Ryan, cet Afro-américain qui ne jure que par Donald Trump

Ryan Gilchrist est un coiffeur- barbier bien singulier, en tout cas dans la communauté Afro-américaine. Mais il le confie sans trop d'hésitation. Son favori pour l'élection, c'est Donald Trump. Ce qui l'a tout de suite séduit? Le fait que le républicain soit un businessman fortuné.

C'est d'ailleurs ce qui plait à de nombreux Américains. "Il a construit des buildings, des terrains de golf, explique Ryan. Il en fait tellement en tant que businessman. Certains disent qu'il a connu bien des échecs mais comment peut il avoir échoué s'il est milliardaire?"

Le côté machiste du turbulent milliardaire, Ryan le balaie d'un coup de tondeuse: "Les femmes sont différentes aujourd'hui de ce qu'elles étaient il y a des années, argumente-t-il , Les femmes travaillent, elles sont éduquées, elles sont totalement différentes et elles veulent être sur le même ring que celui des hommes et faire ce que font les hommes!"

Et quand on lui rappelle les accointances présumées du milliardaire avec les suprématistes blancs et le soutien que lui apporte le Ku Klux Klan, Ryan ne change pas d'avis. "Ok, il y en a qui disent : il veut rendre sa grandeur à l'Amérique mais seulement pour eux, pas pour nous, constate Ryan. Pour les blancs? Non, moi, je n'y crois pas du tout. Je crois à l'effet cascade. Que les riches gagnent beaucoup d'argent au sommet! Ça va ruisseler vers les autres. C'est ce qui se passe! Les PDG, les patrons gagnent beaucoup d'argent et après tous en profitent. On ne garde pas tout pour nous. Il faut le redistribuer. Cet effet cascade marche! "

"Bien plus malin qu'on ne le dit"

Déçu par Obama, Ryan n'est pas davantage d'accord avec ceux qui estiment que Trump est un bouffon: "je pense que Donald Trump est bien plus malin que ce qu'on dit de lui. Cet homme a changé la température de tout le pays, du monde entier. Rendons sa force à l'Amérique. Rendons sa grandeur à l'Amérique. C'est en ça que je crois".

Sous la tondeuse, la cliente, afro-américaine,elle aussi, ne dit pas grand chose. Mais quand on lui demande si elle est d'accord avec son coiffeur préféré, elle n'hésite pas une seconde: "non, mon vote n'ira pas vers monsieur Trump, absolument pas. Je vote pour Hillary Clinton".

Ryan Gilchrist apparaît donc comme une exception dans son quartier et il en est fier: "absolument, je suis ridicule, on me traite de tous les noms… L'autre jour j'avais mon T-shirt "Trump", les gens m'ont traité de fou. Mais tu sais Mec, tu dois être fort. si tu veux vraiment quelque chose de différent, tu dois faire les choses différemment. Et oser le dire". Le temps de notre visite, le salon de Ryan se transforme en plateau de débat politique. Carl, un autre client fidèle, l'interpelle: "moi j'aimerais qu'on parle politique! Parce que quand tu as fini de parler de l'histoire des e-mails , y a plus que du vide... Il n'a rien contre Hillary Clinton".

Le débat est animé mais toujours très courtois. Carl nous explique : "l'Amérique est déjà grande, ça veut rien dire ce slogan. Moi je suis pas un homme de slogan. Mais vous voyez, Ryan, est un ami , il coupe mes cheveux, il a sa lame de rasoir sur ma gorge... Et nous ne sommes pas d'accord mais nous avons le droit de ne pas être d'accord. C'est aussi ça l'Amérique". Cette élection en tout cas anime les esprits et les conversations. Elle scinde aussi les Etats-Unis en deux clans bien distincts.

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