Élection présidentielle française: qui sont les 8 candidats à la primaire à droite?

Élection présidentielle française: qui sont les 8 candidats à la primaire à droite?
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Élection présidentielle française: qui sont les 8 candidats à la primaire à droite? - © MEHDI FEDOUACH - AFP

Les Français éliront leur futur président au printemps 2017 (les 23 avril et 7 mai). Pour la première fois à droite, le parti Les Républicains (ex-UMP) organise avec deux petites formations, le Parti chrétien-démocrate et le Centre national de indépendants et paysans, une primaire ouverte, officiellement nommée primaire de droite et du centre. Le MoDem de François Bayrou ne participe pas, ce dernier soutient Alain Juppé. L'UDI et son Alliance centriste ne prennent pas non plus part.

Tout électeur français peut voter, moyennant deux euros de frais par tour et la signature d'une charte de l'alternance défendant "les valeurs républicaines de la droite et du centre".

Les candidats doivent recueillir le parrainage de 250 élus, dont au moins 20 parlementaires, sur un minimum de 30 départements, et d'au moins 2500 adhérents en règle de cotisation. Ce pré-scrutin aura lieu en deux tours, les 20 et (si nécessaire) 27 novembre prochain. La date-butoir pour le dépôt des candidatures était le 9 septembre. La liste officielle sera validée le 21 septembre.

Huit candidats

Huit candidats sont déclarés, pour la plupart membres des Républicains : Copé, Fillon, Juppé, Sarkozy, mais aussi Kosciusko-Morizet, Le Maire, Mariton ou Poisson... 

Tous veulent supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), sortir des 35 heures, baisser les charges, relever l'âge légal de départ à la retraite, couper drastiquement dans les dépenses publiques (entre 85 et 110 milliards d'euros), remettre la TVA compétitivité (excepté Sarkozy), diminuer le nombre de fonctionnaires...

Tous ne sont pas aussi connus et ne partent pas avec autant de chances d'obtenir l'investiture, voici donc un 'Who's who' des candidats.

Jean-François Copé

La page des affaires tournée, 52 ans

L'ancien président de l'UMP se présente à la primaire à droite deux ans après sa démission dans l'affaire Bygmalion (un système de fausses factures cachant les dépenses excédentaires du candidat Sarkozy à l'élection présidentielle de 2012).

Jean-François Copé a été placé sous le statut de témoin assisté et a donc échappé à la mise en examen. Suite à cela, et après 18 mois de silence, le maire de Meaux a fait cette annonce à la télévision dès le 14 février, il l'a fait sur France 2 au moment où Sarkozy s'exprimait sur TF1...

Aujourd'hui, Jean-François Copé dit qu'il a changé, par rapport au temps des affaires, mais incarne toujours la "droite décomplexée". Il affiche les convergences de vues qu'il a avec Nicolas Sarkozy, ce qui confirme que sa candidature chasse sur ses terres...

François Fillon

Rupture et expérience, 62 ans

François Fillon qui avait déjà annoncé sa candidature en mai 2013 puis en avril 2015 dit porter un "projet de rupture et de progrès autour d'une ambition : faire de la France la première puissance européenne en dix ans".

L'ancien ministre de l'Ecologie et Premier ministre de Nicolas Sarkozy met en avant sa longue expérience. En 2012, une bataille de plusieurs mois pour la présidence de l'UMP l'avait opposé à Jean-François Copé, à qui il cède finalement le poste après avoir revendiqué comme lui la victoire... Un duel qui a conduit à la fondation des Républicains.

Chouchou des patrons, avec un programme parfois qualifié de "thatchérien", François Fillon a évoqué cette semaine à l'université d'été du Medef la "liberté". "Le projet que je propose est un projet de liberté et je veux que la liberté soit au cœur de l'élection présidentielle", a-t-il lancé. 

Il veut lui aussi une baisse des charges et "ramener le chômage à 7%".

Face à Sarkozy, il n'hésite pas à dégainer l'arme des embarras judiciaires : "Qui imagine le général De Gaulle être mis en examen ?", a-t-il lancé dans un meeting, ajoutant à RMC : "Si j'étais mis en examen, je ne serais pas candidat".

