CHU Saint-Pierre : en unité Covid, 1 membre du personnel sur 8 infecté

CHU Saint-Pierre : en unité Covid, 1 membre du personnel sur 8 infecté
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CHU Saint-Pierre : en unité Covid, 1 membre du personnel sur 8 infecté - © Tous droits réservés

L’hôpital universitaire bruxellois, également centre de référence pour les maladies infectieuses, a testé 326 membres de son personnel, par tests PCR et tests sérologiques. Cette étude d’une durée de 6 mois vient de révéler ses premiers résultats préliminaires : dans les unités liées au COVID, un membre du personnel sur 8, soit 12,6% (41 personnes) s’est avéré positif.

2 premières phases

Au pic de l’épidémie de SARS-CoV-2, quelque 700 personnes travaillaient dans les unités COVID-19 (7 unités et 125 lits, réservés aux patients probables ou confirmés), aux Soins Intensifs COVID-19 (2 unités totalisant 33 lits) et aux Urgences. Toutes ont été invitées à participer sur base volontaire à une étude de 6 mois, pour détecter leur éventuelle infection et réaction immunitaire au virus SARS-COv-2. La présence ou non de symptômes n’était pas un critère. 6 sessions de tests PCR et sérologiques ont été prévues. Ce rapport préliminaire aborde les résultats obtenus lors des deux premières phases, au 1er jour de l’étude, et au 15e.

Plusieurs catégories de personnel

Au total, 532 travailleurs ont accepté de participer. Parmi eux, 85 médecins, 150 infirmières, 60 membres du personnel paramédical, 25 employés administratifs, 6 brancardiers et nettoyeurs. Entre le 15 avril et le 18 mai, 326 d’entre eux se sont présentés aux deux premières visites de tests. 17,1% ont rapporté des symptômes évoquant le Covid-19. Au total, 41 cas ont été confirmés par tests PCR et / ou test sérologique, soit un taux d’infection de 12,6%.

Ni le genre, ni l’âge, ni la fonction exercée (en contact direct ou non avec le patient) n’ont représenté un facteur de risque particulier. Charlotte Martin, infectiologue et première auteure de l’étude avec Isabel Montesinos : "L’étude nous montre que les gens qui entraient dans les chambres n’étaient pas plus infectés que les autres. Cela démontre que les mesures de protection ont été efficaces à ce niveau-là. Par contre, question : où s’est-on infecté ? Une hypothèse est que cela s’est passé entre membres du personnel, parce que l’on n’avait pas assez de masques pour que tout le monde dans l’hôpital porte un masque universel avant le 1er avril. On a fait toute la montée vers le pic sans masque universel dans l’hôpital."

Par contre, le test avait plus de risque d’être positif si la personne présentait un ou plusieurs symptômes, ou une comorbidité. La séroprévalence (présence d’anticorps) était 2,5 fois plus élevée (11 et 12% les jours 1 et jour 15) que chez les donneurs de sang belges durant la même période (4,3%).

Dans cette cohorte de personnes jeunes (âge moyen = 37 ans) et en bonne santé (11% de comorbidité), l’infection était dans la majorité des cas légère et sans fièvre. Il est intéressant de constater que 75% des participants ayant un test PCR positif étaient asymptomatiques.

Les auteurs de ce rapport préliminaire concluent qu’il est important de tester le personnel hospitalier à la fois sur la présence de l’infection (tests PCR) et d’anticorps (tests sérologiques), car dans cette étude, 62,5% des infections au SARS-CoV2 auraient été manquées si seuls des tests PCR avaient été réalisés.

 

 

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