Des outils et de l'argent public pour intégrer les réfugiés sur le marché du travail

20 ans de la "Mirena": la mission régionale pour l'Emploi Namur-Dinant
20 ans de la "Mirena": la mission régionale pour l'Emploi Namur-Dinant - © RTBF - Patrick Michalle

L’arrivée massive de candidats réfugiés pose la question de leur futur accès au marché du travail. La question a été abordée ce vendredi à Namur à l’occasion des 20 ans de la MIRENA, la mission régionale de l’Emploi de Namur-Dinant. Si les migrants les plus qualifiés éprouveront peu ou pas de difficultés à trouver du travail, pour les autres un accompagnement spécifique sera nécessaire.

Après le passage obligé par le nouveau parcours d'intégration, il faudra assurer l'accompagnement à l'emploi. De premiers moyens supplémentaires ont été débloqués dans ce cadre coté wallon. 

Cinq millions pour l'accompagnement à l'emploi

Un premier montant de 5 millions d’euros est disponible. Une enveloppe qui sera répartie entre le Forem et les onze missions régionales pour l’Emploi de Wallonie. Impossible pour l’heure de savoir si ce crédit sera suffisant, mais le processus est lancé comme le confirme la ministre wallonne de l'Emploi, Eliane Tillieux : "On ne part pas de rien, il y a déjà aujourd'hui des moyens financiers vers les opérateurs, spécialement pour accueillir les migrants, on ne fait qu'augmenter l'enveloppe et on le fera évidemment progressivement en fonction de l'afflux des migrants vers le territoire wallon".

Trop de formalités administratives pour les acteurs de terrain

A Namur, les acteurs de terrain ont aussi plaidé pour une simplification administrative. Fabienne Tinant est la présidente de la Mission régionale pour l’emploi Namur-Dinant, si elle comprend qu'il faut des formalités administratives pour justifier les subventions en fonction des actions cela prend malgré tout un temps précieux : "La charge administrative est énorme et le temps consacré à cela par le personnel n'est pas consacré aux demandeurs d'emploi ni aux entreprises. Et je pense que la Région wallonne n'a pas les moyens de s'offrir une lourdeur administrative..."

Message entendu par la ministre Tillieux qui a évoqué l'arrivée d'un nouvel outil informatique destiné à faciliter le travail administratif.

Améliorer la méthode de travail : un meilleur diagnostic pour favoriser une intégration durable

Du coté des missions pour l’Emploi, l’accent est aussi mis sur l’importance d’améliorer les méthodes de travail. La MIRENA a revu entièrement ses pratiques au cours des derniers mois afin d'établir des diagnostics plus précis lors de l'inscription des demandeurs. Un temps qui peut sembler plus long en début de processus mais qui devrait permettre d'améliorer l'efficacité en terme de remise au travail.

L'accent est mis sur l'identification rapide des facteurs qui risquent d'entraver une réinsertion à long terme sur le marché du travail. Pour les "jobcoach", comme Catherine Limbourg, qui accompagnent les bénéficiaires de l'aide, c'est générateur de meilleurs résultats : "Nous sommes dans une société où le résultat, la performance est avant tout mis en avant. Cette méthode prend le temps de donner un temps de parole et d'aborder des sujets qui ne sont pas toujours questionnés autour de la recherche d'emploi. On quitte l'aspect technique pour s'intéresser à la personne et à ce qu'elle ressent dans sa qualité de demandeuse d'emploi. Or, à partir du moment où les personnes sont mieux préparées à l'entrée, elles iront plus rapidement à l'emploi".

Pas d'anniversaire sans bilan : depuis 20 ans plus de 8000 personnes sont passées par les locaux de la MIRENA. Et un bon tiers a retrouvé le chemin d’un emploi durable (c'est-à-dire un minimum de six mois).

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