Il s'est engagé, comme Alain Juppé, à ne faire qu'un seul mandat s'il est élu président et arrive régulièrement à la quatrième place dans les sondages à la Primaire les Républicains.

Alain Juppé

Le favori, 71 ans

Le maire de Bordeaux est parti tôt dans la compétition, dès août 2014, alors que le principe de la primaire et ses règles n'étaient pas encore fixés.

Du coup, il a publié plus que les autres pour décliner son programme : trois livres, pour trois thématiques.

Alain Juppé promet de sortir la France du "marasme où elle stagne aujourd'hui". Prudent, il veut construire sa candidature, pour émerger en "champion" à la "légitimité suffisante" pour "rassembler dès le premier tour les forces de la droite et du centre autour d'un candidat capable d'affronter le Front National d'un côté et le PS ou ce qui en tiendra lieu de l'autre".

"Je sais ce que je vais faire et comment je vais le faire, je sais que c'est votre angoisse principale", vient d'affirmer le candidat Alain Juppé à l'université d'été du Medef, enfonçant le clou sur "l'identité heureuse". "Travaillons ensemble, faisons-nous confiance, c'est comme cela qu'on redonnera une espérance à notre pays !".

Alain Juppé a aussi en ligne de mire l'ambitieux objectif du retour au plein emploi. "Oublier le chômage pendant cette campagne électorale serait une erreur stratégique", explique le juppéiste Benoist Apparu. Sur la réforme du code de travail, "il faudra aller beaucoup plus loin que la loi El Khomri", dit aussi Alain Juppé.

Alain Juppé a mis en garde Sarkozy sur une baisse d'impôts : "Il faudra baisser les impôts, cela fait partie de mes priorités absolues. Mais attention à cette obsession des chocs qui parfois déstabilisent plus qu’ils ne réforment. Il faudra que ce plan soit ciblé et financé par des économies correspondantes".

Archi-favori dans les sondages (70% des proches des Républicains lui font confiance, d'après Harris Interactive le 31 août), régulièrement élu personnalité politique préférée des Français, il est soutenu par François Bayrou.

Nathalie Kosciusko-Morizet

Profession femme politique, 43 ans

L'ancienne candidate à la mairie de Paris et ministre de l'Écologie a choisi la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, pour se déclarer : "Il faut que les femmes soient représentées", avait-elle déclaré auparavant.

"Je suis candidate pour donner à chacun la maîtrise de sa vie" et "pour porter une conception complètement différente du pouvoir", ajoute-t-elle publiant aussi un livre programme le lendemain : "Nous avons changé de monde".

NKM veut donc "changer enfin la politique" et donner aux Français "la maîtrise de leur vie".

Bruno Le Maire

Réformateur de l'administration, 47 ans

Le dynamique député de l'Eure et ancien ministre de l'Agriculture a confirmé sa candidature à Vesoul le 23 février 2016, après un faux suspense : "Ma décision est forte, ma décision est inébranlable ! Oui, je suis candidat pour être président de la République", a-t-il déclaré sur scène.

Son livre sur sa vision de la France est intitulé "Ne vous résignez pas". 

Ce challenger promet de travailler vite, par "ordonnances" s'il arrivait au pouvoir. Il compte supprimer l'École nationale d'administration (ENA) qui forme les élites politiques françaises et dont il sort. Il entend la remplacer par une école d'application sur le modèle de l'École de guerre et ouverte aux fonctionnaires méritants après 10 années de service : "Nous entrons dans un monde nouveau : celui des entrepreneurs, de la créativité, de l'innovation". De ce fait, "la haute administration doit reprendre sa juste place", juge le député les Républicains.

Cet ex-candidat à la présidence de l'UMP a décroché assez de parrainages parlementaires et réussit à exister dans les sondages : il a fait jeu égal avec François Fillon, derrière Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. 

Hervé Mariton

Libéral et conservateur, 57 ans

"Je me présente, parce que je pense que l'intérêt de la France commande qu'un candidat libéral porte le projet d'une société ouverte, pour rendre aux personnes et à la société civile la maîtrise de leur destin", a annoncé le président du mouvement "Droit au Cœur" mi-septembre 2015.

Député de la Drôme, Hervé Mariton fait de ses origines rurales un atout. Son livre-programme "Le printemps des libertés" est sorti en mars et le présente comme candidat "libéral et conservateur" marqué par la "fermeté" et le "sérieux".

Parmi ses propositions fortes : l'impôt sur le revenu pour tous (une "flat tax" de 2% jusqu’à 10 000 euros par part et 15% au-delà, avec une part attribuée par enfant dès le premier enfant), le droit du sang à la place du droit du sol (mesure également défendue par Marine Le Pen et qu'il présente comme la réponse à "un monde ouvert et globalisé"), l'abrogation de la loi sur la solidarité et le renouvellement urbain et celle de la loi Taubira sur les couples de même sexe.

Il veut également de munir les demandeurs d'asile déboutés d'un bracelet électronique pour les empêcher de rester sur le territoire. Il propose un référendum sur le cannabis pour pénaliser les consommateurs et veut supprimer les logements sociaux. 

Hervé Mariton espère "être l'heureuse surprise de cette primaire".

Jean-Frédéric Poisson

Valeurs chrétiennes, 53 ans

Jean-Frédéric Poisson a annoncé sa candidature dans une interview à Valeurs Actuelles en septembre 2015. "Tout a changé depuis 2012, tout ! La reconduction des mêmes discours émanant des mêmes personnes produit les mêmes impasses! Les Français attendent autre chose".

A priori, le président du Parti chrétien-démocrate ne devait pas participer à la primaire des Républicains, vu qu'il peut être désigné par son parti.

Il prend cependant part à la course pour défendre ses valeurs chrétiennes et le retour à l'autorité : baisse du nombre d'avortements, retour du droit du sang, refus de la société multiculturelle, suppression du ministère de la Culture et abrogation du mariage gay. 

Nicolas Sarkozy

Le retour et la revanche, 61 ans

Mettant fin à un faux suspens le 22 août dernier, l'ancien président a annoncé sa candidature avec un tweet annonçant son livre-programme "Tout pour la France" qui sonne déjà comme son slogan.

On y retrouve tous ses thèmes de campagne : "vérité", "compétitivité", "autorité" et surtout "identité" dans le but de se démarquer du favori, Alain Juppé. Et aussi quelques propositions : suppression du compte pénibilité, rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires, exonération des droits de transmission, suppression de l'ISF, retraite à 64 ans en 2025, ou encore augmentation du temps de travail et de la présence des enseignants à l'école.

Côté impôts, Nicolas Sarkozy, est le seul à promettre d'emblée une baisse de 10% de l'impôt sur le revenu, un "contre-choc fiscal" dès l'été 2017.

Entré en campagne il y a une semaine, l'ancien chef de l’État et ses soutiens mettent à son crédit sa gestion de la crise financière de 2008.

Outre la rivalité d'Alain Juppé, l'ancien président devra affronter des obstacles judiciaires. Mis en cause dans plusieurs affaires liées au financement de sa campagne de 2012, il reste menacé de procès. Distancé par Juppé dans les sondages, Sarkozy a gagné la course au parrainages, mettant en scène son dépôt de signatures en un seul bloc pour marquer le coup. Total 103 signatures de parlementaires.

Cinq recalés avant le premier tour

D'autres ont voulu prendre part à la course mais n'ont pas réunis les conditions nécessaires.

Geoffroy Didier

La Droite forte et le bon sens, 40 ans

Pour exister à 40 ans dans un vivier monopolisé par la génération précédente, le fondateur de "La Droite forte" avait fait le pari de virer encore plus à droite.

Sarkozyste et proche de Brice Hortefeux, il proposait "une manière neuve d'être et de faire, un retour aux sources de l'engagement par l'écoute, le respect, le mérite et le bon sens".

Geoffroy Didier veut supprimer les lois inutiles, limiter les mandats des élus à trois, il préconise le retour de l'uniforme jusqu'au collège et souhaite des cours de politesse à l'école primaire.

Bon perdant, il estime qu'avoir participé à cette primaire est une "première victoire".

Henri Guaino

La voix du Gaullisme, la plume de Sarkozy, 59 ans

L'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy dont il écrivait les discours à l'Élysée, s'était déclaré candidat le 13 juin en annonçant avoir "quelque chose à dire". Quoi ? "Il manque sur l'échiquier politique cette famille qui s'appelait le Gaullisme", répond le députés des Yvelines. 

Initialement "opposé" au principe d'une primaire qui pourrait faire "un hold up sur l'élection présidentielle", il avait affirmé vouloir concourir directement s'il ne réunissait pas les conditions. "Ces primaires sont une escroquerie démocratique", estime-t-il. Il sera candidat "pour que quelque chose soit possible" et lance pour cela "un appel aux maires", 500 parrainages d'élus sont requis entrer dans la course à la présidentielle.

Frédéric Lefebvre

Ex-sniper de l'UMP, 52 ans

Député des Français de l'Étranger (Amérique du Nord), cet ancien proche et "porte-flingue" de Sarkozy s'était déclaré en janvier dans une lettre aux maires.

"Notre France n'en peut plus du théâtre d'ombres qu'est devenue la politique nationale, où le combat a remplacé le débat, où le cynisme prime sur l'authenticité et où l'intérêt partisan l'emporte toujours sur l'intérêt général". "Je ne suis pas un candidat de plus, mais celui qui porte un projet différent", écrivait-il.

L'ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy a mué. Il n'est plus le sniper d'autrefois qui tapait fort pour défendre son patron et se montre aujourd'hui parfois conciliant avec le pouvoir de gauche : c'était l'unique député des Républicains à voter en faveur du pacte de responsabilité en 2014.

Il pense même à un revenu universel dès la naissance de 500 à 600 euros jusqu'à 18 ans, puis de 800 à 1000 euros, voire plus pour les majeurs ainsi qu'à l'égalité absolue de salaire entre hommes et femmes.

Frédéric Lefebvre n'a pas réussi à réunir les parrainages nécessaires mais entend se déclarer directement candidat au nom de son micro-parti Nouveaux Horizons, s'estimant victimes d'obstacles dressés par ... Nicolas Sarkozy. Il se dit candidat "pour renverser le système"

Nadine Morano

Polémique, 52 ans

Habituée des propos polémiques et candidate depuis début septembre 2015, Nadine Morano avait choisi le titre "Tous des lâches" pour son livre programme.

L'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy voulait faire inscrire dans la Constitution que "les racines de la France sont chrétiennes". Elle entend lutter contre le port du voile intégral de manière plus musclée.

Parmi ses déclarations de l'été 2016 : "Il y a une invasion massive arabo-musulmane (...) Je ne veux pas que la France devienne musulmane". Et parlant du financement étranger des mosquées : "Moi je dis qu'il faut l'interdire tout court (...). Je veux qu'on ferme et qu'on démolisse les mosquées salafistes".

Parmi le reste de son actualité récente, la relaxe en appel de l'humoriste Guy Bedos qui l'avait traitée de "conne" au cours d'un spectacle en octobre 2013.

Elle avait assez de signatures d'adhérents et d'élus locaux mais pas de parlementaires, et mauvaise perdante, dénonce des "pressions". Pour elle le système de la primaire, est "vicié dès le départ". "Il y a des failles dans le système qui peuvent être utilisées", évoquant un "mercato des parrainages". Elle soutiendra Nicolas Sarkozy: "Nicolas, c'est de lui dont je suis le plus proche sur la ligne politique."

Jacques Myard

Souverainiste, 69 ans

Député-maire de Maisons-Laffitte dans les Yvelines, Jacques Myard était candidat depuis le 5 avril.

"J'entends poser la question de la souveraineté de la France", disait son communiqué. "Je dis oui à la coopération européenne mais non au diktat européen"Pour lui, l'euro est un "échec" qui doit être "reconsidéré".

Sur le plan sécuritaire, il prônait une garde nationale de volontaires et propose la déchéance de nationalité pour les terroristes.

Jacques Myard est aussi vice-président du groupe d'amitié France-Syrie à l'Assemblée : en février 2015, il avait notamment rencontré Bachar al-Assad.

Son sens de la formule ("Ah ce portrait que vous avez fait de moi, j'en jouis encore ! Ça vous choque que je parle d'orgasme ?", lancée à la journaliste Laure Equy) lui a valu un prix macho de déshonneur de l'association des Chiennes de garde.

Jacques Myard ne se faisait "guère d'illusions" et a vite reconnu son échec mais estime avoir "réussi son coup. J'ai pu faire entendre mes idées." 

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