25.014 morts du coronavirus en Belgique : la vaccination éclaire le bout du tunnel

Tous les indicateurs liés au Covid-19 sont désormais au vert. Les nouvelles contaminations, les hospitalisations, les décès diminuent laissant entrevoir un retour à une vie plus détendue, plus sociale, plus "normale". Cette évolution a été dynamisée par la vaccination : une personne sur deux a désormais reçu une dose de vaccin, une sur quatre est complètement vaccinée et 4,5 millions de doses seront livrées en juin, de quoi poursuivre ce travail titanesque.

Malgré ces nouvelles encourageantes, la Belgique déplore 25.014 morts du coronavirus et autant de familles endeuillées, depuis ce samedi. Nous vous proposons une analyse de cette réalité chiffrée.

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Le Covid-19 est devenu la troisième cause de mortalité en Belgique, derrière les maladies cardiovasculaires et les cancers. © Damien Hendrichs – RTBF, source STATBEL

3,5 millions de morts dans le monde

Avec 25.014 morts, le Covid-19 est devenu la troisième cause de mortalité en Belgique, derrière les maladies cardiovasculaires et les cancers. Elle est même la deuxième cause si tous les types de cancers sont comptabilisés ensemble.


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Cette maladie à coronavirus s’est brusquement développée, non seulement en Belgique mais sur toute la planète avec 3,51 millions de morts dans le monde. En chiffres absolus, le pays le plus touché sont les Etats-Unis avec plus de 596.534 morts, suivi par le Brésil avec 465.199 décès (en date du 3 juin 21).

Au sein de l’Union européenne, c’est le Royaume-Uni qui détient la première place peu enviée avec quasiment 128.075 décès. L’Italie vers laquelle tous les yeux étaient tournés début 2020, totalise 126.342 morts.

Les chiffres donnent raison à la Belgique

La Belgique occupe la 26e place de ce classement mondial, avec ses 25.014 décès (49,5% de femmes, 50,4% d’hommes). Proportionnellement à leur population, La Belgique, le Brésil et l’Italie arrivent en tête, comme le relève l’Université Johns Hopkins. Ce résultat peu enviable cache une autre réalité : la manière dont les morts du coronavirus sont comptabilisés par chaque pays. Et sur ce terrain-là, la Belgique a vu juste.


►►► Pour compléter : Les graphiques qui montrent que la Belgique a bien compté les décès liés au Covid-19


Au début de l’épidémie, les autorités belges ont fait le choix de compter tous les cas confirmés de Covid-19 mais également les cas suspects. Et cette approche s’est révélée être la plus proche de la réalité, ce que le New York Times a mis en évidence dans son édition du 27 avril dernier, en compilant les comparaisons entre surmortalité et décès officiellement liés au Covid-19 dans plusieurs pays.

La Belgique, la Suède et la Suisse ont ainsi dénombré le moins de décès supplémentaires inexpliqués en 2020, alors que la plupart des Etats ont sous-estimé la mortalité liée au Covid-19.

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Les trois vagues de la pandémie en Belgique (mars-avril 2020, novembre à mi-février 2021 et avril 2021). © Damien Hendrichs – RTBF, source STATBEL

25.014 morts en Belgique ce 4 juin, 3 vagues

Quand on analyse les données mises à jour par l’Institut de Santé publique Sciensano, deux courbes ressortent de manière évidente et la deuxième ne s’aplatit jamais réellement, remontant même à un moment… Jusqu’à quasiment disparaître aujourd’hui.

Ce graphique permet de visualiser les trois vagues de la pandémie en Belgique (mars-avril 2020, novembre à mi-février 2021 et avril 2021). On remarque par ailleurs une hausse des décès en août 2020 liée, celle-là, à la canicule.

La première vague a constitué un choc puissant : 9341 personnes ont perdu la vie en 11 semaines, entre le 16 mars et le 30 mai 2020, et le pic de 1980 morts en une semaine (entre le 6 et le 12 avril 2020) n’a jamais plus été atteint même si le coronavirus a encore engendré de trop nombreux décès.

Le pic de la deuxième vague s’est produit pendant le congé de Toussaint, avec 1435 morts comptabilisés en une semaine. 12.201 personnes sont passées de vie à trépas à cause du Covid-19 entre le 28 septembre 2020 et fin février 2021, soit sur 22 semaines. Cette deuxième vague n’a pas connu le pic de la première mais, in fine, a été bien plus longue (le double) et plus meurtrière.

L’effet positif de la vaccination

Et surtout, cette courbe ne s’est jamais réellement aplatie comme ce fut le cas après la première vague. Alors que les hôpitaux comptabilisaient 30 morts la première semaine de mars, le nombre est reparti à la hausse dès la semaine suivante avec 173 décès. Entre début mars et fin mai, 2484 personnes sont ainsi mortes du Covid-19.

