Les propriétaires privés de plus en plus sollicités pour louer un bien aux réfugiés

Une solution qui demande la solidarité de tous pour permettre à d'autres réfugiés, comme Sali, d'avoir cette chance unique.
Une solution qui demande la solidarité de tous pour permettre à d'autres réfugiés, comme Sali, d'avoir cette chance unique. - © Tous droits réservés

Sali est Irakienne. Elle a fui son pays début 2015. Après un parcours parsemé de longues marches, d'une traversée en bateau mais aussi d'un vol en avion, elle arrive avec ses trois enfants en Belgique en juin 2015. Elle obtient le statut de réfugié quatre mois plus tard. Une chance évidemment. La fin du calvaire? Certainement pas.

Passé par un centre pour réfugiés et un appartement très temporaire, elle finit par trouver un accord avec un propriétaire de Beauraing. Une véritable opportunité tant louer un appartement ou une maison aux réfugiés semble faire peur: "Ils imaginent peut-être qu'on va abîmer leur bien ou ne pas payer à temps nos loyers, explique Sali en préparant la table de souper. Beaucoup veulent que nous parlions français ou demandent une garantie locative en cash tout de suite".

Sali a été aidée par Caritas international qui a mis en place, dès septembre, un réseau de propriétaires proposant un logement vide à des réfugiés. Le rôle d'intermédiaire de Caritas international permet notamment de rassurer les éventuels candidats loueurs tout en assurant le suivi des réfugiés qui peuvent finalement bénéficier de ces offres rares.

Les communes s'y mettent

Cette idée de servir d'intermédiaire a également été reprise par plusieurs communes. Dans le Hainaut, la petite commune de Chièvres vient de lancer un appel à ses citoyens prêts à mettre une éventuelle seconde propriété vide à disposition du CPAS.

Chièvres doit accueillir 9 réfugiés suite au plan de répartition décidé par le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Théo Francken (N-VA). Mais la commune n'a pas ces places, d'où l'idée de cet appel: "C'est le CPAS qui va louer ces biens aux propriétaires dans les termes légaux avec un contrat de bail classique. Le contrat sera avec le CPAS", détaille Bruno Lebfevre, bourgmestre PS de Chièvres.

Michel Kullak est l'un de ces propriétaires. Il a décidé de mettre à disposition sa maison d'enfance: "Je suis moi-même petit-fils d'immigré. Ma famille a été accueillie, je veux juste renvoyer l'ascenseur."

Ottignies a de la bouteille

L'appel à peine lancé, Chièvres ne connait pas encore l'expérience d'Ottignies. Depuis plusieurs mois, une 51 places d'accueil ont été ouvertes grâce à une quinzaine de volontaires. Comme à Chièvres, les contrats sont passés entre le CPAS et les propriétaires. Fedasil entre ensuite dans la danse pour vérifier que le logement respecte les normes, déterminer le nombres de réfugiés qui occuperont le bâtiment mais également quels candidats seront retenus. 

Le loyer et puis c'est tout

Le montant du loyer est quand même négocié entre Fedasil, la commune et le propriétaire: "Certains font un plus gros geste que d'autres. Parfois le loyer diminue d'une centaine d'euros, parfois, nous ne devons payer que les charges", explique Xavier Perin, chef du service social au CPAS d'Ottignies. 

Le rôle du propriétaire s'arrête là: "Le propriétaire ne doit plus rien gérer lui-même et il n'entre pas en contact direct avec les réfugiés. Nous nous occupons de tout: plusieurs visites par semaine, pas forcément liées au bien loué, sont effectuées donc il n'est pas possible que le logement soit dégradé sans que l'on s'en aperçoive", rassure Xavier Perin.

L'objectif pour la commune d'Ottignies: multiplier les places d'accueil de façon volontaire et maintenir la viabilité financière du CPAS: "C'est la formule la moins chère et c'est bien sûr beaucoup plus rapide que la construction de nouveaux logements. Avec les subsides de Fedasil, nous arrivons à maintenir une opération neutre financièrement pour nous. Nous ne voulons évidemment pas mettre en danger nos autres missions".

Une solution qui demande la solidarité de tous pour permettre à d'autres réfugiés, comme Sali, d'avoir cette chance unique.

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