Racisme: une agence d'intérim sur cinq est susceptible de discriminer

L'emploi est un secteur où les discriminations raciales sont nombreuses. En 2014, le Centre interfédéral pour l'égalité des chances a ouvert près de 400 dossiers, soit une augmentation de 10% par rapport à l'année précédente. En tête des discriminations: le critère de l'origine du travailleur. Ce mercredi soir, le magazine télé Questions à la Une s'intéresse à cette question.

L'enquête commence à Genappe dans le Brabant wallon. Jacques Fourier a 33 ans et il est né au Cameroun. Arrivé en Belgique, il y a plus de 15 ans, il est diplômé en boucherie. L'année dernière, une agence d'intérim l'envoie dans un supermarché de Clabecq. A son troisième jour de travail, il apprend que le magasin ne veut plus de lui.

Jacques Fourier s'adresse alors au gérant du magasin qui lui répond que "c'est un groupe de clients qui foutent le bordel". Le gérant ajoute qu'il ne sait rien faire. Jacques Fourier va alors prévenir son syndicat qui bloquera l'entrée du magasin pendant plusieurs heures. Aujourd'hui, Jacques Fourier a retrouvé un job dans un autre supermarché. Un dossier est ouvert devant l'auditorat du travail de Nivelles.

La difficulté de rapporter la preuve

Les discriminations raciales sont souvent subtiles. D'où la difficulté de rapporter la preuve. "L'idéal, c'est d'avoir des traces écrites mais ce n'est pas toujours évident" pour Patrick Charlier, le co-directeur du Centre interfédéral pour l'égalité des chances. "On a eu des dossiers de discrimination raciale qui ont été démontrés par écrit et qui ont abouti à des condamnations en justice. Ce sont par exemple des historiques de mails" ajoute Patrick Charlier. Il y a aussi les témoignages ou encore des enregistrements qui peuvent faire présumer une forme de discrimination. Mais tous les dossiers n'aboutissent pas nécessairement à une condamnation en justice.  

Les agences d'intérim épinglées

L'année dernière, Federgon, la Fédération qui regroupe les employeurs du secteur de l'intérim, a mené une enquête au sein des agences d'intérim. Cette enquête a révélé qu'une agence d'intérim sur cinq est susceptible de discriminer si l'employeur le demande. "Nous savons que les demandes à caractère discriminatoire existent. Elles sont un fait et elles ont tendance à devenir plus subtiles" déclare Arnaud Le Grelle, le directeur Wallonie-Bruxelles de Federgon.

Qu'en est-il vraiment? Un candidat blanc a-t-il plus de chances d'obtenir un emploi qu'un candidat noir ou maghrébin? Réponse ce soir dans Questions à la Une. Le magazine a mené sa propre enquête. Trois candidats - un blanc, un noir, un maghrébin - vont se glisser dans la peau de demandeurs d'emploi.

Et vous pouvez également suivre l'émission en live via ce lien: http://bit.ly/1xHlLry

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