Le plan européen de relocalisation des réfugiés ne se meurt pas, il vivote

Illustration : Des réfugiés font la file pour embarquer dans un train. Ils viennent de traverser la frontière entre la Macédoine et la Grèce
Illustration : Des réfugiés font la file pour embarquer dans un train. Ils viennent de traverser la frontière entre la Macédoine et la Grèce - © ARMEND NIMANI - AFP

Le plan européen de relocalisation des réfugiés prévoit la répartition de ces derniers, en transit via la Grèce et l’Italie, entre les différents pays de l’Union européenne.

Il y a une semaine, au terme du Sommet de Bratislava, on présageait le pire. On craignait la disparition de ce programme.

Ce plan avait, dès le départ, fait l’objet d’âpres négociations et il était très loin de faire l’unanimité parmi les Etats membres. Aucun engouement n’avait été constaté surtout après que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, ait déclaré que "la solidarité était un acte volontaire et qu’elle devait venir du cœur sans être imposée ".

Cet épisode ressemblait à un enterrement de première classe

Réanimation, résurrection ? Le plan manifeste quelques signes de vie

Les chiffres parlent. Depuis un an, 5600 réfugiés ont été déplacés de Grèce ou d'Italie vers d'autres pays de l'Union européenne.  On a même constaté une accélération du processus ces dernières semaines étant donné que 20% de ces relocalisations se sont déroulées au mois de septembre.

Il faut néanmoins rappeler que l'objectif initial était de relocaliser 160.000 personnes bien que ce chiffre ait été revu à la baisse depuis. Cela dit, on est encore loin du compte.

Pénuries d’états accueillants ou volontaires défaillants ?

Le ministre grec aux Affaires européennes a déclaré au journal Die Welt que 7000 personnes présentes sur son territoire sont en attente d’un transfert. Toutes les formalités ont pourtant été remplies. Il ne manque que la volonté des autres Etats membres qui semblent faire la sourde oreille aux demandes grecques.

D’après la liste des pays qui accueillent les réfugiés, on constate que tous les Etats membres ne jouent pas le jeu. La Slovaquie a accepté d’accueillir seulement trois réfugiés. De leur côté, la Pologne et la Hongrie n’en ont accueilli aucun.

Des sanctions pour les mauvais élèves et rappel à l’ordre

Jusque-là, la Commission craignait que les états se crispent et privilégiait l’apaisement. Elle se refusait à braquer des opinions publiques déjà très opposées à l’Europe en général.

Aujourd’hui, et c'est une nouveauté, Dimitris Avramopoulos, le Commissaire en charge de l'Immigration a lancé un rappel à l'ordre : "Les lois européennes ne sont pas optionnelles. Et ce que les Etats membres ont décidé ensemble doit être mis en place. Nous sommes très clairs là-dessus. La Commission se réserve le droit d'aller en justice. Mais pour l'instant, on se concentre sur les progrès et ces améliorations doivent être maintenues."

Une fragile amélioration qui dépend de la Turquie ?

On notera aussi que les migrants n'arrivent plus en si grand nombre sur les côtes grecques. Depuis le mois de juin, ce sont en moyenne 85 personnes qui arrivent en Grèce chaque jour. Avant l'accord controversé que les européens ont passé avec la Turquie, ils étaient plus de 1700 par jour.

Des arrivées contrôlées, des relocalisations qui s'accélèrent (un peu), il n'en faut pas plus pour que la Commission soit optimiste et estime tout à fait possible d’encore relocaliser 30.000 réfugiés présents sur le sol grec d'ici la fin de l'année prochaine.  

Mais, il faut que les Etats membres y mettent un peu du leur et que l'accord conclu entre la Turquie et les Européens survive d'ici là… Sachant que les Turcs attendent toujours la dispense de visa pour ses ressortissants qui se rendent en Europe et qu’ils ont menacé de rompre l’accord si ce dossier n’avançait pas d’ici octobre.

En conclusion, il faut reconnaître que le plan de relocalisation n'est pas mort. Il bouge encore un peu. Mais, son succès n’est pas au rendez-vous.

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