« Si vous êtes ministre » : Willy Borsus, du MR

Dans Soir Première, Arnaud Ruyssen a décidé d’inviter chaque soir, pendant trois semaines, un candidat ou une candidate aux élections du 26 mai prochain. Chacun doit répondre à des interpellations très concrètes des acteurs de terrain. Ce jeudi, c’est Willy Borsus, Ministre-président de la Wallonie, qui a joué le jeu.

Nos armes entre de mauvaises mains ?

Son rôle au sein du gouvernement wallon a placé Willy Borsus en première ligne d’un débat qui a touché la région cette semaine : certaines armes vendues par la FN et la CMI, deux entreprises wallonnes, à l’Arabie Saoudite, seraient notamment utilisées lors du conflit au Yémen. Alors faut-il continuer de vendre des armes à des pays qui ne respectent pas les droits de l’Homme ? En réaction d’abord aux questionnements de ces derniers jours, Willy Borsus tient à éclaircir certains points. « Il y a deux notions à relever dans ce débat. La question d’abord de la création, ou non, de nouvelles licences de vente d’armes, là, c’est clair : avec l’Arabie Saoudite, cette suspension a déjà été décidée le 1er octobre dernier, la décision est prise. » Il n’y aura donc pas de nouveaux contrats. Mais qu’en est-il des licences déjà signées ? Là, l’enquête suit son cours… « J’ai immédiatement demandé une enquête approfondie par rapport aux éléments qui ont été publiés, pour valider les éléments diffusés dans les reportages. En ce qui concerne l’Arabie Saoudite, les informations données indiquent l’utilisation de certaines armes wallonnes en dehors de ce qui était prévu par les licences de vente. Tout ça nécessite effectivement une validation. J’ai demandé que ça aille très très vite. » Alors que mettre en place pour éviter ce genre de situation à l’avenir ? « J’ajoute que nous devons également agir au niveau international. La Région wallonne se situe dans un pays exportateur, mais nos grands voisins sont beaucoup plus largement concernés. Alors je souhaite une réponse européenne ! Si nous prenons des décisions au niveau wallon, elles auront une valeur symbolique forte. Mais si, après cela, les commandes sont déplacées en France ou au Royaume-Uni, on aura manqué l’objectif. »

Le Pacte d’excellence : oui, mais…

Du côté des institutions scolaires, certains s’inquiètent de l’avenir du Pacte d’excellence qui a été mis en place lors de la dernière législature. Sera-t-il maintenu ? Ou se dirige-t-on vers de nouveaux chantiers ? Si Willy Borsus est ministre, il affirme ne pas être de ceux qui détricotent systématiquement ce qui a été mis en place par leur prédécesseur. « Il faut savoir reconnaître que certaines choses que les ministres d’autres formations politiques ont mises en œuvre peuvent être très positives. » Mais il y a tout de même certains points qui devraient être remis sur la table des négociations dans ce pacte d’excellence, selon Willy Borsus. « Il faut revoir l’autonomie accordée aux écoles et aux directions. J’observe que cette autonomie est un élément majeur dans leur travail, et cette autonomie régresse, notamment à cause de certaines dispositions du Pacte d’excellence. » Et pour le tronc commun ? « Plus je vais sur le terrain des entreprises, plus je parle avec les jeunes, plus je suis convaincu que c’est une erreur fondamentale ! Les jeunes qui ont d’autres formes d’intelligences, qui sont plus orientés technique, manuel, etc. laissons-les s’orienter vers ces filières de formation où nous avons besoin de mains d’œuvre. Ne les maintenons pas artificiellement dans un tronc commun alors qu’on peut dispenser les savoirs de base tout en ayant une orientation plus précoce vers ces métiers. » Le tronc commun met pourtant en place des cours plus manuels pour tous les élèves jusqu’à 15 ans, mais cela offre la possibilité de spécialiser trop tard, pour le Ministre-président. « Pour donner le goût de ces filières, de ces métiers, c’est de plus en plus vers l’entreprise, avec du matériel d’entreprise que l’on doit tendre. Je suis désolé de voir à quel point l’enseignement technique et professionnel a été le mal aimé de cette réforme. »

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