La transition énergétique est en marche

L’énergie est au cœur de nos sociétés. Elle est en train de changer: on passe de ressources fossiles et carbonées, comme le pétrole ou le charbon, à des énergies renouvelables produites par le vent ou le soleil.

Cette transition est un défi technique, économique et comportemental. Mais elle est d’ores et déjà bien engagée, tant au niveau des particuliers que des entreprises et des gestionnaires de réseaux électriques.

Beaucoup de personnes ont déjà installé des panneaux photovoltaïques sur leur toit.

La commune de Flobecq a lancé une expérience pilote, il y a 6 ans déjà: elle a permis à ses habitants de s’équiper, gratuitement, en levant des fonds via l’asbl "Collines sous le vent". Les installations sont remboursées par les certificats verts, càd les subventions publiques au solaire, et c’est l’asbl qui gère l’amortissement du parc photovoltaïque dans la commune.

Un parc bien étoffé: une maison sur trois est munie de panneaux solaires, et certains ménages sont quasiment auto-suffisants. La concentration de panneaux est telle à Flobecq, que le gestionnaire du réseau de distribution local, Ores, a dû renforcer ses installations. Il a profité de l’expérience pour tester des compteurs intelligents.

Le vent est une source d’énergie renouvelable aussi précieuse que le soleil.

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L’éolienne de Leuze en Hainaut fait la fierté de ses propiétaires : les habitants de la région. © Fr. Gilain

Une douzaine de coopératives se sont créées en Wallonie pour exploiter l'énergie offerte par le vent. Clef est la première à avoir acheté une éolienne qu’elle a installée à Leuze en Hainaut. Sa turbine fonctionne depuis 4 ans, elle produit l’électricité nécessaire à 1300 ménages. Cette énergie est vendue à des fournisseurs "verts". Et les comptes sont en boni: la coopérative verse des dividendes à ses 54O membres depuis 2013.

L’éolien, qu’il soit terrestre ou maritime, comme à Zeebruges, fournit 4% de l’électricité consommée en Belgique, contre 10% sur l’ensemble de l’Europe. C’est encore peu, mais cela nécessite déjà des adaptations sur le réseau électrique belge. Le gestionnaire, Elia, envisage des "micro-réseaux" dans les dix ans à venir.

Si les consommateurs particuliers s’engagent dans le renouvelable, les entreprises ne sont pas en reste.

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Les déchets alimentaires des grandes surfaces sont la matière première du site de Qévy © Fr. Gilain
Les déchets sont fermentés dans 3 cuves de biométhanisation qui produit assez de gaz pour faire tourner des moteurs de cogénération et produire de l’électricité et de la chaleur © Fr. Gilain

Les entreprises sont de plus en plus intéressées à produire elles-mêmes leur électricité et leur chaleur à partir de moteurs de cogénération. C’est le cas de la société Van Heede : une entreprise familiale , installée à Quévy notamment. Elle collecte des déchets alimentaires et les retraite pour en tirer du biogaz. C’est ce gaz, issu de la fermentation des déchets, qui fait tourner la cogénération et produit à la fois de l’électricité et de la chaleur, assez pour alimenter tout le site de Quévy. Et assez pour revendre aussi des électrons à des fournisseurs verts.

Beaucoup d'entreprises optent pour la cogénération.

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Ce producteur de tomates a opté pour une cogénération qu’il exploite en partenariat avec EDF Luminus © Fr. Gilain
Il y a 11 hectares de serres à chauffer sur le site © Fr. Gilain

Tom Vlaminck produit 7.000 tonnes de tomates par an à Deinze, il a 11 hectares de serres à chauffer, et a lui aussi installé un moteur de cogénération. Il n’a pas assez de déchets à valoriser, il s’alimente au réseau de gaz naturel pour faire tourner cette installation qui ressemble à un gros moteur de bateau. Il produit ainsi sa chaleur et son électricité : il utilise la chaleur pour ses tomates, mais il a trop d’électricité. Il revend ses surplus à EDF Luminus.

La société de production d’énergie est heureuse de lui racheter ces électrons pour équilibrer son portefeuille, càd arriver à fournir tous ses clients sans devoir rallumer des centrales. C’est un contrat win-win. EDF Luminus, comme ses concurrents d’ailleurs, développe de plus en plus ce type de partenariat avec des auto-producteurs.

Certaines entreprises industrielles consomment beaucoup d’énergie. Elles sont bien conscientes de la charge qu’elles représentent pour le réseau.

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Comme toutes les cimenteries, Obourg a besoin de beaucoup d’énergie. Mais elle accepte d’arrêter ses broyeurs, pour réduire sa consommation, quand la société Restore le lui demande. © Fr. Gilain
Dans la salle de contrôle, les opérateurs peuvent répondre à une demande d' "effacement" du réseau © Fr. Gilain

Depuis quelques années, certaines entreprises acceptent de jouer la flexibilité et d’ "effacer" une partie de leur demande: elles arrêtent certains outils pour réduire leur consommation quand le réseau l’exige. Contre rémunération bien sûr.

La société Restore regroupe ces industriels volontaires: telle la cimenterie d’Obourg, mais aussi Arcelor Mittal ou Sapy. Restore offre ainsi au gestionnaire de réseau, Elia, une réserve virtuelle de 450 MW: c’est l’équivalent d’une centrale nucléaire comme Doel 1 ou 2. Et elle pourrait regrouper aussi des consommateurs particuliers, comme cela se fait depuis longtemps aux Etats-Unis ou au Japon, mais pour y arriver, il faut déployer des compteurs intelligents, et la Belgique a pris du retard en la matière.

La centrale de Coo est un bel exemple de stockage énergétique

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La centrale de Coo stocke de l'énergie grâce à la technique de pompage-turbinage © Fr. Gilain
Les pompes qui permettent le stockage de l'énergie © Fr. Gilain

Les entreprises et les citoyens sont engagés dans la transition énergétique. Mais arrivera-t-on un jour à n’utiliser que des énergies 100% renouvelables ? Les spécialistes estiment que c’est possible. Mais à condition de prévoir des moyens de stockage, qui fourniront l’électricité quand le vent et le soleil font défaut.

Des techniques hydrauliques, comme la centrale de Coo, sont anciennes et répandues dans le monde. Le principe est simple, la centrale pompe de l’eau pour utiliser l’électricité quand elle est trop abondante, et elle relâche cette eau sur une turbine qui produit des électrons quand on en manque sur le réseau. Electrabel réfléchit à augmenter la capacité de cette centrale qui est précieuse pour combler l’intermittence du renouvelable.

Mais ces techniques hydrauliques sont insuffisantes, et les batteries de type Tesla conviennent pour les usages domestiques mais ne suffisent pas aux besoins industriels. Il faut donc poursuivre les recherches. Et même quand on aura des moyens de stockage plus importants, il faudra, selon les spécialistes, conserver des centrales au gaz pour assurer l’appoint en cas de pic de la consommation.

La transition énergétique est une affaire de long terme, mais c'est une belle opportunité pour tous ceux qui veulent d’une planète plus durable.

Ré-écoutez le reportage radio consacré à la transition énergétique :

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Implantation d'éoliennes en mer du Nord © Fr. Gilain
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