Le gouvernement fédéral va réduire le nombre de places d'accueil pour les demandeurs d'asile

Le gouvernement fédéral va réduire le nombre de places d'accueil pour les demandeurs d'asile
Le gouvernement fédéral va réduire le nombre de places d'accueil pour les demandeurs d'asile - © KURT DESPLENTER - BELGA

C’est l'une des mesures décidées dans le cadre de l'accord budgétaire : 7.186 places d'accueil pour les demandeurs d'asile seront fermées, sur un total de 23.815 à l’horizon 2019. L'objectif est de retrouver le niveau "normal" d’avant la crise de l’asile, soit 16.629 places d’accueil au total dont 10.044 places collectives et 6.585 places individuelles. Et ce sont essentiellement les structures ouvertes en urgence après l'été 2015 qui vont être fermées. La raison ? Un taux d'occupation en baisse. 

Fin 2015, début 2016, le gouvernement fédéral, en collaboration avec des organisations comme la croix rouge et les communes, ont ouvert d'urgence près de 20.000 places d'accueil pour les demandeurs d'asile venus d’Irak ou de Syrie, par exemple. Mais depuis lors le nombre de demandes a baissé.

Pour Theo Francken Secrétaire d'Etat en charge de l'asile et de la migration, cette baisse offre la possibilité de réaliser des économies : "Avec la crise migratoire c’était nécessaire d’augmenter la capacité (NDLR d’accueil) mais maintenant il y a une diminution très forte de demandeurs d’asile en Belgique alors on peut réduire la capacité et fermer des centres collectifs mais aussi des ILA".

"Initiatives Locales d’Accueil" remerciées

Les "ILA" ou initiatives locales d'accueil sont des places individuelles gérées par des CPAS dans les communes. En tout, 3.600 de ces places fermeront en partie sur base volontaire en 2018. C’est en tout cas le souhait du Secrétaire d’Etat : "Sauf si le nombre visé de 3.600 n’est pas atteint par le biais des fermetures spontanées, nous serons amenés à déterminer au niveau fédéral les ILA qui vont devoir fermer".

"Je tiens à remercier tous les collaborateurs des CPAS et des centres collectifs pour leur implication depuis de longues années dans l’accueil des candidats-réfugiés. Ainsi que toutes les communautés villageoises qui ont montré leur côté le plus hospitalier et chaleureux. Sans leur apport, nous n’aurons jamais maîtrisé la crise de l’asile”, ajoute Theo Francken.

La Croix-Rouge devra aussi fermer des centres d’accueil

Cette année, 2.854 places seront aussi supprimées dans les centres d'accueil collectifs, ce qui annonce donc des fermetures de centres, et des pertes d'emplois dans le secteur. La Croix-Rouge, qui s’occupe d’une partie de ces centres d’accueil collectifs, devra donc, elle aussi, fermer des centres d'accueil.

Billy Jungling est responsable de l'accueil des demandeurs d'asile à la Croix-Rouge. Il dénonce la logique du gouvernement face à son organisation : "On est des travailleurs saisonniers de l’Etat finalement. L’Etat quand il a besoin, il dit ‘C’est formidable, on vous engage’ et quand on en a plus besoin, on vous met dehors. Et ça je trouve que c’est déplorable surtout que la Croix-Rouge a toujours été professionnelle, a toujours répondu aux missions que l’Etat a demandé".

On sera moins bien préparé qu’il y a deux ans 

Et s’il dit comprendre la logique de fermer des places si elles ne sont pas toutes occupées, Billy Jungling regrette que le gouvernement ne prévoie pas une certaine marge en cas de nouvelles crise migratoire : "Si on ferme les 1.400 places prévues chez nous on aura un taux d’occupation de 120%".

Cela risquerait donc de saturer le réseau d’accueil : "C’est ça qui va être dangereux. Le réseau va être saturé, sans zone de tampon donc il peut arriver n’importe quoi, on sera moins bien préparé qu’il y a deux ans". Et donc la crainte pour la Croix-Rouge de devoir rouvrir en urgence des centres d’accueil fermés quelques temps auparavant.

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