Vu d'Anvers: les nouveaux partis peuvent-ils influencer les résultats des communales?

Près de la moitié des partis aux élections communales se présentent pour la première fois, vont-ils changer la donne?
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Près de la moitié des partis aux élections communales se présentent pour la première fois, vont-ils changer la donne? - © Tous droits réservés

Treize partis se présentent aux élections communales à Anvers. En plus des traditionnels PTB, sp.a, Groen, CD&V, Open VLD, N-VA et Vlaams Belang, six autres partis ont déposé une liste de candidats pour la première fois. Qui sont-ils et vont-ils influencer le résultat des élections ?

Anvers est la ville par excellence où de nouveaux mouvements voient le jour. Agalev (maintenant Groen) et Vlaams Blok (devenu Vlaams Belang) ont sont des exemples. Et ce n’est pas un hasard, comme l’explique le professeur en sciences politiques Dave Sinardet : "Avec 55 sièges, Anvers est la commune belge qui compte le plus de conseillers communaux. Le pourcentage à atteindre pour avoir un élu est donc plus bas qu’ailleurs : entre 2,5 et 3 % par siège."

En 2006, 17 partis se sont présentés aux communales anversoises. Ensemble, les 11 nouveaux partis ont récolté 3,8% des voix. En 2012, seulement 5 nouveaux mouvements, bons pour 2% des voix.

À la recherche des voix allochtones

Dave Sinardet n’exclut pas que ces nouveaux concurrents puissent affaiblir un peu les partis de gauche. Deux listes (D-SA et Be.one) se concentrent sur la communauté allochtone, et plus spécifiquement musulmane. "Aux Pays-Bas, ce type de parti commence à fonctionner. Lors des dernières élections anversoises, PTB et Groen ont attiré pas mal de voix de cette communauté. Sp.a bénéficie toujours d’une plus mauvaise image, car il avait interdit le port du voile au guichet en 2006."

Entre D-SA et Be.one, Dave Sinardet donne plus de chances au premier. Le parti plaide pour une politique de centre-droit. "C’est peut-être une combinaison qui peut marcher chez certains entrepreneurs allochtones." Mais pas question pour autant de surestimer les chances de ce parti : des signes de faiblesse se font ressentir : D-SA n’a pas réussi à former une liste à Borgerhout, un district où la communauté marocaine est pourtant très représentée.

Un des absents de cette campagne est Islam, le parti qui a fait parler de lui dans les médias parce qu’il prône l’application de la sharia. Son dirigeant Redouane Ahrouch avait pourtant annoncé en mai dernier qu’il allait présenter une liste à Anvers dont une femme serait à la tête. Au final, c’était de la poudre aux yeux.

Même si Dave Sinardet estime qu’il est difficile de pronostiquer le pourcentage pour ces élections, il ne pense pas que l’un des nouveaux venus va obtenir un siège : "Ce sera aux Anversois de s’exprimer." En attendant, retrouvez les 6 nouveaux partis qui ont, pour certains, un programme pour le moins original :

Geert Beullens, comédien, imite Bart De Wever depuis janvier 2017, il prétend être le "faux-bourgmestre". Dans son programme satirique, il souhaite l’indépendance d’Anvers et transformer la ville en un parc d’attractions. Le créateur de la liste hésite néanmoins encore sur la signification de l’abréviation : "Burger, Democratisch, Welzijn" (Citoyen, Démocrate, Bien-être) ou "Bier, Drug, Wijf" (Bière, Drogue, Meuf) ? Pour les élections, il s’est entouré de 19 personnes, dont certains "BV" (Flamands connus), comme le chanteur Marcel Vanthilt.

D-SA signifie "Democratish-Solidair Appèl" (Appel démocrate solidaire). Morad Ramachi mène la liste d’un parti qu’il qualifie de "centriste". Rachid Abourig pousse la liste. Il est connu pour ses films sur Youtube "Bear Grills van Antwaarpe" où il commentait les élections en 2014. La liste compte 37 candidats dont certains faisaient partie du sp.a ou de Groen dans les districts. Leur programme se focalise principalement sur la communauté musulmane et la diversité.

USE est synonyme de "United States of Europe" (États-Unis d’Europe). Ce parti n’est composé en réalité que d’un seul et unique candidat : Jan Lippens. En 2000 et 2006, il s’était déjà présenté seul aux Anversois sous le parti SEX. Il y a six ans, il s’était associé avec un autre candidat sur la liste HART. Jamais un parti de Jan Lippens n’aura franchi la barre des 1 % en trois participations. Pour l’anecdote, cet Anversois s’était aussi porté en vain candidat à la présidence du cdH en 2009 et en 2014. Cette fois-ci, il compte sur son programme européen pour espérer obtenir un siège au conseil anversois.

Au départ, il y a le Burgerraad (le Conseil des citoyens), un projet expérimental pour impliquer les citoyens dans le processus de décisions. Les Anversois se réunissent pour discuter des propositions politiques et simplifier l’accès à l’information. De là est venue l’idée de Burgerlijst (Liste des citoyens). Les maîtres mots de ce parti sont : transparence et participation citoyenne. Ils ne se concentrent pas sur le contenu, mais sur la manière de prendre des décisions en incluant le citoyen.

C’est le projet de Dyab Abou JahJah, personnage controversé et ancien fondateur de la Ligue arabe européenne. Dans le passé, il avait créé en 2003 les partis Resist et en 2004 le Parti démocratique musulman, deux échecs électoraux. Après dix ans passés au Liban, il est revenu en 2013 en Belgique. En février 2018, il fonde Be.One avec l'ex-sénatrice Groen Meryem Kaçar. Le parti défend une égalité radicale, il plaide entre autres pour des quotas dans l’administration, des tests anti-discrimination et pour la suppression de l’interdiction du voile dans l’enseignement.

Paars (Mauve) est le seul véritable cartel de ces élections communales : le Parti Pirates et Volt y ont uni leur force. Ils forment ainsi un mouvement politique qui se décrit comme "progressif et paneuropéen". Joris Van Vooren, 58 ans, tire la liste. Son âge contraste avec ceux des autres candidats dont la moyenne est de 34 ans. La participation citoyenne constitue l’un des points forts de leur programme. En 2012, le Parti Pirates s’était présenté seul, mais n’avait obtenu que 0,5 % des voix. 


Les élections communales de 2018 approchent à grands pas. Pour mieux comprendre les enjeux de la campagne électorale à Anvers qui aura un impact certain sur les élections fédérales de 2019, retrouvez chaque vendredi "Vu d’Anvers", une chronique hebdomadaire sur la métropole flamande.

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