Lech Walesa, commis-voyageur d'une Poméranie à la recherche de capitaux

Lech Walesa ce mercredi, au palais des festivales de Cannes
Lech Walesa ce mercredi, au palais des festivales de Cannes - © Michel Gretry

Cette semaine, c'est le traditionnel "marché international des promoteurs immobiliers": c'est le rendez-vous annuel où les villes et les régions tentent de séduire les investisseurs, les développeurs, les bâtisseurs en tous genres. Cette année, les polonais ont eu recours à un "argument de vente" hors du commun. Ils ont demandé à Lech Walesa, ex-syndicaliste, ancien président nobélisé, de venir plaider la cause de sa terre d'origine, la Poméranie.

Il n'a rien perdu de son bagout

Il a pris de l'âge, il a pris du poids, et lorsque, sous les applaudissements de quelques compatriotes, il arrive dans le petit espace où il doit donner une demi-heure de conférence, il prend la pause devant une gigantesque photographie qui le monte, porté en triomphe par ses camarades des chantiers navals. Une dame lui demande alors s'il se reconnaît sur l'image: il rit.

Il n'a rien perdu de son bagout. Il commence par égrener quelques atouts économiques des programmes de relance industrielle ou de développement résidentiel. Mais rapidement le message devient plus politique. Il appelle la nouvelle génération à prendre son destin en main. Et à tourner le dos au populisme, à la démagogie, au nationalisme. "A s'engager par la démocratie, par la culture du débat, dans un avenir résolument européen: les libertés sans les responsabilités, c'est une impasse..."

Ce n'est sans doute pas le discours attendu par les officiels. Mais une icone reste une icone. Et, à l'issue de son intervention, les hommes d'affaires se précipitent pour le congratuler.

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