Les écoles cherchent toujours la réponse au harcèlement

Les écoles cherchent toujours la réponse au harcèlement
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Quel est l'ampleur du harcèlement scolaire chez nous ? Et comment y répondent les autorités publiques? Voilà l'objectif de ce "tout compte fait".

Qu'est-ce que le harcèlement ? 

Afin de mesurer le phénomène du harcèlement scolaire, il faut d'abord le définir. Beaucoup de spécialistes estiment qu'il faut retrouver trois éléments dans le harcèlement: l'intention de faire du tort à autrui, la répétition des faits, un déséquilibre de pouvoir entre les protagonistes. Mais cette définition est parfois remise en cause, entre autre la question de l'intention de nuire. Le chercheur de l'UCL Benoit Galand préfère définir le harcèlement comme "des actes négatifs délibérés répétés à l'égard d'une personne qui ne voit pas comment y mettre fin”. 

Selon une grande étude internationale, le harcèlement scolaire touche près de 28 % des jeunes occidentaux de 11 à 15  ans chaque année. 13 % comme victimes, 11 % comme auteurs et 4 % comme auteurs et victimes. Dans cette étude, la Belgique francophone semble particulièrement touchée par le phénomène. Nous sommes dans le trio de tête des pays les plus touchés. 

En se basant sur les mêmes protocoles, une autre étude internationale montre que le harcèlement scolaire est en augmentation.  

Mais ces enquêtes internationales ont leurs limites. La taille des échantillons, la nature des questions posées sont parfois problématiques. L'équipe du professeur Benoît Galand de l'UCL a mené une enquête plus approfondie entre 2011 et 2013 auprès de 6400 élèves de 6ème primaire à la troisième secondaire. Ils ont posé des questions plus précises aux enfants (As-tu été insulté? As-tu été frappé? Est-ce qu'on se moque de toi ? ). Les résultats confirment le chiffre d'un tiers des élèves impliqués dans le harcèlement scolaire. 

Mais le harcèlement n'existe que s’il y a répétition des actes. L'équipe de Benoit Galand a donc analysé les réponses des élèves. Ils ont repéré que près de 29% des élèves de sixième primaire peuvent être considérés comme victime de harcèlement. Un chiffre qui baisse en secondaire. L'étude montre aussi que le nombre de harceleurs est plus important chez les garçons et chez les élèves qui ont doublé.  

Quelles réponses en Wallonie et à Bruxelles ? 

Le harcèlement scolaire est devenu une préoccupation importante ces dernières années. Certaines écoles ont donc décidé de prendre des mesures spécifiques, souvent en associant les centres PMS, centres phsycho-médico sociaux. Mais d'autres établissements n'ont rien mis en place. 

En réalité, la politique en matière de prévention est un peu floue et hésitante. 

En 2015, le gouvernement de la Communauté française à mis en place un dispositif expérimental de : "prévention et de prise en charge du harcèlement, du cyber harcèlement, des violences visibles et invisibles et des discriminations au sein de l’établissement scolaire". 

Ce programme à été pensé et dirigé par l'Université de Mons, en particulier par le psychologue Bruno Humbeek.  Il prône par exemple les espaces régulés dans les cours de récréation (un zone pour les activités calmes, une autre zone pour le foot). Le programme plaide aussi pour la médiation entre pairs. C'est-à-dire la création au sein des classes d'espaces de médiation au sein desquels les élèves font appel à leur intelligence émotionnelle et collective. Le dispositif prévoit aussi la création d'un conseil de classe. 

103 écoles ont mis en place le dispositif complet, 211 l’ont fait de manière partielle...sur 2700 écoles en Communauté française. Mais son efficacité à été remise en cause par un rapport d’évaluation de l'UCL. Les chercheurs ont comparé les groupes-classes qui ont bénéficié du programme expérimental à un groupe témoin. Ils n'ont observé aucune amélioration. La stratégie idéale de lutte contre le harcèlement ne fait pas (encore) consensus au sein des spécialistes en Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Le gouvernement a aussi décidé de subsidier d'autres projets à une échelle moins importante. Un numéro vert "Ecole-Parent" destiné à informer les témoins et victimes de violences scolaires à été mis en place. Les équipes mobiles, qui peuvent intervenir dans les écoles en cas de situation de crise, ont été sensibilisées au harcèlement scolaire. Enfin, toutes les écoles vont devoir bientôt toutes se doter d'un plan de pilotage.

Mais, la Belgique francophone reste assez peu avancée en la matière. A la différence de la Finlande ou de l'Irlande, nous n'avons pas développé une stratégie globale, un programme généralisé, structuré et coordonné  de lutte et de prise en charge du harcèlement et le cyber-harcèlement dans les écoles. 

 

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