Comité de concertation : de nouvelles mesures ce lundi dans l'enseignement, le secteur est en colère, la ministre Désir aussi

Ce vendredi après-midi, le Comité de concertation s’est réuni dès 15 heures pour adopter de nouvelles mesures pour lutter contre le coronavirus. Initialement prévu vendredi prochain, le 26 mars, il a été avancé d’une semaine en raison de l’évolution inquiétante des chiffres de l’épidémie. L’école était au centre des discussions.

Suite à cette réunion de trois heures, une solution de compromis a été prise. D'une part, les élèves en 5e et 6e primaire devront également porter un masque en classe à partir de ce lundi 22 mars. En Flandre, le port du masque pour les élèves avait déjà été décidé ce mercredi. 

D'autre part, l’objectif d’un retour en présentiel total pour l’enseignement au 19 avril, soit après le congé de Pâques, est maintenu. En revanche, la possibilité pour les élèves du 2e degré de l'enseignement secondaire de suivre tous les cours en présentiel, prévue initialement pour le 29 mars, est annulée.


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Afin que l'enseignement puisse retourner à 100% en présentiel, il faudra organiser une stratégie de testing, donc de screening constante, à la fois pour les élèves et les membres du personnel. Le commissariat Corona et les ministres de l'Enseignement seront en charge de l'organisation de ces mesures. 

Par ailleurs, c'est aux ministres de l'Enseignement qu'a renvoyé la balle le Premier ministre: ce lundi, ils devront donner des pistes de solution. Ces mesures devront être adoptées le plus rapidement possible, donc bien avant la reprise prévue pour le 19 avril.

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© rtbf

"Nos écoles sont un endroit où nos enfants attrapent le virus et risquent ensuite de le transmettre aux parents au sein du foyer", a déclaré le Premier ministre. Pendant toute la semaine, l'enseignement a été pointé du doigt à cause de la hausse des contaminations au sein des établissements. Ce vendredi matin, lors de la conférence de presse bihebdomadaire tenue par le Centre de crise et l’institut Sciensano, le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem affirmait que le hausse des contaminations concerne notamment les jeunes et les enfants âgés de 10 à 12 ans.

En dehors de l'école, en revanche, les jeunes âgés jusqu'à 18 ans, seront bel et bien autorisés à effectuer des activités à l'extérieur, à condition que ce soit dans un contexte organisé et sans nuitée.

Les réactions du monde de l'enseignement

Suite à ces annonces, les réactions ne se sont pas fait attendre: pour Etienne Michel, directeur du Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique (Segec), il faudrait permettre une vaccination prioritaire au sein de l'enseignement fondamental et spécialisé.

Roland Lahaye, de la CSC Enseignement, ne s'attendait pas à ce que l'école soit pointée du doigt. Il a mis l'accent sur la situation des enseignants, très particulière dans le contexte actuel. "Je comprends qu'on veuille garantir l'ouverture totale pour le 19 avril, mais il faut garantir une réouverture durable. Et on ne peut le garantir qu'avec un testing et des mesures dignes de ce nom"

Pour Julien Nicaise, administrateur délégué de Wallonie-Bruxelles Enseignement, intervenu sur notre plateau juste avant la conférence de presse tenue par le Premier ministre, il est difficile de prévoir des protocoles supplémentaires au sein des établissements, alors que les mesures mises en place sont déjà respectées.

Toujours avant les annonces, Joseph Thonon, de la CGSP Enseignement a également réagi : "Il s’agit d’un double discours qu’on ne comprends pas. D’une part, on répète sans cesse 'Il faut garder l’école' mais on ne fait rien pour protéger les gens. Ce n’est pas avec des mesurettes qu’on va améliorer la situation sanitaire. Il faut prendre des mesures beaucoup plus strictes. Les enseignants ont peur", a-t-il déclaré, pointant du doigt le fait que la vaccination au sein de l’enseignement spécialisé n’est toujours pas à l’ordre du jour. "C’est tout simplement scandaleux."

La ministre francophone de l'enseignement en colère également

Si elle ne s'est pas exprimée sur nos antennes, la ministre de l'Education en Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Désir, n'en reste pas moins énervée. Elle réclame que le personnel des écoles soit vacciné en priorité. Elle souligne également que s'il y a plus de cas positifs chez les plus jeunes, c'est parce qu'ils sont davantage testés. 

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