Démantèlement de la Jungle de Calais: jets de pierre, gaz et incendies

Le démantèlement de la partie sud de la "Jungle" des réfugiés de Calais (nord de la France), promise à évacuation à la suite d'une décision de justice, a débuté ce lundi en présence d'un important dispositif policier, a constaté l'AFP sur place.

Deux bulldozers et les employés d'une entreprise privée mandatée par l'État français se chargeaient de démonter une vingtaine d'abris de fortune situés sur une zone de 100 mètres sur 100, sous la surveillance de nombreux policiers anti-émeute.

Quelques migrants venaient cependant récupérer des affaires personnelles ou des bonbonnes de gaz pour les installer plus loin dans la "Jungle".

Après une matinée plutôt calme, marquée par la seule interpellation d'une militante britannique du mouvement altermondialiste "No border", qui lutte pour l'abolition des frontières, le démontage partiel du bidonville s'est poursuivi dans un climat plus tendu dans l'après-midi.

Des réfugiés et des militants radicaux "No Border" ont lancé des pierres en direction des forces de l'ordre, ce à quoi les CRS français ont répondu par des gaz lacrymogènes. Trois abris de fortune ont par ailleurs été incendiés.

Selon l'agence Reuters, 150 à 200 personnes, réfugiés ou militants, ont ainsi fait face aux forces de l'ordre.

Plus de 30 véhicules de police et deux camions anti-émeutes étaient stationnés à l'entrée ouest du camp, les forces de l'ordre ayant officiellement pour mission de "sécuriser" les maraudes sociales censées offrir des solutions d'hébergement aux réfugiés du bidonville, selon la préfecture, qui représente l'Etat localement.

Jusqu'à 3450 personnes

Jeudi, le gouvernement, qui veut démanteler le plus grand bidonville de France où survivent entre 3700 et 7000 migrants selon les sources, avait obtenu gain de cause auprès de la justice administrative pour une évacuation de la zone sud camp, contestée par migrants et associations. Les autorités avaient immédiatement assuré qu'elles n'entendaient pas recourir à la force.

"Entre 800 et 1000 personnes" vivent sur cette partie de la "Jungle" promise à la destruction selon la préfecture, 3450 selon les associations. Elles doivent être relogées dans des centres d'accueil à Calais même ou ailleurs en France.

La partie nord, qui abrite dans des tentes et cabanes entre 1100 et 3500 réfugiés selon les sources, n'est pas concernée par cette décision de justice et les migrants y restent installés.

Depuis des années, des migrants transitent dans la région de Calais, d'où ils espèrent pouvoir traverser la Manche vers la Grande-Bretagne. La récente crise migratoire a augmenté leur nombre, même si la France reste plutôt à l'écart des grands flux.

L'annonce du démantèlement de la "Jungle" a eu notamment pour conséquence le rétablissement par la Belgique voisine des contrôles à sa frontière pour faire face à d'éventuels mouvements de migrants en provenance de Calais.

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