Pour être reçus à l'Office des étrangers et chez Fedasil, ils passent la nuit sur des cartons

Des milliers de migrants en marche vers l'Europe : les images sont frappantes, hommes femmes et enfants tentent de gagner le continent européen et ils sont de plus en plus nombreux.

Ainsi à Bruxelles, le centre de dispatching de Fedasil et son voisin l'office des étrangers sont dépassés par les demandes. C'est là que les migrants doivent se présenter pour être orientés vers un centre d'accueil. Lundi, 540 personnes se sont présentées, mais il a fallu en refuser 280. Une situation sans précédent depuis le début de l'année.

Résultat : certains de ces migrants ont passé la nuit devant les portes du centre, pour être sûrs d'être reçus ce matin.

Lundi soir, dans la file, devant le numéro 59 de la Chaussée d'Anvers, nous les avons rencontrés. Ils sont une vingtaine à ne pas vouloir quitter les lieux. Ils attendront toute la nuit devant. Installés à même le sol, sur des cartons, ils veulent être sûrs de ne pas rater leur tour le lendemain.

Pour cet Irakien, c'est une deuxième nuit dans la rue. Dans la nuit de dimanche à lundi, il était déjà arrivé à 3 heures, mais il n'avait pas pu être reçu aux guichets de Fedasil.

Quand il est arrivé, il y avait déjà beaucoup de monde. Après 3 heures du matin, un deuxième flot de personnes sont arrivées et la file faisait presque le tour complet du pâté de maisons.

Bousculades

Sur un morceau de carton, ces Irakiens et ces Syriens ont griffonné quelques noms. Un ordre de passage qu'ils espèrent instaurer le lendemain. Ils racontent des scènes de bousculades que la police a dû encadrer.

Un peu plus loin, un Afghan s'apprête lui aussi à passer sa deuxième nuit dehors : "Qu’est-ce que je vais faire cette nuit ? Il fait trop froid maintenant. Et si on nous donnait des couvertures ou quelque chose comme ça, ça pourrait aller. Je serais tellement content si on me donnait une place pour dormir demain soir", dit-il.

1600 places supplémentaires

La semaine dernière, la CSC Services Publics organisait une action pour dénoncer le manque de moyens alloués au centre de dispatching de Fedasil, un local beaucoup trop exigu et un manque de personnel pour faire face à l'afflux de migrants.

Theo Francken (N-VA), Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration a réagi lundi soir à l'émission Ter Zake de la VRT. Pour lui, ce sont des questions de sécurité des locaux qui empêchent d'accueillir davantage de personnes. Mais il donne priorité aux familles. Tout le monde a droit à un traitement de sa demande, mais il faut parfois attendre une nuit.

Vendredi au premier Conseil des ministres de la rentrée, Theo Francken demandera 1600 places supplémentaires. Il devrait réclamer l'aide des CPAS. Pour lui, si chaque commune belge prenait en charge une famille, ce serait parfait.

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