"Calais se lève" pour continuer à distribuer des repas aux migrants au centre-ville

Depuis le 10 septembre, il est interdit de distribuer des repas au centre-ville
Depuis le 10 septembre, il est interdit de distribuer des repas au centre-ville - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

Quelque 250 militants d’associations et migrants, majoritairement originaires de la Corne de l’Afrique, ont manifesté samedi à Calais (nord de la France) sous la pluie pour dénoncer les conditions de vie de ces derniers et l’interdiction de leur distribuer des repas dans le centre-ville, a constaté un correspondant de l’AFP.

Intitulée "Calais se lève", cette manifestation à l’appel de 70 associations caritatives a démarré par une collecte de vêtements près du centre hospitalier et du camp du Virval où sont installés environ 700 migrants, avant de se diriger vers le centre-ville.

Ils dénoncent l’interdiction de distribuer des repas en centre-ville

Sur une banderole en tête de cortège était écrit "libre circulation, no borders" et dessinés des barbelés. Suivis par de nombreux véhicules de police, les manifestants ont gagné dans le calme l’hôtel de ville de Calais.

Les manifestants dénoncent les conditions de vie des migrants à l’approche de l’hiver et l’interdiction de distribuer des repas en centre-ville imposée par arrêté préfectoral depuis le 10 septembre aux associations non mandatées par l’Etat.

Des conditions de vie dégradantes et inhumaines

Vendredi, le juge des référés du Conseil d’Etat, saisi par des associations de défense des migrants, a refusé de suspendre en urgence cet arrêté, notant qu’il ne concernait qu’un périmètre précis et n’empêchait pas les associations de remplir leurs missions ailleurs.

Les services de l’État justifient cette interdiction par des troubles à l’ordre public et le fait que ces distributions ne permettraient pas le bon respect des mesures de distanciation sociale. Ils soulignent que l’association La Vie active, mandatée par l’Etat, pourvoit aux besoins en eau et nourriture des migrants.

Jeudi, Claire Hédon, la Défenseure des droits en France, avait dénoncé les conditions de vie "dégradantes et inhumaines" des migrants à Calais.

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