Vu d'Anvers: qui sont les têtes de liste pour les élections communales de 2018?

Sept têtes de liste à Anvers se disputent l'écharpe mayorale.
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Sept têtes de liste à Anvers se disputent l'écharpe mayorale. - © Tous droits réservés

Un peu moins de six mois avant les élections communales du 14 octobre, tous les partis politiques ont dévoilé leur tête de liste à Anvers. Qui sont-ils et quelles sont leurs ambitions ?

Bart De Wever : le favori

Historien de formation, Bart De Wever a laissé tomber son doctorat sur le mouvement nationaliste flamand de l’après-guerre pour se lancer en politique. Il a préféré écrire lui-même l’histoire plutôt que de l’analyser, et cela a porté ses fruits. En 2012, avec 37,7%, la "force du changement" de la N-VA a permis de mettre un terme à plus de 80 années de socialisme à Anvers.

Le plan de Bart De Wever visant à mettre en place une coalition de centre-droit avec le CD&V et l’Open Vld a fonctionné à Anvers et a ensuite été copié aux niveaux régional et fédéral. L’actuel bourgmestre se verrait d’ailleurs bien rempiler pour un second mandat avec la même équipe.

Même si les sondages donnent son parti largement gagnant avec un score proche de la barre symbolique des 30 %, Bart De Wever devra également compter sur un bon résultat de ses alliés s’il veut espérer conserver la majorité actuelle.

Wouter Van Besien : le challenger

Sociologue de formation actif dans les mouvements de jeunesse, Wouter Van Besien s’investit en 2001 dans Agalev (ancien nom de Groen). Il devient président du parti de 2009 à 2014 et occupe la présidence du district de Borgerhout entre 2010 et 2012.

Groen a terminé avec 7,9 %, juste derrière le PTB-PVDA, lors des élections communales de 2012. Six ans plus tard, ce parti fondé à Anvers a le vent en poupe : les sondages prévoient qu'il arrive en deuxième position.

Allié avec le sp.a et des candidats indépendants, Wouter Besien était l’un des initiateurs du front progressif pour faire face à la N-VA, appelé "Samen". Il en était d’ailleurs la tête de liste. Trois semaines après l’annonce, le projet a cependant volé en éclats.

Maintenant, le défi pour Wouter Van Besien est de concrétiser les sondages favorables en votes réels le 14 octobre. Il devra en tout cas faire mieux que son score de 2012 (3.311 voix) s’il veut pouvoir rivaliser avec le bourgmestre sortant.

Jinnih Beels : "le lapin blanc"

De père belge et de mère indienne, Jinnih Beels est arrivée en Belgique à l'âge de 6 ans. Licenciée en criminologie à la KU Leuven, elle a notamment travaillé à la police locale d’Anvers et a ensuite travaillé comme commissaire de la zone Malines-Willebroek.

Novice en politique, elle fait ses débuts lors du lancement de Samen. Les médias flamands la qualifient de "wit konijn" (lapin blanc) : le sp.a et Groen l’ont sortie de leur chapeau de magicien pour la placer en deuxième position sur la liste.

Après la séparation de Samen, elle a dû choisir entre Groen et le sp.a. Elle a opté pour le second choix. Elle a accepté de tirer la liste à condition de pouvoir rester indépendante. La candidate se démarque sur différents points par rapport à ses rivaux : c’est la seule femme, la seule personne d’origine étrangère et la seule indépendante en tête de liste.

Avec 6 indépendants sur une liste de 55 candidats, le sp.a joue la carte du renouveau. Le défi pour Jinnih Beels sera de montrer que, malgré son inexpérience en politique, elle a même de devenir la prochaine bourgmestre.

Kris Peeters : l’outsider

Issu de l’Unizo, l’Union des entrepreneurs flamands, Kris Peeters devient rapidement une figure de proue du CD&V. Ministre flamand, ministre-président de la Flandre, vice-premier ministre fédéral… il représente tour à tour le parti démocrate-chrétien dans des fonctions importantes.

Cette fois-ci, le parti l’appelle à la rescousse de la section anversoise. En septembre 2016, Philip Heylen (4813 voix de préférence en 2012), échevin de la Culture et de l’Économie, quitte le navire pour aller dans le privé. Marc Van Peel (3570 voix), deuxième homme fort du CD&V, annonce aussi qu’il prendra sa retraite politique à la fin de son actuel mandat d’échevin du Port.

