Marche citoyenne pour les réfugiés: près de 3000 manifestants à Bruxelles

Plusieurs collectifs et plateformes citoyennes se sont regroupés pour une grande manifestation européenne ce samedi dans une centaine de villes de 28 pays, dont Bruxelles, où près de 3000 personnes ont défilé dès 14 heures.

Des jeunes, des familles, quelques personnalités... Beaucoup sont venus spontanément marquer leur soutien à l'un des principaux combats du groupe citoyen à l'initiative, pour Bruxelles, de cette marche européenne : l'ouverture de voies de passage sûres pour toute personne qui cherche protection en Europe.

Le rendez-vous était fixé à 13h30 ce samedi sur l'Esplanade de la Gare du Nord à Bruxelles, place que le cortège a quitté aux alentours de 14 heures (pour plus d'infos). La manifestation s'est cloturée là où elle a commencé, vers 16 heures, avec des discours, de la musique et différents stands.

"Il n'est inscrit nulle part dans la Convention de Genève que l'on peut fermer les frontières aux réfugiés, au contraire ", souligne Béatrice Dispaux, l'une des personnes à l'initiative du rassemblement. " Ces gens ont besoin d'aide, d'un abri et nous pouvons leur donner. La situation est critique, il est urgent que les responsables politiques agissent. "

"L'Union européenne ne doit certainement pas accueillir le monde entier", estime Eva Berghmans d'Amnesty International. "Ce qu'elle doit faire, c'est travailler à l'accueil des personnes qui en ont besoin, chercher une solution pour rendre possible cet accueil au lieu de fermer ses frontières. Cet accueil doit et peut être organisé, aussi bien en Belgique qu'à la frontière entre la Turquie et la Syrie et qu'aux frontières extérieures de l'Union. Il est scandaleux que les prétendus hotspots dans les îles grecques ne soient toujours pas opérationnels après des mois de palabres."

Couvertures de survie, symbole et réel secours

Ce mouvement citoyen distribuait pour l'occasion des couvertures survies, symbolisant ce besoin de protection et la difficulté du voyage des milliers de réfugiés qui tentent de gagner l'Europe.

Ces couvertures devaient d'ailleurs être récupérées à la fin de la marche pour être expédiées vers les îles grecques, que bon nombre de personnes essayent de rejoindre en risquant leur vie sur des embarcations de fortune.

Nous ne sommes pas dangereux. Mais nous sommes en danger

Des réfugiés, principaux intéressés de cette mobilisation, étaient aussi présents ce samedi pour défiler dans les rues de Bruxelles. Pour eux, la démarche est la bienvenue, comme l'explique Isham, un Syrien de 21 ans réfugié en Belgique depuis 6 mois.

"C'est bien, ça redore un petit peu l'image des réfugiés, et ça permet aussi de rencontrer les Belges, nous a-t-il confié. Ça nous apporte surtout du soutien moral, et ça peut changer les choses pour moi. Surtout le regard qu'on porte sur nous après tous les événements négatifs relayés par la presse."

"Le message, c'est que, nous, nous ne sommes pas dangereux. Mais nous sommes en danger", conclut Isham.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK