Le Luxembourg s'offusque d'une visite d'un membre du FN à Schengen

Le gouvernement luxembourgeois a dénoncé samedi l'"acte provocateur et cynique" d'un député européen du parti d'extrême droite français Front national (FN), venu "déposer une gerbe" à Schengen, où furent signés les accords à l'origine de la libre circulation dans l'UE.

Florian Philippot, l'un des vice-présidents du FN, s'est rendu dans cette petite localité luxembourgeoise pour y célébrer symboliquement "la disparition annoncée des accords" de libre circulation, du fait de l'actuelle crise migratoire, et la "renaissance salutaire des frontières nationales", a-t-il expliqué.

L'élu FN, qui mène actuellement campagne pour les élections régionales prévues en France en décembre, a déposé cette gerbe de fleurs devant les stèles en acier qui commémorent la signature des accords de Schengen, à une centaine de mètres de la France et de l'Allemagne.

Il a ensuite brandi une pancarte proclamant "Schengen ça suffit! Stopper l'immigration massive".

Dans un communiqué, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a condamné un acte "provocateur et cynique".

"Il est impensable que les facilités dont bénéficient des centaines de milliers de voyageurs et frontaliers en Europe soient remises en question par des pensées et actes politiques nationalistes et réactionnaires", a-t-il fustigé.

M. Philippot a s'est défendu de toute provocation.

"Mon geste n'était provocateur, c'était un geste symbolique et politique très classique".

"C'est assez amusant qu'un gouvernement qui prône la libre circulation s'offusque de la venue d'un élu français", a-t-il raillé.

C'est dans la petite localité luxembourgeoise de Schengen que furent signés en 1985 les accords du même nom, ouvrant la voie à la suppression dix ans plus tard des contrôles aux frontières entre la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays‑Bas et le Portugal. L'espace Schengen compte aujourd'hui 22 membres de l'UE, ainsi que quatre non-membres.

Plusieurs Etats membres de l'UE ont rétabli provisoirement ces derniers jours des contrôles à leurs frontières, pour faire face à l'afflux de migrants.

"Cette réintroduction des contrôles ne peut être que ponctuelle et temporaire", a souligné M. Asselborn, dont le pays assure la présidence du Conseil de l'UE.

"Les accords de Schengen font partie de l'acquis européen et la libre circulation est une des libertés fondamentales inscrites dans les traités", a-t-il ajouté.

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