Venant de Puurs, Kris Peeters est arrivé à Anvers en avril 2017 avec la mission de donner un fameux coup de pouce au parti. Pour lui, c’est "bourgmestre ou rien". S’il a la possibilité de créer une majorité alternative, il ne se privera pas. Reste à savoir si sa présence sur la liste suffira pour que le CD&V puisse conserver les cinq sièges que son parti avait réussi à avoir grâce au cartel avec le sp.a en 2012…

Peter Mertens : l’ambitieux

Président du PTB-PVDA depuis quinze ans, Peter Mertens était le quatrième candidat le plus populaire avec 8.976 voix de préférence en 2012. Le PTB a obtenu 8 % des voix et 4 conseillers communaux, devenant ainsi le quatrième parti.

Le parti d’extrême-gauche a peu de représentants au niveau local en Flandre, ils ne comptent des élus qu’à Anvers, Genk et Zelzate. Le seul niveau politique où le parti est au pouvoir (avec sp.a et Groen), c’est au district de Borgerhout. Il s’agit d’ailleurs du seul district (sur neuf) où la N-VA n’est pas au pouvoir. Une coalition que Peter Mertens aimerait recopier dans d’autres districts ou à la ville sur l’Escaut.

Ces derniers mois, des rumeurs couraient : Raoul Hedebouw pourrait déménager à Anvers pour renforcer la liste électorale sur place. Finalement, le 24 avril, le parti d’extrême-gauche a dévoilé sa liste et pas de trace du député fédéral. Ce sera bel et bien Peter Mertens qui mènera la liste. Il ne manque d’ailleurs pas d’ambition : il souhaite voir son parti arriver en troisième position.

Philippe De Backer : le remplaçant

Diplômé en biotechnologie, Philippe De Backer est originaire d’Ekeren. Il n’a jamais siégé au conseil communal d’Anvers. De 2008 à 2010, il était président des jeunes Open Vld. En 2011, il remplace Dirk Sterckx au Parlement européen, car ce dernier part à la pension. Lors des élections européennes de 2014, il est le premier suppléant de la liste libérale flamande et Karel De Gucht lui laisse sa place dans l’institution européenne.

En avril 2016, Annemie Turtelboom démissionne du gouvernement flamand à la suite de l’introduction d’une taxe sur l'électricité surnommée "Turteltaks". Bart Tommelein, qui était secrétaire d’État à la Lutte contre la fraude sociale, lui succède. À la suite de cette chaise musicale, la place de Bart Tommelein au fédéral était donc libre pour… Philippe De Backer.

Lors des dernières communales, Annemie Turtelboom tirait la liste des libéraux à Anvers. Cette fois-ci, c’est Philippe De Backer qui prend une nouvelle fois la relève. Son objectif est de faire mieux qu’il y a 6 ans quand l’Open Vld a obtenu 5,5 % des voix.

Filip Dewinter : le doyen

Né à Bruges, Filip Dewinter fait ses études à Anvers, le berceau du Vlaams Blok. Il est membre du parti d’extrême-droite depuis 1983.

Parmi toutes les têtes de liste, il est celui à avoir siégé le plus longtemps au conseil communal de la ville d’Anvers : il en est à son quatrième mandat, soit sa 24e année.

Il est la figure emblématique du Vlaams Belang à Anvers. Son jour de gloire était le 8 octobre 2006 quand il a obtenu 62.642 voix de préférence aux communales. À ce moment-là, un Anversois sur trois a voté pour le parti d’extrême-droite. Pour lutter contre ce raz-de-marée, le sp.a, l’Open Vld et le CD&V se sont mis en coalition.

Six ans plus tard, la N-VA a pompé la moitié des votes du Vlaams Belang et ce parti a chuté de 33,5% à 10,2 %. Cette année, le but de Filip Dewinter est de récupérer les voix perdues en 2012.


Les élections communales de 2018 approchent à grands pas. Pour mieux comprendre les enjeux de la campagne électorale à Anvers qui aura un impact certain sur les élections fédérales de 2019, retrouvez chaque vendredi "Vu d’Anvers", une chronique hebdomadaire sur la métropole flamande.

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