar, après avoir visionné ses images de caméras de surveillance, il ne s’agit que de jeunes adolescents. Mais depuis la rentrée universitaire, selon une autre source, s’ajoutent également les guindailleurs dont les cercles sont fermés.

"Une guinguette a été installée sur le campus de l’ULB. Elle ouvre tous les jours en semaine, explique une source proche des cercles étudiants. Comme tout le monde doit être parti à 23 heures, les gens vont vers le bois de la Cambre terminer leur soirée. Là-bas, évidemment, pas de règles à respecter, pas de masque. Ça dure jusque tard dans la nuit. Je sais que tous les étudiants de l’ULB et hors ULB se retrouvent là-bas depuis la rentrée."

Cette source estime à minimum 50 le nombre de personnes présentes. "Je sais que tous les étudiants des cercles y sont déjà allés au moins une fois quasi, du coup, ça fait beaucoup. Ils amènent à boire, ils picolent, ils font la fête quoi."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK