Les mouvements tactiques de Donald Trump dans l'attente de la transition

Le président Donald Trump à la fenêtre du bureau ovale de la Maison Blanche
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Le président Donald Trump à la fenêtre du bureau ovale de la Maison Blanche - © MANDEL NGAN - AFP

Alors que le président Trump n’a toujours pas admis officiellement et formellement sa défaite aux élections présidentielles du 3 novembre dernier, le train des décisions qui pourront avoir un impact sur le début du mandat de Joe Biden s’allonge. Des décisions unilatérales qui sont autant de chausse-trappes pour le président élu.


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Limogeage de Chris Krebs, directeur de l’agence de cybersécurité

C’est le dernier mouvement en date. Chris Krebs, le patron de la cybersécurité américaine avait déclaré récemment que les dernières élections présidentielles américaines avaient été les plus sûres de l’histoire des Etats-Unis. Il rejetait ainsi les allégations d’irrégularité que le président Trump ne cesse d’émettre sans preuve depuis le 3 novembre dernier. Pour défendre son travail de sécurisation de la procédure électorale, et en particulier les systèmes de vote à distance ou anticipés, il a entre autres déclaré :

Il n’y a aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit.

Sur son comte Twitter, Donald Trump a répliqué :

La récente déclaration de Chris Krebs sur la sécurité des élections de 2020 était très inexacte, puisqu’il y a eu des irrégularités et des fraudes massives.

Diverses réactions de soutien se sont fait entendre de la part de plusieurs responsables démocrates comme Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, la sénatrice Elizabeth Warren, ancienne candidate démocrate à la présidentielle ou encore Adam Schiff, le président démocrate de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants.

Demande d’options militaires contre l’Iran

Selon le New York Times, le président Trump aurait sondé son proche entourage pour définir des options militaires permettant de frapper les installations nucléaires iraniennes dans les prochaines semaines. Une demande qui fait suite à un rapport de l’AIEA indiquant que l’Iran avait augmenté son stock d’uranium faiblement enrichi pour l’amener à une quantité douze fois supérieure à celle qui était autorisée dans l’accord nucléaire de 2015, abandonné par l’administration Trump en 2018.

Toujours d’après le New York Times, le secrétaire d’État, Mike Pompeo et le général Mark A. Milley ont décrit les risques d’escalade militaire dans la région qu’entraînerait une frappe de missiles sur le territoire iranien. Il se pourrait que Donald Trump soit encore à la recherche d’autres possibilités de frapper les intérêts iraniens, indirectement, par exemple en attaquant des milices soutenues par l’Iran en Irak.

Retrait anticipé de troupes américaines d’Afghanistan

Le ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller, a annoncé le retrait de 2000 soldats américains d’Afghanistan et de 500 autres d’Irak pour le 15 janvier prochain. Ces retraits ne laisseraient que 2500 militaires dans chacun des deux pays. Ce mouvement est fait conformément aux promesses formulées par Donald Trump au cours de sa campagne présidentielle. Il a été critiqué par plusieurs hauts responsables, républicains comme démocrates.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, pourtant un allié de Donald Trump, a indiqué que les Etats-Unis "abandonneraient" leurs alliés en cas de retrait prématuré. Celui-ci "ravirait les personnes qui nous souhaitent du mal".

Le sénateur Jack Reed, membre démocrate de la commission des forces armées, a dénoncé "une approche à courte vue qui n’apportera pas la paix et qui plus sûrement menacera l’Amérique".

Par ailleurs, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a averti que l’Afghanistan pourrait "redevenir une base pour les terroristes internationaux" en cas de retrait des quelque 12.000 soldats de l’Alliance, dont moins de la moitié sont américains.

La France et l’Allemagne ont également critiqué l’annonce.

Limogeage du secrétaire à la défense, Mark Esper

Ces évolutions de la stratégie militaire américaine ont été rendues possibles par le limogeage, il y a une semaine, de Mark Esper, le ministre américain de la Défense. Dans le dossier afghan et irakien, ce dernier plaidait pour le maintien d’un statu quo jusqu’à ce que la violence sur le terrain soit en diminution notable.

A la suite de plusieurs différends avec le président, entre autres sur l’opportunité de déployer l’armée dans les rues américaines pendant les insurrections faisant suite à la mort de Georges Floyd, Mark Esper a été remplacé par le directeur du centre national de contre-terrorisme, Christopher Miller, devenu ministre de la Défense par intérim jusqu’au 20 janvier 2021.

Journal télévisé 13H

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