Revue de presse : Maxime Prévot, le nouveau "Monsieur Non"?

Revue de presse: Maxime Prévot, le nouveau "Monsieur Non"?
Revue de presse: Maxime Prévot, le nouveau "Monsieur Non"? - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Dans la presse, ce matin, trois fois non. Non au gouvernement fédéral, non à Bruxelles et non en Wallonie. Ce sont les réponses du cdH et de Maxime Prévot, qui choisit l’opposition pour les cinq années à venir. Ce qui lui vaut un nouveau surnom dans Het Laatste Nieuws : "Monsieur Non".

Cela fait évidemment écho à Joelle Milquet, qui a dirigé le cdH par le passé et avait marqué les esprits en refusant de nombreuses réformes communautaires. Cette fois, Maxime Prévot ne dit pas non aux réformes, mais veut l’opposition, "pour mieux se réinventer", titre l’Echo. Mais pendant ce temps, ce sont surtout les libéraux qui se frottent les mains. La plupart des quotidiens le soulignent, le MR est mis en position de force par le retrait du cdH. Désormais, le PS n’a plus que trois options pour former une majorité en Wallonie. Deux incluent le MR.

Du coup, c’est Ecolo qui se retrouve en difficulté. Ils devront soit suivre le cdH dans l’opposition, soit accepter de faire partie d’une majorité avec le PS et le MR dans laquelle ils ne seraient pas mathématiquement nécessaires et donc peu utiles, insiste notamment La Libre. Ecolo est d’ailleurs critique et reproche au cdH de faire passer l’intérêt du parti avant tout.

Critiqué par certains, salué par d’autres

Le choix du cdH de se ranger dans l’opposition ne fait pas l’unanimité. Certains le critiquent, d’autres sont plutôt positifs à l’égard de Maxime Prévot. Pour Le Soir, ça dépend de la façon dont on définit la responsabilité. Pour certains, comme Ecolo par exemple, être responsable, "ce n’est pas se replier et laisser les autres se débrouiller". Être responsable, c’est "mouiller son maillot au nom de la démocratie, quitte à ravaler sa fierté et être le Petit poucet". Le cdH a une autre vision : la responsabilité, c’est écouter l’électeur. Et dans ce cas-ci, le parti a perdu un tiers de ses députés. C’est un signal fort que les citoyens ne veulent pas de cdH aux commandes.

Ce non, c’est un choix sage, estime La Libre. "Quémander un strapontin, ce serait donner l’image d’un parti qui s’accroche coûte que coûte au pouvoir". Mais le risque est grand, alerte l’Echo. Le cdH va dans l’opposition car entrer dans une majorité sans être nécessaire serait "politiquement suicidaire". Mais pour exister dans l’opposition, il faut une certaine radicalité, rappelle l’Echo. Or, ce n’est pas exactement le core business du cdH.

Côté flamand, le Laatste Nieuws est assez critique. "Pourquoi cette décision ?", se demande le quotidien flamand. Que signifie ce choix ? Ils ne le savent peut-être pas eux-mêmes, vu l’ambivalence de ces dernières années", attaque le Laatste Nieuws. Pour Le Soir, "l’histoire dira qui avait la bonne conception de la responsabilité. L’histoire dira si le cdH a contribué à enfoncer ou aider le pays, et à s’enfoncer ou s’aider lui-même".

Des pistes pour se réinventer

La Libre n’y va pas par quatre chemins. Cinq ans d’opposition ne suffiront pas en eux-mêmes, il faut une refonte totale du message. "Aujourd’hui, analyse La Libre, le parti se définit plus par ce qu’il n’est pas, ni de droite, ni de gauche, que par ce qu’il est". C’est là qu’il faudrait, selon certains, s’inspirer d’Emmanuel Macron. "Lui a bien compris que le centre doit se définir aussi par l’addition de valeurs", explique La Libre.

Pour l’Echo, la solution serait plutôt de mettre "fin au zigzag". Jusqu’ici, le cdH s’est allié tantôt avec la droite, tantôt avec la gauche, pour rester dans les majorités. Mais le cdH ferait peut-être bien, conclut l’Echo, "de se donner un cap et de s’empêcher d’en changer en fonction des circonstances".

Malgré tout, les éditorialistes insistent : rien n’est définitif en Belgique. On ne peut pas exclure que les autres partis viennent leur demander de participer à une majorité pour résoudre une éventuelle crise…
 

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