Comité de concertation : le secteur culturel demande des mesures "non discriminatoires et proportionnelles"

A l’approche du comité de concertation, des organisations des arts vivants ont adressé un courrier à l’attention des ministres. Leur demande : une reprise normale de leurs activités. Une reprise dont les conditions ont d'ailleurs été définies par le Commissariat corona, dans un plan nommé "Events". Comment ce plan a-t-il été accueilli par les secteurs concernés ?

Pour l'instant, le plan semble susciter quelques inquiétudes. C'est ce que nous confirme Patricia Santoro, porte-parole de l’ACC, Associations des Centres culturels de la Communauté française de Belgique.


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"Le plan se décline en trois phases, en fonction de la situation sanitaire. La situation actuelle est déjà dans la phase deux du plan, qui est déjà une situation préoccupante et qui ajoute des contraintes supplémentaires par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui", explique-t-elle.

Le projet fait donc réagir le secteur, qui s’oppose particulièrement à deux éléments : la limitation des jauges, ainsi que l’élargissement du Covid Safe Ticket.

Les jauges

Les jauges en chiffres absolus provoquent en effet de vives réactions au sein du monde culturel. Tout d’abord parce qu’elles ne seraient pas rentables. Mais aussi parce que le pays a désormais dépassé l’objectif qui était demandé en termes de vaccination.

"Avant l’été, on nous avait dit qu’il était important d’atteindre 80% de vaccination chez les adultes. Aujourd’hui, on a dépassé ce chiffre. Et la promesse était que si on atteignait ce chiffre, on pouvait reprendre en toute sécurité à 100%. C’est également pour ça qu’on a organisé toute une série d’événements tests au printemps dernier et qui ont confirmé toutes les études qui avaient déjà été réalisées précédemment au niveau international", insiste Patricia Santoro.


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Certes, le secteur culturel demande une reprise à 100% de ses capacités, mais il n’ignore pas la situation sanitaire. "Ce qu’on demande évidemment, ce n’est pas de reprendre n’importe comment en fonction de l’évolution de la crise, mais simplement que les mesures soient non discriminatoires et proportionnelles."

Le Covid Safe Ticket

Deuxième point d’accroche, le fameux Covid Safe Ticket. Le secteur plaide pour qu’il ne soit utilisé qu’en cas de dernier recours. Et cela pour plusieurs raisons. La première est sanitaire : comme dit précédemment, l’objectif de taux de vaccination a été atteint.

"Il y a aussi une raison tout simplement logistique. Tous nos opérateurs ne sont pas forcément habitués à scanner des tickets. Il faut savoir qu’il y a plein d’endroits où on rentre simplement avec un ticket en papier, donc il n’est pas question de scanner quoi que ce soit et il n’est certainement pas question de scanner la carte d’identité des publics. On n’est donc pas habilités à faire ça."


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Patricia Santoro pointe également l’aspect éthique. "On ne veut pas d’une société qui contrôle. Ce sont des valeurs qui sont défendues par le secteur culturel."

Enfin, la porte-parole de l’ACC estime qu’il serait discriminatoire d’imposer le Covid Safe Ticket au secteur culturel. "Il est possible, par exemple, de se réunir sans masque en parlant, alors que nous, dans nos lieux, on est masqué, on ne parle pas, on regarde dans la même direction, par exemple quand il s’agit d’une représentation théâtrale. Donc, on ne comprendrait pas qu’on nous demande de le systématiser."

Quid des 12-18 ans ?

Si les publics enfants de moins de 12 ans sont déjà exemptés du Covid Safe Ticket dans le plan "Events", le secteur culturel souhaite élargir cette mesure aux 12-18 ans. "Cela pour toutes les raisons sanitaires qui ont déjà été évoquées sur le fait que les jeunes étaient moins impactés, d’une part. Mais aussi parce que c’est très important de pouvoir garder un accès à la culture pour tous. Les jeunes seront déjà en contact ensemble à l’école, donc il n’y a pas de raison qu’on ne continue pas à travailler avec des bulles classes, comme on appelle ça jusqu’à présent."

Taux de vaccination

Quant aux adultes, c’est le taux de vaccination qui leur permettra de lâcher du lest. Sept adultes sur dix devaient être vaccinés pour alléger les restrictions. Comme dit précédemment, nous y sommes d’un point de vue de moyenne nationale. Seule Bruxelles est à la traîne avec seulement 58% d’adultes vaccinés.

Pour autant, pas question pour le secteur culturel de faire une distinction entre Bruxelles et le reste du pays. "De toute manière, il faut savoir que les publics sont mobiles, et donc ça ne ferait que déplacer le problème. Je pense que ce serait exactement la même chose que le pass sanitaire en France, où les frontaliers viennent en Belgique pour éviter les mesures", insiste Patricia Santoro.


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"Ce que nous défendons, c’est un accès à la culture pour tous. Ce ne serait donc pas cohérent, par rapport aux valeurs qu’on défend, de cibler ou de discriminer certains publics."

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