Briser le tabou sur le port du masque chez les enfants ? Il présente plus d'inconvénients que d'avantages, répond Caroline Désir

Rentrée ce lundi après des vacances de Toussaint prolongées. Si le port du masque n’est pas recommandé par les experts du Risk assessment group, certaines voix dissonantes se font entendre car l’école est aussi un lieu de transmission. Les études à ce propos se multiplient.

L’une d’entre elles est menée depuis le 23 septembre par Christelle Meuris et ses équipes. L’infectiologue au CHU de Liège suit 65 enfants de l’école communale du Sart-Tilman à Liège ainsi que les parents et le personnel qui étaient d’accord de se prêter à l’expérience. Ils doivent se gargariser la bouche une fois par semaine avant de cracher dans un petit pot pour vérifier s’ils ne sont pas infectés au Covid 19.

Il est possible que des enfants aient été contaminés à l’école

Les premiers résultats montrent qu’au bout de plusieurs semaines, il y a trois types de profils chez les enfants :

  • Ceux qui sont négatifs au Covid 19 et ce, même s’il y a des cas positifs autour d’eux car ils ont respecté les règles d’isolement quand il y avait un cas positif chez eux
  • Ceux qui sont positifs à cause d’une personne infectée chez eux
  • Ceux qui sont positifs de manière isolée dans leur foyer. "On peut donc suspecter une contamination à l’école", interroge Christelle Meuris.

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"J’ai eu le cas, en particulier, de deux enfants dans la même classe qui se sont positivés de manière isolée (ndlr : sans qu’un des membres de leur famille ne soit positif au Covid-19) après un contact en classe avec un autre enfant qui, lui-même, était positif en même temps que sa famille."

Les enfants ne sont pas le moteur principal de la propagation de l’épidémie mais ils y participent

La conclusion de l’infectiologue est nuancée. "Les enfants ne sont pas le moteur principal de la propagation de l’épidémie mais ils y participent comme tout un chacun. Et quand les choses s’emballent, elles s’emballent aussi à l’école. Donc, même si on estime que les enfants sont moins contagieux, avec le fait d’être dans une collectivité, on ne peut pas dire que la contagiosité est nulle."

L’étude se poursuit encore jusqu’à Noël et même plus tard pour essayer de tracer les liens épidémiologiques. "Ce qui est important, c’est de savoir que ça existe et donc d’être vigilant en particulier dans les contacts intergénérationnels."

Pas opposée au port du masque à l’école

L’infectiologue estime d’ailleurs qu’il faut briser le tabou autour du masque chez les enfants. "Je ne suis pas farouchement opposée au port du masque à l’école", dit-elle. L’expérience de l’infectiologue ne montrant pas que les enfants de moins de 12 ans en font mauvais usage.

Elle insiste en particulier sur le port du masque lors des contacts avec les grands-parents. "Si un enfant va voir ses grands-parents, l’idéal est que, l’un comme l’autre portent un masque pour que même les asymptomatiques ne puissent propager le virus." Autre point important : si un enfant a des symptômes, ce n’est pas le moment d’aller voir ses grands-parents.

Cet avis sur le port du masque diffère de celui mis en évidence par le groupe d’experts du RAG, le Risk assessment group, qui lui, ne recommande pas le port du masque chez les enfants de moins de 12 ans. "L’efficacité du port du masque par ces tranches d’âge n’est pas démontrée", réagissait également ce samedi Pierre Smeesters, chef du service pédiatrie de l’Hôpital Reine Fabiola et infectiologue.

Le masque chez l’enfant présente plus d’inconvénients que d’avantages

La circulaire qui définit le protocole du code rouge d’application dans les écoles ce lundi ne prévoit d’ailleurs pas le port du masque en primaire. C’est ce qu’a rappelé Caroline Désir, ministre de l’Education dans notre JT de 19h30. "Le Risk assessment group s’est penché spécifiquement sur cette question du port du masque pour les 6-12 ans dans un avis du 10 novembre. Ils concluent sur le fait que ça présente plus d’inconvénients que d’avantages parce qu’on sait que les enfants vont mal le porter, le toucher etc."

Quant aux résultats des études qui montrent que le virus circule dans les écoles, ils n’entrent pas en contradiction avec ce que disent les experts du Risk Assessment Group qui conseille la ministre dans ses décisions.

"Les experts sanitaires qui sont nos interlocuteurs depuis le début n’ont jamais prétendu que les enfants ne pouvaient pas être contaminés mais c’est vrai que depuis le début, ils nous disent qu’ils sont souvent moins malades et sans doute moins transmetteurs. C’est ce qu’on a retrouvé dans les chiffres qui nous ont accompagnés depuis la rentrée scolaire. On voit que les enfants du maternel et du primaire sont moins atteints que ceux du secondaire par exemple."

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