Des photos de migrants dénudés à la frontière gréco-turque pour illustrer une situation humaine dramatique

Des migrants sont retournés sur le territoire turc en affirmant qu'ils avaient été dépouillés, battus et volés après être entrés sur le territoire grec, a déclaré vendredi la chaîne publique turque TRT World.

La TRT a publié des photos poignantes de migrants en sous-vêtements et visiblement frigorifiés. Sur certaines d'entre elles, des jeunes hommes affichent des ecchymoses au dos.

Ces photos ont été prises par un photographe de la TRT, Belal Khaled, qui a publié les images sur son compte Facebook.

Le média pubic turc a déclaré avoir parlé à 20 à 30 migrants interceptés par les gardes-frontières grecs alors qu'ils tentaient de passer à Kastanies, cette petite ville à la frontière entre la Grèce et la Turquie, non loin de la Bulgarie.

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Kastanies, petite ville grecque près de la frontière turque et de la frontière bulgare. © Capture d'écran Google Maps

Gardes frontières et population locale face aux migrants

Tandis que la TRT accusait les gardes-frontières grecs de battre les jeunes hommes et d'enlever leurs vêtements, d'autres journalistes proches de la frontière ont déclaré que les migrants signalaient également que des personnes mal intentionnées au sein de la population locale les attaquaient. Certains ont également déclaré s'être fait voler par d'autres migrants.

Un journaliste a tweeté : "Certains criminels savent que tous les migrants à la frontière portent sur eux tout ce qu'ils possèdent : passeports, papiers d'identité, argent liquide, etc."

Malgré plusieurs contacts et des échanges avec nos collègues européens la RTBF n'est cependant pas en mesure de vérifier de manière indépendante ces affirmations. Les images, elles, ont bien été certifiées.

Bras de fer entre Athènes et Ankara

Des milliers de migrants se sont rassemblés au poste frontière greco-turc près de la ville d'Edirne afin de tenter de rejoindre l'Europe, depuis que le gouvernement turc a ouvert ses frontières la semaine dernière, dans le cadre d'une escalade dans la province d'Idlib, au nord de la Syrie.

Le ministre grec des affaires étrangères Nikos Dendias, dans une déclaration faite à son arrivée au Conseil des affaires étrangères de l'UE ce vendredi, a déclaré "Nous avons la preuve évidente que ce mouvement de population a été créé et orchestré par la Turquie".

La Grèce a fermé sa frontière et a pris des mesures de répression contre les migrants qui tentent de passer clandestinement avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.


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De son côté, la Turquie a déclaré que 164 migrants ont dû être hospitalisés et a allégué que quatre migrants ont été abattus par les gardes-frontières grecs. Des organisations telles qu'Amnesty International ont mis en garde contre ce type de pratique.

"Le résultat inévitable de l'annonce turque a été que des personnes désespérées qui avaient été illégalement piégées en Turquie depuis au moins 2016 se sont précipitées vers les postes frontières qui ont été rouverts, mais seulement d'un côté. Ce que les gens ont trouvé à leur arrivée, ce sont des gardes-frontières grecs lourdement armés, des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et du fil de fer à rasoir", dénoncait Amnesty International cette semaine.

L'Union européenne a, de son côté, accusé la Turquie d'armer les migrants pour la forcer à soutenir son opération militaire contre l'armée syrienne soutenue par la Russie à Idleb, dans le nord de la Syrie.

Le bras de fer entre la Grèce et la Turquie est visible sur le plan politique mais aussi du côté médiatique. La stratégie d'Ankara est pointée du doigt par l'Europe, alors que de son côté la Turquie médiatise la violence faites par les Grecs aux migrants qui tentent de rentrer dans le pays. Malgré la décision de Recep Tayyip Erdogan qui a donné l'ordre, ce samedi, aux garde-côtes d'empêcher les migrants de traverser la mer Egée, la situation reste tendue.

Les photos de la TRT

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© Belal Khaled
© Belal Khaled
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