Allergiques et asthmatiques ne sont pas à risque pour le Covid-19 mais doivent contrôler leur maladie

Même si les derniers chiffres montrent une tendance à la baisse, le Covid-19 est encore bien présent en Belgique. La pandémie s’est tellement bien installée dans nos vies qu’elle n’a pas laissé d’autres virus se développer, comme celui de la grippe saisonnière. On ne peut pas en dire autant des allergies. Bien sûr, elles ne sont pas provoquées par des virus mais leurs symptômes pourraient prêter à confusion. Covid-19, grippe, allergies… Quelques explications qui rassureront certains : allergiques et asthmatiques ne sont pas à risque pour le Covid-19

Les concentrations de pollen d’aulne et de noisetier dans l’air sont en hausse depuis quelques jours comme le précise Siensano sur son site internet. Une hausse plus tardive que les années précédentes en raison des dernières pluies qui ont empêché la dispersion des pollens et de la vague de froid consécutive.

"Lors du week-end de la Saint-Valentin, les concentrations en pollen d’aulne et de noisetier ont significativement augmenté, avec consécutivement 24, 35 et 44 grains/m³ mesurés respectivement du vendredi 12 février au dimanche 14 février", selon le responsable du réseau de surveillance des pollens (aérobiologie), Nicolas Bruffaerts.

Les allergiques ne sont pas à risque pour le Covid-19

Les symptômes des allergies aux pollens varient et peuvent aller des picotements dans la gorge, dans le nez, la bouche ou les yeux à l’écoulement nasal, en passant par l’asthme dans les cas les plus graves, comme le précise notamment la Fondation américaine pour l’asthme et l’allergie.

L’année passée, au début de l’explosion des cas de Covid-19 en Belgique, nombreuses furent les personnes allergiques à appeler leur médecin généraliste ou allergologue, inquiétées par les symptômes qu’elles présentaient. Étaient-ce seulement des allergies ? La grippe ? Le Covid-19 ? Une angoisse compréhensible dans la mesure où les informations disponibles et fiables sur le SARS-Cov-2 étaient balbutiantes. A cela s’ajoute que le nombre de personnes allergiques est en hausse, les allergies figurant désormais dans le top 3 des maladies chroniques chez les femmes en Belgique ; le top 4 pour les hommes.

Un an plus tard, les symptômes du Covid-19 sont mieux connus même si cette connaissance s’affine de jour en jour. Les allergiques ont eux aussi vécu un an de pandémie et ils évaluent mieux la situation, un autodiagnostic qu’ils confrontent sans doute de manière moins angoissée à l’expertise de leur médecin de référence.

Pas de fièvre ni de douleurs musculaires en cas d’allergies

"Les deux critères symptomatiques qui différencient allergies et Covid-19 sont la fièvre et les douleurs musculaires, deux symptômes qui n’entrent pas en ligne de compte pour les allergies", précise le spécialiste en aérobiologie de Sciensano Nicolas Bruffaerts.

Les symptômes du Covid-19 sont connus : fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, fatigue, maux de gorge, écoulement nasal, perte du goût et de l’odorat et difficultés respiratoires… tous ces symptômes ne cohabitant pas nécessairement. Ils se développent avec plus ou moins d'intensité mais les maux de tête du patient atteint de Covid-19 peuvent être violents et persistants et l'état général pénible. Parallèlement, les personnes asymptomatiques sont nombreuses. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le virus est sournois.

Un allergène n’est pas un virus

Une importante différence aussi réside dans le fait que le Covid-19 est provoqué par un virus, le SARS-CoV-2, qui peut sommeiller dans le corps humain jusqu’à deux semaines (période d’incubation de 1 à 14 jours) avant de se réveiller et engendrer la maladie.

Les allergies, elles, ne sont pas provoquées par un virus mais par une substance, un allergène, vis-à-vis de laquelle le corps réagit, ainsi les pollens d’aulne et de noisetier pour citer ces exemples. Les allergies se manifesteront tant que l’allergène est présent, autrement dit dans ce cas-ci tant que les pollens seront présents dans l’air.

Et l’asthme dans tout ça ?

Il reste le cas de l’asthme qui peut constituer une forme sévère d’allergie. Il s’agit d’une inflammation plus ou moins grave des voies respiratoires, des bronches et des bronchioles (petites bronches). "L’asthme présente trois caractéristiques principales", précise Emmanuelle Schneider, pneumo allergologue à l’hôpital Tivoli à La Louvière. "Il s’agit d’une maladie chronique, inflammatoire et réversible. Chronique parce qu’un asthmatique le restera même si les crises sont espacées ou s’il contrôle son asthme. Inflammatoire car la maladie provoque une inflammation des bronches et bronchioles (conduits apportant l’oxygène de l’extérieur ndlr). Réversible parce que les symptômes cessent avec les traitements", comme les inhalateurs qui ouvrent les voies respiratoires.

Contrôler la maladie

Indépendamment du Covid-19, les crises d’asthme peuvent être dangereuses. Il est donc essentiel de contrôler la maladie pour empêcher l’emballement inflammatoire.

La question suivante semble logique : les personnes souffrant d’asthme, autrement dit d’une maladie respiratoire inflammatoire, sont-elles considérées à risque si elles attrapent le Covid-19 dont on sait que les difficultés respiratoires constituent l’un des symptômes majeurs ?

La réponse est non. Les allergiques et les asthmatiques ne sont plus considérés à risque comme ce fut le cas au début de la pandémie. Selon Emmanuelle Shneider, "un asthmatique en pleine crise sera soulagé par la prise de médicament de type Ventolin ; ce même médicament n’aura aucun effet sur un patient Covid atteint d’une pneumonie." 

Valérie Hox, ORL aux cliniques universitaires Saint-Luc ne dit pas autre chose : "Les allergies s’estompent ou disparaissent avec la prise d’antihistaminique. Le patient doit se sentir mieux dans l’heure." Si c’est le cas, on n’est pas dans une situation de Covid ou de pneumonie pour lesquels les antiallergiques n’ont pas d’effet.

L’arsenal thérapeutique pour lutter contre le Covid a évolué

Bref, on ne parle pas de la même chose. L’asthme affecte les bronches et bronchioles ; la pneumonie plutôt les alvéoles pulmonaires, ces petits sacs où se déroulent les échanges gazeux avec le sang. De surcroît, la pneumonie est provoquée par un virus ou une bactérie, pas l’asthme. On a donc affaire à deux maladies à l’origine, aux symptômes et au traitement différents.

L’année passée, le Covid-19 a fait exploser le nombre de cas de pneumonies alvéolaires ; une explosion de cas "cataclysmique". Mais "en un an, la connaissance du Covid a évolué et l’on donne désormais, dans l’arsenal thérapeutique existant, la dexamethasone, une variété de cortisone, ce qui va à l’encontre de tout ce que l’on pratiquait jusque-là", ajoute encore Emmanuelle Schneider.

On retiendra par ailleurs l’une des conséquences inattendues de la pandémie : le port du masque a fait baisser les réactions allergiques aux pollens. C’est peu de chose. Mais c’est déjà ça.

JT du 17/02/2021 - Allergie au pollen et au Covid-19 : ne pas confondre les symptômes

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK