Un salaire mensuel de 4.000 à 20.000 euros: e-sportif, un métier d'avenir ?

Souvent décrié, l'e-sport est pourtant devenu un vrai business, qui génère énormément d'argent. En 2017, l'e-sport a généré un chiffre d'affaire de 600 millions d'euros. En 2019, on estime que ce montant atteindra le milliard d'euros. C'est sûr et certain, l'e-sport n'est plus une affaire de marginaux! Aujourd'hui, un tournoi de Counter Strike rassemble sans problèmes 20 000 personnes dans une salle de Cologne. Et pourtant, le prix est loin d'être abordable: 230 euros pour trois jours de compétition. Un prix semblable à celui d'un billet pour un festival de musique.

Forcément, cela intéresse les marques, qui veulent profiter de ce nouveau moyen de communication pour toucher les jeunes gamers, qui ont souvent fui la télévision. "Depuis deux-trois ans, de plus en plus de grands groupes comme Coca-Cola, Red Bull, Renault, Nestlé... investissent dans l'e-sport", explique Xavier Oswald, directeur marketing et stratégie de l'équipe e-sport Vitality. "Et cette tendance n'en est qu'à ses débuts", avance-t-il.

Attiré par leur passion du jeu, ou par les possibles gains, de plus en plus de jeunes se professionnalisent, ou tentent d'y arriver. Il faut dire qu'il y a de quoi rêver. Un e-sportif peut gagner plusieurs milliers d'euros par mois, sans compter les prize-money mis en jeu lors des compétitions. Markus Fjelden, qui fait partie de l'équipe belge Epsilon, touche un salaire mensuel de 4000 euros. "Je vis une vie vraiment spéciale, concède-t-il. Je joue aux jeux vidéos pour gagner ma vie. Beaucoup aimeraient être dans ma position". 

Pourtant, tout n'est pas rose dans ce monde de strass et manettes. E-sportif rime aussi avec insécurité. La pression est énorme sur les jeunes e-sportifs. Ce qui compte, ce sont leurs performances. "Tu dois faire des résultats et être bon jour après jour. Si tu réalises une mauvaise performance, tu peux rapidement être remplacé par quelqu'un de meilleur", explique Shaylin Alexander, lui-aussi membre de l'équipe Epsilon. "La descente peut être aussi rapide que l'ascension. Et plus on avance dans le temps, plus les investissements sont importants, donc l'aspect compétitif n'arrête pas d'augmenter", ajoute Samy Bessi, co-président d'Epsilon.

De plus, contrairement à ce qu'on pourrait croire, la carrière d'un e-sportif n'est pas plus longue que celle d'un sportif traditionnel. Elle est même plus courte en général. Alors que jouer au-delà de ses trente ans est une norme dans le football par exemple, un e-sportif dépasse rarement cette limite. Passé ce cap, les réflexes sont moins bons, le joueur a moins de dextérité et il est donc bien plus difficile de réaliser des performances. Bref, les places sont donc chères, et on ne les garde pas longtemps. 

Le reportage de Questions à la Une sur le milieu de l'e-sport est à découvrir en avant-première dès 11h ce dimanche 28 octobre sur Auvio ! 
 

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