New Hampshire: la fronde anti-establishment met Hillary Clinton en difficulté

Le New Hampshire a livré ses résultats cette nuit. Donald Trump l'emporte dans le camp républicain et Bernie Sanders du côté démocrate. Une première défaite cuisante pour Hillary Clinton.

Trump et Sanders, deux candidats qui ne sont pas issus du sérail politique 

Ce sont des candidats totalement différents de ceux auxquels la vie politique américaine nous a habitués. Ils tranchent notamment par rapport à Hillary Clinton, mais aussi à Jeb Bush qui disparaît complètement aux fins fonds des résultats du scrutin primaire du New Hampshire. C’est une gifle donnée par les électeurs aux candidats de la classe politique traditionnelle.

Une véritable Surprise?

Pas vraiment. Depuis des mois, tous les sondages créditaient les deux candidats vainqueurs d’une avance très importante. La surprise vient toutefois des résultats obtenus par Hillary Clinton. Aucun des deux candidats retenus ne pouvait compter sur une organisation comparable à l'ancienne Secrétaire d'Etat. Hillary Clinton avait remporté le New Hampshire en 2008 après s’être fait battre par Barack Obama et John Edwards. Son mari est très connu dans le New Hampshire et les Clinton y ont conservé de très très bons contacts. La candidate était soutenue par l’ensemble de l’appareil du parti démocrate de l'état, par le gouverneur de l'Etat et la sénatrice Jane Shaheen.

Un tremplin pour Trump

Du côté républicain, Donald Trump consolide sa base qui pourra servir de tremplin après sa défaite dans l’Iowa où il était arrivé second. L'avenir s'annonce plus clément pour le républicain qui mènera désormais dans tous les états qui suivent. Notamment en Caroline du Sud et dans le Nevada. Pour les autres candidats républicains, se poser comme alternative à Donald Trump sera de plus en plus difficile.

Le défi de Bernie

Du côté démocrate, Bernie Sanders doit, au lendemain de sa victoire, élargir son électorat. Rien n’est gagné pour lui qui revient de très loin. Au début de sa campagne, il était crédité de 4% des intentions de vote alors qu’Hillary Clinton caracolait à plus de 60%. L’écart s’est nettement réduit et Hillary Clinton est maintenant remise en question. Le défi de Bernie Sanders est de séduire l’électorat noir américain et, dans une moindre mesure, l’électorat latino.

Hillary Clinton, qui comprend l'enjeu, a fait valoir, dès mardi soir, son avantage par rapport à ces catégories qui sont des piliers de l’électorat démocrate. La primaire, qui se déroulera en Caroline du Sud le 20 février, permettra de le vérifier.

Sanders: le candidat social

C'est sur le terrain social que Bernie Sanders peut faire la différence, lui qui s’est battu toute sa vie pour l’égalité des droits. Il était aux côtés de Martin Luther King dans les années 60 et vient de recevoir le soutien de Ben Jealous, l’ancien patron de l’organisation noire la plus importante de défense des droits des noirs aux Etats-Unis, la NAACP.

Celui qui n'est déjà plus un outsider a également reçu le soutien d’un intellectuel noir très connu aux Etats-Unis, Cornel West. Il rencontrera dès aujourd’hui le pasteur noir américain Al Sharpton, une autre star de la télévision. Il s'est fait connaître à la suite de Jesse Jackson comme le représentant d’un mouvement noir américain de gauche au sein du parti démocrate. Il s'est fait remarquer par son combat pour la reconnaissance des droits des noirs face aux brutalités policières qui ont émaillé l'actualité américaine ces derniers mois. 

Un mouvement de fond anti-establishment

Après le désaveu du New Hampshire, Hillary Clinton se doit de redorer son image. Notamment auprès des électeurs indépendants plus attirés par Bernie Sanders. Des électeurs qui ne sont affiliés ni au parti démocrate, ni au parti républicain.

Une nouvelle dynamique

Dans les deux camps vient d'être insufflée une nouvelle dynamique de campagne. Un mouvement de révolte contre l’establishment politique, économique et médiatique. Le changement attendu en 2016 est plus existentiel qu’en 2008. Il s’agissait à l'époque d’un changement par rapport aux années sombres de George Bush. Aujourd’hui, l’humeur est à un changement beaucoup plus profond par rapport au système politique américain et au ras-le-bol qu’ont les Américains vis-à-vis du système bipartite. 

Une mauvaise nouvelle pour Hillary Clinton. 

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