Louis Michel: "Il y a quelque chose de vulgaire qui circule dans l'air européen"

Louis Michel
Louis Michel - © ERIC LALMAND - BELGA

Le parlement européen tenait sa session plénière à Strasbourg cette semaine. L’agenda était bien chargé avec des débats sur les réfugiés, le Brexit, le scandale Volkswagen, la fiscalité, l’espace Schengen et la Grèce.

Pour commenter cette actualité, l’équipe de La Semaine de l’Europe a invité Louis Michel, eurodéputé du groupe libéral et démocrate, ancien ministre belge des Affaires Étrangères, ancien commissaire européen.

La Grèce est priée de prendre des mesures pour renforcer le contrôle de ses frontières et enregistrer tous les étrangers qui accostent sur ses plages. Sans quoi, le pays sera suspendu de Schengen dans trois mois. Mais n’est-ce pas un peu trop facile de faire de la Grèce un bouc-émissaire parfait? "Un peu", réagit Louis Michel. "Je rappelle que si l’Union a un problème à ses frontières extérieures, c’est aux autorités de l’ensemble de l’espace Schengen qu’il appartient de venir en aide pour les contrôler. On peut aussi se poser la question si un Etat-membre qui n’arrive plus à contrôler une frontière extérieure de l’Union peut encore refuser l’assistance européenne. Ce n’est pas une perte de souveraineté. C’est un retour de souveraineté mais à l’échelle européenne."

C’est un peu à chaque fois le même problème

Mais aujourd’hui, Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, demande des gardes-frontières aux Etats-membres mais elle ne les obtient pas. "Nous devons agir. Mon groupe au Parlement européen a proposé de créer une force d’urgence pour les réfugiés en attendant que l’on révise durablement l’agence Frontex. C’est un peu à chaque fois le même problème : on connaît les réponses, on connaît les solutions, mais il y a toujours une sorte de réticence, une sorte de résistance par rapport aux moyens qu’il faudrait déployer."

Un manque de solidarité qui a conduit plusieurs Etats-membres à fermer temporairement leurs frontières. Certains ont même pris des mesures pour dissuader les réfugiés de venir chez eux. "Il y a quelque chose de vulgaire qui circule dans l’air européen. Tant qu’on ne prendra pas ce problème tous les Européens ensemble, on ne le réglera pas et on continuera à charrier des concepts assez nauséeux avec des déclarations à la limite. Parfois des attitudes, des mesures, sont prises totalement en contradiction avec les valeurs européennes".

Du Grexit au Brexit

L’autre grand dossier de la semaine, c’était la question du maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’Union Européenne. Le président du Conseil européen Donald Tusk a fait des propositions pour tenter de convaincre David Cameron de faire campagne pour le "oui" lors du référendum. Des propositions notamment pour réformer la libre circulation des Européens. "Je ne sais pas pour quelle raison on a des élégances aussi doucereuses pour Monsieur Cameron. La Grande-Bretagne n’est pas dans l’Euro, n’est pas dans l’Union bancaire, elle n’est pas dans la politique d’immigration et d’asile, pas dans la politique de défense et à peine dans le budget communautaire" s’emporte Louis Michel.

Mais il reste convaincu qu’il reste des Européens qui veulent plus d’intégration. "Il faut que l’on se compte et qu’on sache qui veut plus d’Europe et qui veut continuer à jouer de manière assez sordide les petits intérêts nationaux, les petites politicailleries nationales qui permettent de gagner des élections dans le déshonneur. En allant dans le sens de David Cameron, en prenant en otage l’intégration européenne, on peut obtenir des avancées d’intérêt national mais au détriment de ceux qui jouent le jeu complètement. C’est une sorte de tentation du pire, une sorte de tentation du vice."

Découvrez l’intégralité de l’interview de Louis Michel ce dimanche matin entre 8h30 et 09h00 dans La Semaine de l’Europe sur La Première.

Réécoutez l'interview complète de l'eurodéputé libéral belge Louis Michel dans La Semaine de l'Europe ci-dessous.

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