Baromètre politique: alerte rouge pour le PS

Elio Di Rupo et Laurette Onkelinx
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Elio Di Rupo et Laurette Onkelinx - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

A quasi 3 mois, jour pour jour, du quadruple scrutin du 25 mai, notre baromètre politique RTBF/La Libre Belgique est de retour. Les partis ont quasi tous bouclé leur programme, les listes se finalisent. Avant la popularité des personnalités politiques dimanche et après les "Premiers ministrables" jeudi, voici les intentions de vote.

Tous les observateurs s’accordent au moins sur une chose en prévision du 25 mai prochain : le résultat de la N-VA va conditionner bien des choses. Notre baromètre politique RTBF/La Libre Belgique de février pointe la N-VA à 32,3% en Flandre. Une augmentation de 1,5% par rapport à notre sondage de novembre. Un progrès significatif s’il fallait comparer avec le résultat du dernier scrutin fédéral (28%). On connait la mantra de Bart De Wever : son parti doit réaliser 30% pour être incontournable. Le pari semble réussi. Notons, néanmoins, que ce sondage a été réalisé mi-février, quelques jours après le congrès N-VA à Anvers. 32,3%, un chiffre important. Loin des 40% des sondages précédant. Un chiffre qui peut sembler réaliste.

Derrière la parti jaune et noir, les partis de la majorité fédérale font le gros dos : le CD&V perd quelques plumes (-0,3%) à 17,6%, soit le même score qu’à l’élection fédérale de 2010. C’est en-dessous des 20%, un objectif que s’est publiquement donné le parti démocrate-chrétien. Le sp.a est le troisième parti de ce classement, en léger progrès (+0,3%), avec 14,6%. Soit 0,8% de moins qu’en 2010. Petit mieux également pour l’Open VLD (+0,4%) à 12,8%. Un score néanmoins (à nouveau) inférieur à celui de 2010. Les trois partis ensemble réalisent ensemble, selon notre baromètre, 45%. C’est moins qu’en 2010 (46,6%). Savez-vous qui a déclaré, récemment, qu’il n’était pas "nécessaire " de disposer d’une majorité flamand côté flamand, dans le futur gouvernement fédéral. Un certain Vincent Van Quickenborne, de l'Open VLD. Comme pour préparer à cette éventualité…

Le Vlaams Belang conserve quasi 10% d’intentions de vote (9,8%, -0,1%). Groen dévisse légèrement (7,3%, -0,7%), la Lijst Dedecker disparaît des radars, au profit, semblerait-il, de la N-VA et du PVDA+/PTB+. L’extrême-gauche flamande double quasiment son score par rapport au dernier baromètre (3,7%, +1,7%). Autre augmentation relativement significative : le parti pirate (1,4%, +0,9%).

Bruxelles

Dans les 19 communes, on observe un tassement généralisé des partis traditionnels, au profit de formations qui ne disposent pas (encore ?) de représentations parlementaires. Le MR reste un leader solide à 21,8%, malgré une perte de 0,8% d’intentions de vote. Le PS ne parvient plus à se hisser au-dessus des 20%, à 18,1%, en baisse de 2,7%. La cote d’alerte est atteinte pour le PS. Les socialistes vont devoir cravacher pour rester au contact des libéraux. Sous peine de perdre la main, au soir du 25 mai, et par conséquent, la ministre-présidence bruxelloise…

Notons que ce sondage a été réalisé avant le congrès du PS bruxellois, le week-end du 15-16 février.

Derrière les deux "grands" partis bruxellois, la lutte est acharnée pour le second accessit. cdH, FDF, Ecolo sont au coude-à-coude. Les démocrates-humanistes semblent légèrement se détacher à 12,5% (+0,3%). Alors que le FDF se contracte (10,4%, -1,4%) et qu’Ecolo lutte pour dépasser les 10% (10,1%, -0,5%).

Si on l’additionne les évolutions des cinq partis traditionnels, on constate un recul généralisé de 5,1%. A qui profite le crime ? Essentiellement au PTB-GO+ et au PP. Le parti d’extrême-gauche surfe sur une vague médiatique très positive depuis plusieurs semaines. Depuis novembre 2013 et notre dernier baromètre, le parti des travailleurs de Belgique progresse de 4,2%, à 6,5%. Le parti populaire, lui, ne dispose pas d’autant de place dans les médias mainstream, ce qui n’empêche pas la formation politique dirigée par Mischaël Modrikamen de progresser de 0,8% à 3%. Faites le compte : 4,2% d’augmentation pour le PTB + 0,8% pour le PP : ces 5% sont quasi semblables à la baisse des partis traditionnels.

Wallonie

37,6% : c’était le score du PS en Wallonie lors du dernier scrutin fédéral, en 2010. "Si des élections étaient organisées ce dimanche" (selon la formule consacrée), le PS ne récolterait que 28%, selon notre baromètre. C’est une baisse de 2,3%, par rapport à notre précédent sondage. Sur les cinq derniers baromètres, ce n’est que la deuxième fois que le PS passe sous les 30%. Là aussi, la cote d’alerte est atteinte pour le PS. Le poste de Premier ministre semble coûter cher...

Dans le même temps, le MR reprend du poil de la bête : après deux baromètres en baisse, les libéraux progressent de 2% à 24,1%. Une croissance à mettre en lien (?) avec la chute du cdH wallon, relégué à la 4e place, passant de 12,7% à 10,2%. Est-ce une retombé du calamiteux dossier de la dette wallonne, gérée par André Antoine ? Cette baisse permet en tout cas à Ecolo de récupérer la troisième place avec 10,6% d’intentions de vote, malgré une baisse de 0,6%.

Comme à Bruxelles, le paysage politique wallon se fragmente, au profit des petits partis, à gauche comme à droite. Et comme à Bruxelles, le PTB et le PP progressent de façon significative : 7,6% pour le PTB (+3,5%), 5,9% pour le PP (+1,9%). Ces deux partis franchissent donc allègrement le seuil électoral et se profilent pour faire une entrée fracassante dans les parlements belges.

Notons l’enracinement de "La Droite", autour des 3% (3,5%, +0,2%), ainsi que la présence de " Wallonie d’abord " avec 2,8% (-0,1%). L’addition de ces deux partis à la droite de la droite (de la droite), et du PP, représentent, selon notre baromètre, 12,2%. Un total inédit. Et si l’on tient compte, à gauche, du PTB-GO, c’est près d’un sondé sur cinq (19,8%) qui se dit prêt à voter pour un parti non représenté au niveau parlementaire.

En football, on parlerait d’un avertissement sans frais, pour les partis traditionnels. Et surtout pour le parti socialiste.

@Himad Messoudi

Ce sondage a été effectué par Internet, du jeudi 13 au lundi 17 février 2014, sur un échantillon strictement représentatif de 2.716 électeurs belges. Les enquêtes ont été réalisées dans chacune des 3 régions de Belgique: 909 en Flandre, 902 à Bruxelles (19 communes), 905 en Wallonie. La marge d’erreur maximale (c’est-à-dire pour des fréquences observées proches de 50%) est de ± 3,3 % sur les échantillons de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre et de ± 1,9% sur l’échantillon total.

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