L'Autriche veut que Frontex renvoie les migrants de Grèce en Turquie

Le chancelier autrichien social-démocrate Werner Faymann
Le chancelier autrichien social-démocrate Werner Faymann - © THIERRY CHARLIER - AFP

La question des réfugiés, dont l'afflux en Europe ne faiblit pas malgré l'hiver et le plan d'action conclu avec la Turquie, était au coeur de la seconde journée de réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des 28 Etats membres de l'UE samedi à Amsterdam.

Pour aborder ce sujet, qui occupe les instances européennes depuis de nombreux mois, les ministres des Affaires étrangères accueillaient des représentants des pays des Balkans, que les réfugiés traversent pour rejoindre leur destination de prédilection, souvent les pays scandinaves ou l'Allemagne.

Certains pays, comme le Danemark ou l'Autriche, estimant ne plus pouvoir accueillir de réfugiés, ont rétabli des contrôles à leurs frontières, repoussant le problème dans les pays voisins, et parfois dans les pays des Balkans.

L'Union européenne appelle aussi depuis plusieurs mois la Grèce à mieux sécuriser ses frontières extérieures. Le pays est en effet le point d'entrée de la plupart des migrants venant de Turquie et il est longtemps resté réticent au système des hotspots (les centres d'accueil où sont enregistrés les migrants à leur arrivée), ce qui rend de facto impossible la relocalisation des réfugiés à travers l'Europe, comme les Etats membres l'avaient convenu.

La Haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Federica Mogherini, a redit son opposition aux contrôles aux frontières internes de l'UE.

"Actuellement, nous pensons que l'UE est sans défense depuis le Sud et il est évident que la frontière sud de l'Europe n'est pas protégée", a commenté le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjarto. "Si la Grèce n'est pas prête ou pas capable de protéger l'Espace Schengen, alors nous avons besoin d'une autre ligne de défense, qui est visiblement la Macédoine et la Bulgarie."

Brèches dans la solidarité ? 

L'Autriche souhaite que les migrants pris en charge à leur arrivée en Grèce par l'agence européenne aux frontières Frontex puissent être directement renvoyés en Turquie, a déclaré samedi le chancelier autrichien social-démocrate Werner Faymann à la presse.

"Frontex doit arrêter les gens qui fuient vers la Grèce. Tous doivent être sauvés, mais ensuite ces personnes doivent être renvoyées en Turquie. Ainsi Frontex ne serait pas qu'un programme de sauvetage mais réellement un service de protection des frontières", déclare le chancelier dans le tabloïd Österreich. Il a ajouté avoir proposé "cette solution optimale" au Premier ministre turc Ahmet Davutoglu lors de la conférence des donateurs sur la Syrie, jeudi à Londres.

Dans le journal Kronen Zeitung, Werner Faymann assure que ce serait "la seule mesure complètement efficace pour briser les réseaux de passeurs".

Selon les services de la chancellerie interrogés par l'agence APA, la Turquie obtiendrait en contrepartie un déblocage plus rapide des trois milliards d'euros d'aide approuvés par l'Union européenne pour juguler le flux des migrants.

L'Autriche est l'un des pays européens qui a accueilli, au regard de sa population, le plus grand nombre de demandeurs d'asile en 2105.

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