La troisième vague n’a pas atteint les sommets des deux premières. Le principal élément d’explication est la vaccination commencée en janvier, certes avec des ratés les premières semaines, mais qui s’est imposée au fil des jours. En mai, 3 millions de doses de vaccin ont ainsi été administrées. 4,5 millions de doses seront par ailleurs disponibles d’ici à la fin juin, ce qui donnera un nouveau coup d’accélérateur à la campagne de vaccination.

Selon les dernières données disponibles sur le site de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (afmps), au total, 4.609.808 personnes ont reçu au moins une première dose de vaccin jusqu’au 1er juin dernier. Une personne sur quatre a par ailleurs reçu deux doses de vaccin. Et nos aînés, qui avaient fait les frais de la première vague, sont désormais majoritairement vaccinés et ont déserté les soins intensifs.

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Nombre de décès Covid-19 parmi les résidents des MR/MRS, par lieu de décès, en fonction des différentes périodes de l’épidémie (situation au 30 mai 2021). © Sciensano

Nos aînés ont payé un lourd tribut

Si aujourd’hui les séniors sont très largement vaccinés, ils ont payé un lourd tribut depuis le début de la pandémie : 12.532 personnes de plus de 85 ans sont mortes du coronavirus. C’est un peu moins de la moitié du total ! 7329 personnes avaient entre 75 et 84 ans… Le nombre va décroissant : 119 décès dans la tranche d’âge 25-44 ans et 12 décès chez les moins de 24 ans depuis le début de la pandémie.

12.811 résidents de maisons de repos (MR) sont par ailleurs morts du coronavirus entre le début de l’épidémie et le 30 mai dernier, selon le dernier rapport relatif à la surveillance en croit les données rassemblées et publiées par l’Institut de santé publique, Sciensano. 6076 sont morts lors de la première vague (78% en MR, 22% en hôpital) et 6225 lors de la deuxième (55% en MR et 45% en hôpital).

Ce nombre est en chute libre depuis mi-février (360 décès), avec toujours la même explication : la vaccination. Les personnes âgées ont été rapidement vaccinées compte tenu de leur fragilité face au SARS-CoV-2. Cette couverture vaccinale (89%) s’est traduite par une baisse significative des contaminations, des formes graves de la maladie et des décès. Lors de cette troisième vague, la moitié des décès ont lieu en hôpital, l’autre en MR.

L’espérance de vie en baisse

Toutes causes confondues, la Belgique a comptabilisé 127.134 décès en 2020, soit 18.000 de plus qu’en 2019. En d’autres termes, l’épidémie a engendré une surmortalité de 17% l’année passée, si l’on compare les chiffres de 2020 avec la moyenne quotidienne des décès entre 2016 et 2019.


►►► À lire : Avec le coronavirus, les Belges ont perdu de l’espérance de vie, et ce dans toutes les classes sociales


Il ressort que l’espérance de vie a chuté en Belgique alors qu’elle ne cessait de croître jusque-là. Selon Thierry Eggerickx, maître de recherches au FNRS et professeur en démographie à l’UCLouvain, "nous avons perdu un an d’espérance de vie en 2020. C’est énorme et inédit depuis la Seconde Guerre mondiale même si ce n’est pas exclusivement lié au coronavirus". Pour le démographe, il faut y voir les effets directs et indirects du Covid lors des première et deuxième vagues ainsi que de la canicule en août dernier.

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Répartition des décès depuis le début de la pandémie jusqu’au 28 mai, par province © Sciensano

Le Hainaut et la province d’Anvers les plus touchés

Le graphique ci-dessus reprend la répartition de personnes mortes à cause du Covid-19 depuis le début de la pandémie jusqu’au 26 mai dernier. En chiffres absolus, le Hainaut est particulièrement touché avec 3999 décès, suivi par la province d’Anvers et ses 3597 morts du coronavirus.

Le Brabant wallon comptabilise le moins de morts (495). Il est important de souligner que la province de décès n’équivaut pas à la province de résidence. Les provinces dotées de grands hôpitaux de référence peuvent ainsi afficher un nombre plus élevé de décès dus au Covid-19.


Cet article fait partie d’une série consacrée aux personnes mortes pendant la pandémie de Covid-19. Nous avons voulu expliquer les données chiffrées publiées par les sites de référence alors que la barre des 25.000 morts du coronavirus a été franchie ce samedi 5 juin. Au-delà des chiffres, nous vous proposons des témoignages et une immersion dans différents milieux professionnels particulièrement confrontés à la pandémie, parce que les chiffres ne sont pas que des chiffres et qu'ils renferment des histoires.

Samedi 5 juin 2021 :

Dimanche 6 juin :

Lundi 7 juin :

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