Gérard Deprez : "La Hongrie de Orban me semble en voie de fascisation"

Gérard Deprez, MR : "La Hongrie me semble en voie de fascisation"
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Gérard Deprez, MR : "La Hongrie me semble en voie de fascisation" - © Archive JOHANNA GERON - BELGA

L'eurodéputé belge libéral Gérard Deprez se dit "inquiet" au lendemain de l'échec du conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur, qui n'a pas abouti à un accord sur la relocalisation de 120 000 demandeurs d'asile: "Je ne comprends pas bien les arguments des nouveaux pays de l'Europe de l'Est. Je considère que ce qui vient d'être fait en Hongrie sous la houlette de Monsieur Orban est véritablement dangereux : non seulement il met des barbelés aux frontières, mais en plus il criminalise les migrants. Je rappelle qu'un certain nombre d'entre eux ont quitté leur pays parce qu'ils sont menacés par des bombardements, des exécutions, des décapitations. Sous la responsabilité de Monsieur Orban, la Hongrie me semble en voie de fascisation, je mesure mes mots. Le véritable problème est qu'il faudrait un dispositif européen qui permette de la remettre dans le droit chemin".

"L'Europe n'est pas un tiroir-caisse"

Gérard Deprez critique également d'autres pays de l'Est de l'Union européenne : "Ce qui m'inquiète, c'est cet espèce d'égoïsme du nouvel arrivant. Ils bénéficient de l'ensemble des mécanismes de soutien à l'intérieur de l'Union européenne, des paquets de milliards dans le cadre de ce qu'on appelle la politique de cohésion. Et au moment où il faut se montrer solidaire, ils renâclent. Il y a quelque chose de choquant. L'Europe n'est pas un tiroir-caisse dans lequel on peut puiser sans amener à un certain moment sa contribution".

Néanmoins, l'eurodéputé MR reste moyennent optimiste: un certain nombre de pays européens envisagent la possibilité d'une intervention militaire contre le groupe terroriste État islamique en Syrie, une action déterminée sera menée contre les passeurs (par le biais d'une augmentation des moyens de Frontex), et il y a les "hotspots" qui pourraient être bientôt mis en place, des centres provisoires "d'examen et d'orientation des candidats réfugiés installés dans les pays où arrivent de nombreux migrants".

Contrôles aux frontières

La Belgique doit-elle réinstaurer des contrôles à ses frontières? "Si vous aviez par exemple 50 000 personnes qui devaient arriver d'un seul coup, il serait intéressant de pouvoir les contrôler à la frontière pour les orienter et pour qu'ils n'arrivent pas tous à Bruxelles. Demain ils seraient dans le Parc royal, on ne sait pas où on les mettrait. Donc ce contrôle ne serait pas pour refuser les gens, mais pour les orienter".

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