Les budgets participatifs: la gestion communale (un peu) partagée

Des jeunes du village de Villers-la-Tour engagés dans la rénovation de leur local
2 images
Des jeunes du village de Villers-la-Tour engagés dans la rénovation de leur local - © Jean-Michel Guérin

Les élections communales et provinciales approchent. Un moment de citoyenneté important, avec des citoyens appelés à élire leurs représentants pour 6 ans à ces niveaux de pouvoir. Des initiatives existent toutefois pour prendre le pouls de la population en dehors de cette période électorale.

Consultation populaire, conseil consultatif ou interpellation citoyenne en sont des exemples. Autre outil : les budgets participatifs, qui servent à financer des projets soumis par les citoyens.

Chimay, notamment, y consacre chaque année 4 000 euros par village, 60 000 euros en tout. Aménagement d’une aire de jeux, installation d'une boite à livres, remise en état de sentiers, renouvellement de mobilier urbain, sécurisation de terrains de sports : en quelques années, environ cinquante projets émanant directement de la population chimacienne ont été ainsi (co)financés.

Des citoyens plus impliqués...

"Les jeunes de Villers-la-Tour voulait remettre ce local en état, se souvient Jean-Michel Guérin, senior originaire du village, en nous faisant visiter un ancien bâtiment situé au fond de la cour de l’école. J’ai trouvé que cette proposition de budget participatif était une belle occasion de concrétiser le projet. Nous avons donc introduit une demande, qui a été acceptée par les riverains et par les autorités communales".

La vieille bâtisse a donc été rénovée en plusieurs phases, pour accueillir les activités des ados principalement, parfois celles des ainés. Une façon aussi de créer du lien social dans un quartier.

"Tout à fait, c’est très important. Et puis les citoyens se sentent davantage écoutés", estime Jean-Michel Guérin, qui se montre très satisfait de cette formule de concertation.

 

...et mieux informés

Au sein de l’administration communale, Bénédicte Sâtre est responsable du suivi des dossiers de budget participatif. Et dès le départ, elle a senti un réel engouement.

"On a constaté que les gens avaient besoin de se rencontrer et de développer des projets ensemble. Mais ils manquaient de moyens pour les réaliser, explique-t-elle. Ça a donc directement suscité de l’engouement et de l’émulation au sein de la population car ça répondait vraiment à une attente".

Les citoyens intéressés doivent prendre presque tout en charge: du devis à la réalisation technique et administrative du projet.

"Ils reçoivent le budget, puis doivent se débrouiller pour toutes les démarches, détaille Bénédicte Sâtre. C’était un des objectifs : montrer aux citoyens que la gestion d’une commune n’est pas aisée, leur faire comprendre les différents rouages".

Des budgets participatifs qui rapprochent donc les citoyens entre eux, et aussi les citoyens et les élus. Aujourd'hui, la formule n’est pourtant active que dans 10% des communes wallonnes environ, et les budgets qui y sont consacrés restent souvent maigres.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK