Premier tour de la primaire de la droite française: sur 7 candidats, il n'en restera que 2

"Plus il y aura de votants et plus j'ai de chances de gagner", a reconnu Alain Juppé.
"Plus il y aura de votants et plus j'ai de chances de gagner", a reconnu Alain Juppé. - © Tous droits réservés

En France, ce sont 10 288 bureaux de vote qui ouvrent en ce moment pour le premier tour de la primaire de la droite. A l'issue de cette primaire, le candidat de la droite à la présidentielle de mai 2017 sera désigné. 7 candidats sont en lice aujourd'hui, mais seuls le maire de Bordeaux, Alain Juppé, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy et l'ancien premier ministre Francois Fillon sont encore dans la course. Les électeurs ont 2 conditions à remplir pour pouvoir voter: payer 2 euros et signer une charte d'adhésion aux valeurs républicaines de la droite et du centre. Les bureaux de vote restent ouverts jusqu'à 19h ce soir.

Le suspense reste total. Pour Pierre Mathiot, politologue à Sciences-Po Lille, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sont les favoris. Mais Francois Fillon -le 3eme homme- et le contexte international, pourraient changer la donne.

Fillon, l’homme "capable de renverser la table"

Pour Pierre Mathiot, François Fillon pourrait créer la surprise. "Il ne faut pas écarter l’idée que François Fillon, n’ayant rien à perdre, surfe sur une image d’homme d’Etat qu’il a probablement par rapport à beaucoup d’autres, et je n’écarte pas non plus l’idée que, finalement, l’élection de Trump et le buzz que cela a fait en France ait un impact sur les électeurs. Et le fait de parler de Trump, Poutine, Erdogan, et donc d'une géopolitique très compliquée, suppose d’avoir un homme d’Etat qui peut renverser la table.  La question est de savoir si Juppé est cet homme-là. Il est, on le sait, le candidat préféré de gens qui sont plutôt de droite modérée. Ce n’est pas le candidat qu’ils souhaitent, mais c’est un candidat de raison. Tout ce qui se déroule actuellement est, à mon avis, contraire aux intérêts d’Alain Juppé."

Aux urnes citoyens de droite et du centre

Les 10 000 bureaux de vote ont ouvert à 08h00 et doivent fermer à 19h00 en France métropolitaine - l'outre-mer a commencé à voter samedi - pour ce scrutin serré, à l'enjeu déterminant. Face à une gauche en miettes, le vainqueur de cette primaire a de bonnes chances de remporter la présidentielle en 2017, a priori face à l'extrême droite, selon presque toutes les enquêtes d'opinion.

Pendant des mois, le maire de Bordeaux (sud-ouest), Alain Juppé, 71 ans, a fait la course en tête, surfant sur le rejet du président socialiste François Hollande mais aussi de son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy.

Soignant son image de rassembleur, il a mené bataille sur une ligne pondérée, refusant de "céder à la peur" ou de "dresser les élites contre le peuple", à l'heure où la crise migratoire et les attentats djihadistes nourrissent les discours populistes.

Nicolas Sarkozy, qui espérait créer un effet de souffle avec sa candidature, a remobilisé ses "fans" en se posant comme le "défenseur de la majorité silencieuse", avec un discours à droite toute sur l'autorité, l'immigration ou l'identité nationale.

Mais ses sorties sur les "ancêtres gaulois" des Français ou "la tyrannie des minorités" ont détourné les sympathisants de droite plus modérés et l'ont empêché d'élargir son socle électoral.

Fillon s'invite sur le podium

Trois débats télévisés entre les sept candidats, six hommes et une femme, ont permis à un troisième homme, François Fillon, qui fut le discret Premier ministre de Nicolas Sarkozy, de s'immiscer dans ce duel annoncé.

Ce féru de Formule 1, qui porte un projet très libéral sur le plan économique et conservateur sur les questions de société, a effectué une remontée fulgurante dans les sondages ces derniers jours.

La dernière enquête d'opinion, publiée vendredi soir à la clôture de la campagne, le donne même en tête du premier tour de la primaire avec 30% des intentions de vote, contre 29% à ses deux principaux rivaux.

Entre 2 et 4 millions de votants

Selon tous les commentateurs, tout dépendra du niveau de participation à cette première primaire de l'histoire de la droite française, estimé dans une fourchette large de deux à quatre millions de personnes.

Si...

Si les militants des Républicains sont les seuls à se déplacer, l'avantage ira à Nicolas Sarkozy.

Si les simples sympathisants, plus proches de la droite modérée ou du centre, viennent en nombre, c'est Alain Juppé qui prendra l'avantage. Il pourrait même compter sur les voix d'électeurs socialistes déterminés à faire barrage à Nicolas Sarkozy, dont le discours très marqué à droite et le style jugé "bling bling" suscitent un rejet massif à gauche.

"Plus il y aura de votants et plus j'ai de chances de gagner", a reconnu Alain Juppé.

Alors que la France est en état d'urgence depuis les attentats du 13 novembre 2015, qui avaient fait 130 morts à Paris et dans sa banlieue, le gouvernement a prévu "toutes les mesures nécessaires au bon déroulement" du scrutin, à commencer par des patrouilles près des bureaux de vote.

80 000 bénévoles pour empêcher toute tricherie

A l'intérieur, près de 80 000 bénévoles seront vigilants à empêcher toute tricherie. Après la défaite de 2012, le parti de droite s'était déchiré sur des soupçons de fraude lors de l'élection de son chef.

Les premiers résultats significatifs sont attendus vers 22h30.

En Nouvelle-Calédonie, archipel français d'Océanie, dans l'océan Pacifique, 48 bureaux étaient ouverts. La participation se situait entre 5 et 7% à Nouméa, la principale ville, selon la commission organisatrice, au-delà de ce qui était attendu.

Une fois les deux finalistes connus, s'engagera le processus de ralliement, tous les candidats ayant promis de faire connaître leur favori pour le second tour, prévu le dimanche suivant.

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