Les USA "convaincus" que Moscou est à l'origine du piratage du parti démocrate

La parution de ces courriels ont lancé une vive polémique au sein des démocrates juste avant la convention d'investiture à Philadelphie.
La parution de ces courriels ont lancé une vive polémique au sein des démocrates juste avant la convention d'investiture à Philadelphie. - © AFP

Les agences de renseignement américaines en sont désormais "convaincues" et en ont informé la Maison Blanche : la Russie se cache bel et bien derrière le piratage des e-mails et documents du parti démocrate américain, rapporte le New York Times.

Ce piratage est à l'origine de la fuite des quelque 20 000 e-mails échangés par des hauts responsables du parti, rendus publics par Wikileaks vendredi dernier.

Certains de ces courriels ont lancé une vive polémique au sein des démocrates juste avant la convention d'investiture à Philadelphie, qui a finalement vu Hillary Clinton officiellement désignée candidate à la Maison Blanche. Les échanges laissent en effet entendre que le rival de l'ex-première dame, Bernie Sanders, aurait été défavorisé en interne lors des primaires.

"Cyberespionnage routinier" ou volonté d'influencer la campagne ?

Reste que, si les officiels du renseignement américain en sont arrivés à la conclusion que la Russie se cache bien derrière ce piratage, ils n'ont aucune certitude quant à savoir s'il s'inscrit dans un programme de "cyberespionnage quasi routinier" visant plusieurs institutions du pays ou s'il s'agit d'un hack ciblé ayant pour objectif d'influencer la campagne présidentielle.

Le fondateur de WikiLeaks avait assuré qu'il espère qu'Hillary Clinton remportera l'élection, rappelle le New York Times. Mais il n'est pas clair cependant "comment les documents sont arrivés jusqu'au groupe". D'autant que, précise le quotidien, "un large échantillon a été publié, avant la parution de WikiLeaks, par plusieurs agences de presse".

À cela s'ajoute encore un anonyme se faisant lui-même appeler "Guccifer 2.0". Derrière ce pseudo se cacherait en fait un agent du GRU, la direction générales des renseignements de l'armée russe, d'après les enquêteurs.

Dilemme politique et démenti anticipé

Le New York Times s'interroge dès lors : le président américain Barack Obama doit-il publiquement accuser la Russie de Vladimir Poutine d'avoir orchestré ce piratage ? Un dilemme politique dans un contexte de relation déjà glaciale entre les deux superpuissances qui tentent notamment de s'accorder sur un cessez-le-feu en Syrie.

La seule position formulée par Obama jusqu'à présent est en pointillés : "Tout est possible", ajoutant lors de cette interview à NBC News, que, "régulièrement, ils (les Russes) ont tenté d'influencer des élections en Europe".

Mais cette porte laissée entrouverte par le locataire de la Maison Blanche ne semble pas avoir plu au Kremlin qui s'est d'ores et déjà empressé ce mercredi de démentir toute "ingérence" dans la campagne électorale aux États-Unis. 

"Le président Poutine a dit à plusieurs reprises que la Russie n'avait jamais interféré et n'interfère pas dans les affaires intérieures (d'un pays), surtout pas dans les processus électoraux d'autres pays", a ainsi déclaré le porte-parole du Kremlin.

Une "bromance" entre Trump et Poutine ?

En attendant, des responsables de la campagne américaine – laquelle connaît désormais les deux candidats qui s'affronteront jusqu'au 8 novembre – laissent entendre que Poutine pourrait tenter de faire pencher la balance électorale en faveur de Donald Trump. "Mais ils ont aussi reconnus ne pas avoir la moindre preuve", nuance le New York Times.

Il faut dire que l'on a déjà assisté à des échanges de politesses entre ces deux personnalités bien trempées. Poutine avait ainsi qualifié Trump d'"homme brillant et plein de talent", le plaçant "favori incontesté de la course présidentielle", tandis que le candidat républicain avait indiqué qu'il pourrait "probablement très bien s'entendre avec Vladimir Poutine", contrairement à Obama.

Face à ces déclarations et à cette affaire de piratage, le directeur de campagne de Hillary Clinton, John Podesta, n'hésite pas à évoquer, entre Donald Trump et Vladimir Poutine, une potentiel "bromance" – contraction de "bro", ami, et "romance", laissant entendre une pseudo "histoire d'amour" entre les hommes politiques.

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