Le "marchand de rêve" Donald Trump "plaît au peuple parce qu'il fracasse les limites"

Pour la journaliste française Laure Mandeville, correspondante du Figaro aux États-Unis et auteur de "Qui est vraiment Donald Trump?" (Édition Les Equateurs Le Figaro), Donald Trump ne serait pas arrivé "presque aux portes de la Maison Blanche s’il n’y avait pas, derrière sa personnalité autre chose que le clown ou le Hitler que la presse américaine a présenté. C’est un personnage plus complexe : un marchand de rêve, un homme qui a vendu (durant sa campagne) son ego mais aussi son talent et sa capacité de persuasion. C’est un bâtisseur qui a construit un empire immobilier énorme. Par ailleurs, je ne le vois pas comme un fasciste, mais plutôt comme un nationaliste et quelqu’un qui veut protéger son pays. Il estime que la globalisation et le modèle défendu par les élites n’ont pas profité au pays et l’ont appauvri. Il veut protéger l’Amérique : au lieu de protéger le Monde, protéger son monde".

Dans sa façon de communiquer au cours de la campagne, Donald Trump "a utilisé l’art de la simplification brutale, faisant exploser le politiquement correct, pour toucher le cœur des Américains simples qui en ont assez du discours hyper-dogmatique et hyper-balisé de l’élite libérale. Mais il a aussi un aspect plus impulsif qui est dû à son caractère. C’est un homme qui plaît au peuple parce qu’il fracasse les limites imposées par le modèle ambiant. Mais en même temps il inquiète une autre partie de la population parce qu’il semble ne pas avoir d’autocensure" poursuit Laure Mandeville.

"Un homme des années 50"

Pour la journaliste, "Donald Trump est resté un homme des années 50. Son père l’a éduqué à la dure et l’a envoyé dans une école militaire parce qu’il était très fougueux et indomptable. Dans les années 60, il ne participera pas au mouvement de libération des mœurs : il ne fume pas, ne boit pas et ne se drogue pas. Il n’a pas du tout intégré les codes post 68. C’est pour cela qu’il est aujourd’hui vilipendé et détesté par le mouvement féministe".

"S'il est élu, il y a part d'inquiétudes. Comment un homme qui a un tel ego s'adaptera-t-il au système politique américain, qui est plein de contraintes, où il devra apprendre la patience, la paralysie face au Congrès ? Essaiera-t-il de forcer les institutions ? Mais l’Amérique a les reins suffisamment solides pour survivre, même à Donald Trump" conclut Laure Mandeville.

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